"McCain va insister sur l'Irak et l'Iran"

Par Propos recueillis par Fabrice AUBERT, le 10 mars 2008 à 11h25 , mis à jour le 13 mars 2008 à 12h06

Interview - Frank Baumgartner, professeur de sciences politiques, décrypte la manière dont le candidat républicain devrait mener campagne.

john mccainJohn McCain, le 5 février 2008 © TF1/LCI

Primaires US 2008Frank R. Baumgartner est professeur de sciences politiques à Penn State, en Pennsylvanie. 


LCI.fr : McCain est investi. Mais comment peut-il rassembler derrière lui l'aile droite du parti, notamment religieuse, qui le déteste ?
Frank R. Baumgartner : Le parti républicain est toujours très difficile à rassembler en raison de son hétérogénéité entre conservateurs économiques, conservateurs moraux et conservateurs en politique étrangère. Cela sera d'autant plus dur pour McCain étant donné, qui, même s'il est loin d'être un "liberal" (ndlr : de gauche au sens américain du terme), n'est pas non plus un vrai conservateur.

Il est bien conservateur sur certains sujets, comme l'avortement.  Mais sur d'autres, comme l'immigration (ndlr : il a défendu, sans succès, une loi prônant la régularisation des clandestins avec Ted Kennedy, l'icône de la gauche américaine) ou le financement des campagnes électorales, il est considéré comme hérétique par les conservateurs purs et durs. Pour ces représentants de l'aile droite, il n'est pas l'un des leurs.
 
LCI.fr : Comment peut-il les séduire ?
F.B. : Il dispose d'un atout : les conservateurs sociaux et les évangélistes, même s'ils ne l'aiment pas, n'auront pas d'autre choix que de voter pour lui pour faire barrage au candidat démocrate. Tout dépendra donc de leur mobilisation.  Sa solution, c'est de choisir un colistier proche de cette aile droite. Avec un risque : celui de se brouiller avec les modérés, qui l'apprécient et qui ont souvent voté pour lui dans les primaires. 

 
"Plusieurs options pour le colistier"
 
 
LCI.fr : Sur quels critères va-t-il justement choisir son colistier ?
F.B. : Il possède plusieurs possibilités. Mais toutes ne se recoupent pas entre elles.

  • l'aspect politique. Pour séduire les républicains qui ne l'aiment pas, il peut donc choisir quelqu'un de l'aile droite. Huckabee ne fait pas forcément l'affaire car il n'est pas assez connu au niveau national, malgré sa bonne tenue lors des primaires.
  • la géographie. Etant donné qu'il vient de l'Ouest du pays, il pourrait prendre un colistier du Nord ou de l'Est.
  • l'âge. Il va avoir 72 ans (ndlr : McCain serait le président le plus âgé à son entrée en fonctions s'il gagne). Un vice-président jeune rassurerait.
  • l'aspect exécutif. Même si McCain est un vieux routier de la politique américaine, il n'a exercé qu'au Congrès. Avec un gouverneur, même peu connu au niveau national, il allierait donc son expérience législative à l'expérience exécutive.
  •  l'aspect comptable. Avec une personnalité d'un "swing state" (ndlr : Etat-clé, qui bascule souvent d'un côté ou de l'autre), il peut espérer gagner un gros Etat important. Cette option peut se marier avec celle d'un gouverneur.
  • la réplique au candidat démocrate. S'il est opposé à Obama, il pourrait prendre un colistier noir. Face à Clinton, il pourrait choisir une femme. S'il veut faire quelque chose de vraiment étonnant, le choix de Condoleeza Rice serait réussi.


 
LCI.fr : Le soutien de Bush est-il un cadeau empoisonné ?
F.B. : Je pense que cela sera très peu positif. L'aile droite du parti est obligée de le soutenir, donc le soutien de Bush n'est pas fondamental pour récupérer ses voix. En fait, je pense que l'on verra très peu Bush dans la campagne. D'ailleurs, plus la campagne va avancer, plus les démocrates vont tenter d'associer les deux hommes pour que l'impopularité record de Bush (ndlr : environ 30% de bonnes opinions) rejaillisse sur McCain.
 
