Hillary Clinton et Barack Obama, lors du débat démocrate télévisé du 26 février 2008 © TF1/LCI
D'un strict point de vue mathématique, ni Barack Obama ni Hillary Clinton, même en cas de Grand Chelem dans les quatre Etats en jeu aujourd'hui -Texas, Ohio, Vermont, Rhode Island- ne seront assurés d'être le candidat démocrate à la présidentielle. Au total, ces quatre Etats offrent en effet 370 délégués pour la convention, chargée de désigner formellement le représentant du parti de l'âne. Or pour l'instant, selon le décompte de CNN, Barack Obama mène la course avec 1369 délégués, contre 1267 à sa rivale (cliquez ici pour voir notre infographie). Bref, bien loin du chiffre magique de 2025, d'autant plus que la répartition s'effectue à la proportionnelle.
Néanmoins, pour Hillary Clinton, cette journée du 4 mars s'apparente à celle de la dernière chance. Largement favorite début janvier au début du processus des primaires, l'ancienne Première dame s'est progressivement effacée face à son adversaire. Elle s'est en effet inclinée dans les onze scrutins organisés en février après le "Super-Mardi" (cliquez ici pour voir notre infographie). Résultat : bénéficiant d'une dynamique positive qui lui permet de s'imposer dans quasiment toutes les catégories de l'électorat démocrate -non seulement chez les Noirs et les jeunes mais aussi chez les Blancs et les femmes-, Barack Obama est devenu le favori.
Match nul lors des débats télévisés
Malgré une campagne offensive axée sur l'économie, l'assurance-santé et ses capacités de commandant en chef, Hillary Clinton n'a pas réussi à inverser la tendance. Même si elle s'est montrée plus au point sur des dossiers précis face au flou du programme de son adversaire, les deux derniers débats télévisés se sont terminés sur des matchs nuls -ce qui est plutôt favorable au favori (cliquez ici pour lire notre article). Le charisme et l'éloquence de Barack Obama lui ont en effet permis de surfer sur son argument du changement et de son opposition à la guerre en Irak depuis 2002 pour garder son avantage.
Hillary Clinton n'a donc plus le choix : elle doit s'imposer aujourd'hui au Texas et dans l'Ohio, gros pourvoyeurs de délégués pour rester dans la course -les deux prétendants ont quasiment fait l'impasse sur le Vermont et Rhode Island, petits Etats de la côte Est. En cas de défaite, les Etats qui voteront par la suite devraient suivre irrésistiblement la tendance à l'"obamania". Et la direction du parti pourrait faire pression sur elle pour qu'elle jette l'éponge. A contrario, en cas de double victoire, l'ancienne Première dame se retrouverait à la hauteur du sénateur de l'Illinois. Elle pourrait alors compter sur le fait que les "super-délégués", ces cadres du parti qui peuvent voter pour qui ils veulent à la convention, lui sont généralement favorables (cliquez ici pour voir notre interview d'une "super-déléguée").
Obama en tête dans les sondages
A priori, les compositions sociologique de l'Ohio (Etat industriel sinistré avec un fort contingent de cols bleus, cœur de cible de son électorat) et raciale du Texas (40% d'Hispaniques) sont favorables à Hillary Clinton. Elle y a d'ailleurs longtemps fait la course à tête, avec plus d'une dizaine de points d'avance. Mais, signe des temps, Barack Obama a refait progressivement son retard. Selon des sondages publiés lundi, il était en tête, avant que Hillary Clinton ne reprenne l'avantage de peu dans les toutes dernières enquêtes rendues publiques quelques heures plus tard.
Bref, le duel s'annonce serré et un partage des victoires n'est pas à exclure -la pire situation pour le parti démocrate car cela repousserait la nomination de l'un ou l'autre des prétendants à fin avril avec la Pennsylvanie.
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