Barack Obama
Sans véritable surprise en raison de la composition sociologique de l'Etat -plus de 40% de Noirs-, Barack Obama a remporté mardi la primaire démocrate du Mississippi. Comme le prévoyaient les sondages, le sénateur de l'Illinois s'est imposé avec environ 60% des voix, contre 37% à Hillary Clinton. Il obtient ainsi sa 29e victoire depuis le début du processus, contre 15 pour sa rivale (cliquez ici pour voir tous les résultats).
En nombre de délégués -le plus important puisque ce sont eux qui désigneront formellement le représentant du parti de l'âne lors de la convention fin août- Barack Obama continue de creuser l'écart. Selon le décompte de CNN, il a désormais le soutien de 1608 délégués, contre 1478 pour l'ancienne Première dame -il en faut 2025 pour être investi (cliquez ici pour voir notre infographie).
Ce scrutin du Mississippi, Etat du Sud des Etats-Unis, a été marqué par un fort clivage ethnique (cliquez ici pour voir la vidéo). Barack Obama a ainsi été choisi par 91% des électeurs noirs. En revanche, 69% des hommes blancs et 74% des femmes blanches ont voté pour Hillary Clinton. Celle-ci a également, comme d'habitude, séduit les électeurs de plus de 65 ans.
"Si Obama était un homme blanc, il ne serait pas là où il est"
Même si cette primaire du Mississippi ne répartissait que 33 délégués, les débats entre les deux camps s'étaient tendus juste avant le scrutin, avec une vive polémique sur les affirmations aux relents racistes d'une alliée d'Hillary Clinton. "Si Obama était un homme blanc, il ne serait pas là où il est maintenant et s'il était une femme (quelle que soit sa race) il ne serait pas là où il est, il se trouve qu'il a beaucoup de chance d'être qui il est", avait déclaré Geraldine Ferraro, une ancienne candidate à la vice-présidence des Etats-Unis qui appartient aujourd'hui à l'équipe des financiers d'Hillary Clinton.
Pour le sénateur de l'Illinois, les "commentaires de Mme Ferraro n'ont pas leur place en politique ni dans le parti démocrate. Quiconque connaît l'histoire de ce pays sait qu'ils sont de toute évidence absurdes", a-t-il souligné. "J'ai fait attention à dire que Clinton était quelqu'un de capable, et que si elle emportait l'investiture, je la soutiendrais - je ne suis pas sûr que son équipe de campagne ait la même approche", a-t-il ajouté. La candidate démocrate s'est quant à elle contentée d'indiquer qu'elle n'était "pas d'accord" avec sa collaboratrice. Sa directrice de campagne voit même dans l'indignation de l'équipe de Barack Obama des "attaques fausses, personnelles et politiquement calculées à la veille d'une primaire".
Cette nouvelle passe d'armes confirme qu'il sera difficile de rallier les deux camps à la fin des primaires. Un sondage CNN révèle d'ailleurs que 72% des partisans d'Hillary Clinton ne seraient "pas satisfaits" si Barack Obama obtenait l'investiture. Dans le sens inverse, 55% des pro-Obama auraient le même sentiment en cas d'investiture d'Hillary Clinton. Bref, plus la bataille durera, plus John McCain, le candidat républicain, même écarté de la scène médiatique, pourra se frotter les mains.
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