Guérilleros des Farc en Colombie © TF1/LCILa crise consécutive au raid colombien contre la guérilla des Farc la semaine dernière en territoire équatorien ne cesse de s'amplifier. L'Organisation des Etats américains s'est réunie d'urgence mardi pendant que le président équatorien, en quête du soutien de ses voisins contre la Colombie qu'il accuse d'avoir violé la souveraineté de son Etat, a entamé une tournée régionale en se rendant au Pérou. Pour sa part, George W. Bush a appelé son homologue colombien Alvaro Uribe pour lui faire part de son soutien.
Aux gestes diplomatiquement chargés de tensions s'ajoutent des propos et des accusations qui seront difficiles à effacer. Après avoir accusé, sur la foi d'éléments recueillis lors de ce fameux raid, le président vénézuélien d'avoir financé les Farc (le chiffre de 300 millions de dollars a même été avancé), la Colombie veut poursuivre Hugo Chavez devant la Cour pénale internationale de La Haye. Le colombien Alvaro Uribe accuse son homologue vénézuélien de "parrainage et financement de génocide". Pour sa part, le vice-président colombien n'a pas hésité à accuser, depuis Genève, les Farc "de négocier l'achat de matériel radioactif, nécessaire à la fabrication d'armes sales de destruction et de terrorisme". Des propos tenus devant la Conférence du désarmement de l'ONU, et s'appuyant sur les premiers résultats de l'enquête policière sur des ordinateurs de Raul Reyes, le numéro 2 des Farc tué lors du raid.
Bruits de bottes à la frontière colombienne
Rappelant qu'en vertu de la Résolution 1373 du Conseil de sécurité, les Etats doivent "refuser de donner refuge à ceux qui financent, planifient ou commettent des actes de terrorisme", le vice-président colombien a lancé : "Sur notre continent, il y a des gouvernements qui violent délibérément cette prescription impérieuse". Ce à quoi le représentant équatorien a répliqué en considérant "comme inadmissible toute insinuation qui prétendrait mettre en doute la clarté de son attitude dans le concert international", et en assurant que "l'Equateur respecte toutes ses obligations internationales dans la lutte contre le terrorisme".
A ces accusations parfois outrancières s'opposent des décisions potentiellement lourdes de conséquences de la part de l'Equateur et du Venezuela. Tous deux avaient déjà annoncé l'envoi de troupes sur leurs frontières avec la Colombie. Mardi, les autorités vénézuéliennes ont décidé la fermeture de la frontière entre la Colombie et le Venezuela. La crise va donc désormais bien au-delà du problème des otages, dont la libération par les Farc aurait été bloquée par ce raid. Parmi la douzaine de prisonniers que la guérilla s'apprêtait à relâcher figurait notamment la franco-colombienne Ingrid Betancourt, selon le président équatorien. Un projet de libération bien sûr difficile à vérifier, puisque les tractations sont tenues secrètes...
Voilà en tout cas la France impliquée malgré elle dans cette crise régionale par le biais des otages. Bernard Kouchner a fait part de ses craintes que la mort du numéro 2 des Farc ne soit "une mauvaise nouvelle" pour les prisonniers. Le ministre a confirmé mardi soir après la mort de Raul Reyes que ce dirigeant des Farc était bien un contact des autorités françaises auprès de la guérilla. La guérilla, quant à elle, affirme que le numéro deux des Farc tentait d'organiser une réunion avec Nicolas Sarkozy au moment où il a été tué. Mardi soir, Nicolas Sarkozy a redit qu'il était "prêt à se rendre à la frontière" entre la Colombie et le Venezuela en vue de la libération d'Ingrid Betancourt.
D'après agence
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