La France négociait avec le Farc tué, selon Kouchner

le 05 mars 2008 à 08h17 , mis à jour le 05 mars 2008 à 16h40

Selon Bernard Kouchner, le n°2 des Farc Raul Reyes était un des contacts de la guérilla dans les négociations pour la libération d'Ingrid Betancourt.

TF1/LCI : Guérilleros des Farc en ColombieGuérilleros des Farc en Colombie © TF1/LCI

Avant d'être tué lors d'un raid colombien en Equateur, le n°2 des Farc tentait d'organiser une rencontre avec Nicolas Sarkozy dans le cadre des négociations sur la libération d'Ingrid Betancourt, ont assuré mardi les Farc. Version confirmée par Bernard Kouchner, qui a souligné que Raul Reyes était bien un contact des autorités françaises auprès de la guérilla. Le ministre des Affaires étrangères a également assuré que, malgré les "obstacles" qui "s'accumulent", la France emploie "tous les moyens possibles" pour la libération d'Ingrid Betancourt.

Du côté de l'Elysée, on se borne à renvoyer à une déclaration du président français, qui s'est dit prêt à se rendre à la frontière entre le Venezuela et la Colombie pour ramener l'otage franco-colombienne. Laurent Wauquiez a toutefois relativisé mercredi la déclaration des Farc, assurant que Raul Reyes n'était "pas récemment" en contact avec Paris à propos d'Ingrid Betancourt. Le numéro 2 des Farc "dans le passé, avait été un interlocuteur de la France mais comme d'autres pays qui sont investis sur le sujet de la libération des otages", a-t-il déclaré à l'issue du Conseil des ministres.

Poursuivre Chavez à La Haye
 
Après la mort du n°2 des Farc, la situation politique dans la région s'est tendue un peu plus ces derniers jours. Les relations diplomatiques sont au plus mal entre la Colombie d'un côté, l'Equateur et le Venezuela de l'autre. Après avoir accusé, sur la foi d'éléments recueillis lors de ce fameux raid en Equateur, le président vénézuélien d'avoir financé les Farc (le chiffre de 300  millions de dollars a même été avancé), la Colombie veut poursuivre Hugo Chavez devant la Cour pénale internationale de La Haye. Le colombien Alvaro Uribe accuse son homologue vénézuélien de "parrainage et financement de génocide". Pour sa part, le vice-président colombien n'a pas hésité à accuser, depuis Genève, les Farc "de négocier l'achat de matériel radioactif, nécessaire à la fabrication d'armes sales de destruction et de terrorisme". 

A ces accusations parfois outrancières s'opposent des décisions potentiellement lourdes de conséquences de la part de l'Equateur et du Venezuela. Tous deux ont annoncé l'envoi de troupes sur leurs frontières avec la Colombie. Mercredi, le ministre vénézuelien de la Défense a toutefois affirmé que son pays n'avait pas l'intention de fermer sa frontière avec la Colombie. La crise va donc désormais bien au-delà du problème des otages, dont la libération par les Farc aurait été bloquée par ce raid. Parmi la douzaine de prisonniers que la guérilla s'apprêtait à relâcher figurait notamment la franco-colombienne Ingrid Betancourt, selon le président équatorien. Un projet de libération bien sûr difficile à vérifier, puisque les tractations sont tenues secrètes...

D'après agence

le 05 mars 2008 à 08:17
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