Eliot Spitzer © TF1/LCI
Simple hasard ou "boule puante" lancée contre Hillary Clinton ? En pleine bataille des primaires pour l'investiture démocrate, voici en tout cas l'ancienne Première dame indirectement gênée par le scandale Spitzer (cliquez ici pour lire notre article).
Rappel des faits : Eliot Spitzer, le gouverneur démocrate de New York, partisan d'Hillary Clinton, a été piégé par le FBI avec une prostituée dans un hôtel de Washington dans le cadre d'une enquête sur un réseau de prostitution. Outre l'évident scandale de mœurs dans un pays puritain, son attitude remet en cause sa probité politique. Eliot Spitzer, marié et père de trois enfants, avait en effet promis à ses électeurs des réformes "éthiques" durant son mandat. Il s'était notamment rendu célèbre dans ses fonctions précédentes en trainant en justice des responsables de deux réseaux de prostitution et des banques d'affaire et des grands noms de Wall Street accusés d'irrégularités.
Sans avouer les faits ni utiliser le terme de prostitution, Eliot Spitzer a admis lundi "avoir manqué à ses obligations envers sa famille". "Je demande pardon au public, je demande pardon à ma famille. J'ai besoin d'un peu de temps pour regagner sa confiance", a-t-il déclaré, refusant toute démission, réclamée par les républicains.
Une voix en moins pour Clinton ?
Reste désormais à savoir si ce scandale peut rejaillir sur Hillary Clinton. Celle-ci a évidemment été interrogée sur l'affaire dès lundi soir. "Attendons de voir ce qu'il va se passer dans les prochains jours. Pour l'instant, je n'ai aucun commentaire à faire", a-t-elle simplement déclaré, très prudente.
Elle pourrait être gênée de deux manières : tout d'abord, le scandale Spitzer pourrait divertir l'attention et saper le moral de ses supporters dans son fief de l'Etat de New York. Surtout, Eliot Spitzer est l'un des "super-délégués" démocrate, ces cadres du parti qui choisiront qui ils désirent à la convention, sans se soucier du vote populaire issu des primaires. En cas de démission, elle pourrait donc perdre une voix. Or, étant donné la bataille serrée qui l'oppose à Barack Obama, chaque voix comptera énormément à la convention (cliquez ici pour voir notre infographie sur la course aux délégués).
Barack Obama s'est également montré très prudent. "Je n'ai absolument pas vu les détails de l'affaire. Je ne sais pas vraiment ce qu'il se passe", a-t-il expliqué au reporter du New York Times qui le suivait dans le Mississippi, où a lieu la primaire de ce mardi (cliquez ici pour lire notre article). Le sénateur de l'Illinois a lui-même été indirectement touché il y a quelques jours par le procès de Tony Rezko, un homme d'affaires véreux dont il fut assez proche. L'ouverture des débats, deux jours avant les primaires de l'Ohio et du Texas la semaine dernière, est d'ailleurs considérée comme l'un des facteurs de ses défaites dans ces Etats qui ont remis en selle Hillary Clinton.
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