Ivan Rios, l'un des dirigeants des Farc, tué par l'armée colombienne (7 mars 2008) © TF1/LCIEt si l'un des principaux cadres militaires des Farc, tué vendredi, n'avait pas été la cible de l'armée colombienne ? Alors qu'on parlait initialement d'une opération menée par l'armée, le ministre de la Défense affirme qu'Ivan Rios a été assassiné par des guérilleros de sa garde personnelle qui voulaient toucher une forte prime promise par les autorités. Selon le ministre, Ivan Rios, de son vrai nom Manuel Munoz Ortiz, a été abattu par ses hommes dans une zone rurale de la municipalité de Samana, à 400 km à l'ouest de Bogota. Trois guérilleros, après avoir tué leur commandant, lui auraient coupé la main droite qu'ils auraient remise aux autorités afin de prouver qu'il s'agissait bien de Ivan Rios.
Le chef guérillero, qui a rejoint la guérilla dans les années 1980, était l'un des commandants les plus jeunes du groupe rebelle. Il dirigeait depuis 2004 le Bloc central des Farc, qui compte environ 1200 combattants, et avait fait partie de l'équipe de négociateurs des Farc pendant le processus de paix avec le gouvernement colombien d'Andrés Pastrana qui s'est soldé par un échec en 2000.
La fin de la crise
La nouvelle de cette disparition a été annoncée en plein sommet du Groupe de Rio à Saint-Dominigue, où la mort de Reyes samedi dernier a une nouvelle fois opposé la Colombie à ses voisins directs. La disparition du numéro deux des Farc, tué dans une opération colombienne, mais menée sur le territoire de l'Equateur, a en effet donné lieu à une grave crise diplomatique entre Quito, Caracas et Bogota. Vendredi à Saint-Domingue, le président colombien Alvaro Uribe a reconnu n'avoir pas prévenu l'Equateur du raid transfrontalier contre la guérilla afin de ne pas faire échouer l'opération. A l'issue de la rencontre toutefois, les présidents équatorien Rafael Correa et colombien Alvaro Uribe ont annoncé la fin de la crise en Amérique latine et se sont serrés la main. Le président colombien a assuré qu'il était prêt à négocier avec la guérilla des Farc, même s'il les considère comme des terroristes.
Persuadé que l'otage la plus emblématique des Farc, prisonnière de cette lutte d'influence, maltraitée et gravement malade selon les témoignages de prisonniers libérés, risque de mourir à tout moment, son fils Lorenzo Delloye a lancé vendredi un nouvel appel aux protagonistes de la crise : Manuel Marulanda, le chef des Farc, le président colombien Uribe, et le président vénézuélien Hugo Chavez, dont la médiation a permis les récentes libérations. A ce dernier, il a demandé : "Je vous en prie, essayez d'oublier le conflit que vous avez avec la Colombie. Les Farc vous écoutent".
D'après agence
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