 
"L'année où jamais pour les démocrates"

 
LCI.fr : A quoi peut-on s'attendre désormais de la part de McCain ?
F.B. :  Il va clamer haut et fort son conservatisme en droitisant son discours sur les impôts et la guerre en Irak, et plus globalement sur la politique étrangère en général. Il devrait dire : "même si on était contre la guerre, maintenant on est en Irak. On ne peut pas refaire l'Histoire. Il faut maintenant trouver une solution pour les 30 ans à venir afin de voir une Amérique forte". Il va donc mettre l'accent sur le futur de la guerre et comment s'en sortir. Sur ce point, il peut séduire les modérés, qui, s'ils sont contre la guerre, veulent en finir avec l'Irak. De leur côté, les démocrates parleront du passé et de son soutien à la décision de Bush.  En revanche, il évitera de parler immigration pour ne pas froisser les Hispaniques.
 
Ses angles d'attaques seront aussi différents selon son adversaire. Si c'et Obama, il parlera beaucoup de l'Irak et sur l'Iran pour montrer ses capacités de commandant en chef. Si c'est Clinton, il pourrait poser la question de la capacité d'une femme à réagir en toutes circonstances. Quoi qu'il en soit, en dehors de l'Iran, de l'Irak, des impôts et de la supposée mauvaise gestion des finances publiques par les démocrates, ses marges de manœuvre sont limitées. En fait, pour les démocrates, c'est l'année ou jamais puisque McCain n'est pas un candidat rassembleur pour les républicains.
 
 
LCI.fr : McCain a été victime d'attaques calomnieuses par le passé. Peut-on espérer une campagne sans coup bas, avec des débats de fond, d'autant plus si c'est Obama, qui prône la fin de ces "boules puantes" ?
F.B. : Des candidats eux-mêmes, certainement. Mais pas de leurs alliés, qui attaqueront l'adversaire, et encore moins des journalistes et des blogs. Etant donné que McCain est sénateur depuis très longtemps, il est de fait plus attaquable sur ses prises de position antérieures. Ces attaques toucheront aussi sa vie privée. Reste à savoir comment il réagira. Or d'un point de vue émotionnel, McCain est très volatile, très émotionnel. Il dit ce qu'il pense, sans langue de bois.  On peut s'attendre à des réactions qui passent mal. Ce n'est évidemment pas très bon puisque l'on s'attend d'un candidat qu'il soit mesuré.

 

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Par Propos recueillis par Fabrice AUBERT le 10 mars 2008 à 11:25
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4 Commentaires

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  • Marie, le 15/03/2008 à 20h10

    Pierre roussin, evitez de juger les gens sans réfléchir, son père était musulman, il ne l'a jamais nié, mais sa mère était chrétienne, et lui est devenu chrétien par la suite. et puis, ne confondez pas musulmans et terroristes, un effort tout de même : tant d'erreurs dans si peu de mots !

  • Pierre roussin, le 13/03/2008 à 21h17

    Bonjour!!!je vous signale que obama s'appel hussein obama!!!mais ça il ne le dit pas, il est d'origine musulmane!!!et je ne vois pas un musulman president americain!!!ce serait une victoire pour l'islam!!!et vraiment, on a pas besoin de cela!!!

  • Camson, le 13/03/2008 à 17h37

    Obama Receives Endorsement March 12, 2008 02:13 PM Eastern Daylight Time Obama reçoit l?approbation des amiraux et des généraux de l?armée Américaine, du bureau des drapeaux, de la Marine et la Force aérienne. CHICAGO - (BUSINESS WIRE) - Citant son jugement et sa capacité à diriger le pays, les amiraux et les généraux de la « United States Army, Navy and Air Force » qui, ensemble, ont servi comme « commandants en chef » dans l?armée américaine, ont annoncé aujourd'hui leur « endorsement » approbation du sénateur Barack Obama : leur président. En offrant leur appui, les généraux et amiraux ont reconnu en Obama le seul leader capable de s'opposer à la guerre en Irak. Ces hauts gradés ont fait l?éloge de son respect pour la Constitution et la primauté du droit, son leadership au nom de l'Amérique. Qualités qui lui sont reconnues par les militaires et les femmes et , sans oublier son aptitude à conduire intelligemment la diplomatie nécessaire pour rétablir l'American 's prestige dans le monde. Les amiraux et les généraux suivants (cliquez ici) ont approuvé OBAMA comme Président des US: As Prepared for Delivery: Remarks of Senator Barack Obama Endorsement by US Admirals and Generals Chicago History Museum March 12, 2008 Source : http://www.businesswire.com/portal/site/home/

  • Jean-Luc, le 13/03/2008 à 16h25

    C'est tout con.. Son projet va etre de christianiser l'Iran et l'Irak, tout en continuant la colonisation de ses pays, en achetant des armes a ses potes.. Tout ca.. au nom de la democratie et du combat contre le terrorisme...

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