Clinton-Obama, le duel reprend en Pennsylvanie

Par , le 22 avril 2008 à 05h45 , mis à jour le 22 avril 2008 à 19h23

Après un mois sans scrutin, les deux prétendants démocrates se retrouvent pour un scrutin crucial dans cet Etat ouvrier de l'Est du pays.

[Expiré] [Expiré] Les candidats démocrates Hillary Clinton et Barack obama lors du débat CNN/YouTube du 23 juillet © AFP PHOTO/Stan HONDA

Primaires US 2008Après une pause qui n'en était pas une puisque les candidats ont multiplié les déplacements et les meetings, la bataille pour l'investiture démocrate entre Hillary Clinton et Barack Obama repart de plein pied ce mardi avec la primaire de Pennsylvanie.

  • QUE S'EST-IL PASSE DEPUIS DEBUT MARS ?

La dernière primaire remonte au 11 mars, avec la victoire de Barack Obama dans le Mississippi. Depuis, plusieurs polémiques ont émaillé les campagnes des deux candidats.
 
Barack Obama s'est vu reprocher ses liens avec Jeremiah Wright, le pasteur de son église, dont les sermons anti-américains à l'époque du 11-Septembre ont été diffusés en boucle (cliquez ici pour lire notre article). Pour désamorcer la polémique, le sénateur de l'Illinois a prononcé à Philadelphie, la capitale de la Pennsylvanie, un discours jugé historique sur les races et la religion aux Etats-Unis. Un peu plus tard, une remarque sur l'"amerture" des cols bleus de Pennsylvanie, qui "se raccrochent" aux armes à feu ou à la religion, lui a valu les foudres du camp Clinton (cliquez ici pour lire notre article).
 
 
De son côté, Hillary Clinton a dû gérer sa tendance à l'extrapolation concernant un ancien voyage en Bosnie. Elle avait affirmé qu'elle s'était rendue sur place en 1996, en pleine guerre, et qu'elle avait été accueillie sous le feu des snipers. Or les images d'archives de son arrivée ont montré que le secteur est totalement sécurisé par l'armée américaine (cliquez ici pour voir la vidéo). 

  • SUR QUELS THEMES CLINTON ET OBAMA ONT-ILS FAIT CAMPAGNE ?

La Pennsylvanie est un Etat industriel sinistré où les électeurs sont beaucoup plus préoccupés par la crise économique que par la guerre en Irak. Ils ont donc tenté de séduire les "cols bleus" qui craignent la mondialisation et les accords de libre échange, notamment l'Alena avec le Mexique et le Canada, en promettant de défendre les emplois.
 
L'autre angle d'attaque du camp Clinton a été de mettre en doute les capacités de Barack Obama à occuper les fonctions de président des Etats-Unis. La sénatrice de New York insiste sur son "expérience" qu'elle oppose à la supposée "naïveté" de son rival.
 
Hillary Clinton a également mis en avant ses attaches familiales dans un Etat où son grand-père travaillait dans une usine de dentelles et où elle passait ses vacances (cliquez ici pour voir le spot de campagne).

  • QUI PART FAVORI ?

La composition sociologique de la Pennsylvanie est nettement favorable à Hillary Clinton. Outre les ouvriers, cœur de cible de son électorat, l'Etat compte également un taux élevé de personnes âgées, le 2e du pays après la Floride. Tous les sondages la donnent gagnante, avec de trois à huit points d'avance (au niveau national, Barack Obama est en revanche largement en tête).

En fait, la question n'est pas de savoir si elle va gagner, mais quelle sera son avance. "Si elle ne gagne pas avec au moins dix points d'avance, cela pourrait renforcer la conviction que Barack Obama sera le candidat incontournable des démocrates, attirant vers lui un flux de 'super délégués'", estime le Wall Street Journal. "Je pense qu'elle devrait au mieux obtenir environ 55% des voix. Donc pas assez pour créer un "momentum" pour la suite du processus en mai. Le camp Obama, qui s'attend à une défaite, va d'ailleurs minimiser le score qu'il espère réaliser pour limiter la dynamique du succès attendu de Clinton", ajoute pour LCI.fr Frank Baumgartner, professeur de sciences politiques à l'Université Penn State, en Pennsylvanie.

"Paradoxalement, une courte victoire de la sénatrice de New York, avec moins de cinq points d'avance, serait en fait un succès pour Obama", conclut pour LCI.fr François Durpaire, historien et auteur de L'Amérique de Barack Obama.

  • QUELLE EST LA SITUATION EN TERME DE DELEGUES ?

Selon le décompte de CNN, Barack Obama, qui a remporté plus d'Etats et obtenu plus de suffrages que sa rivale depuis janvier, peut compter sur le soutien de 1663 délégués pour la convention, qui désignera formellement le candidat démocrate fin août. Hillary Clinton, qui a remporté la majorité des gros Etats, suit avec 1512 délégués. Pour être investi, il en faut 2025.
 
Barack Obama mène largement la course pour les "délégués ordinaires" (issus des primaires, ils sont obligés de voter pour un candidat précis) tandis que sa rivale reste en tête pour les "super-délégués" (cadres du parti, ils peuvent voter pour qui ils désirent), même si son avance se réduit petit à petit (cliquez ici pour voir notre infographie).
 
Mardi, 158 "délégués ordinaires" sont en jeu.

  • COMBIEN RESTERA-T-IL DE PRIMAIRES APRES MARDI ?

Après la Pennsylvanie ce mardi, il restera neuf scrutins (dont Guam et Porto Rico), qui s'échelonneront du 3 mai au 3 juin. Au total, 408 "délégués ordinaires" y seront en jeu. Etant donné que leur répartition s'effectue à la proportionnelle, il est donc impossible que l'un des deux candidats obtienne la majorité absolue pour être investi avec les seuls "délégués ordinaires" (cliquez ici pour voir le calendrier). 

  • CLINTON PEUT-ELLE DEVANCER OBAMA A LA FIN DES PRIMAIRES ?

Cela lui sera très difficile. Pour terminer en tête des "délégués ordinaires", il faudrait en effet qu'elle remporte les dix dernières primaires avec plus de 60% des voix à chaque fois. Il est donc fort probable que le sénateur de l'Illinois garde sa première place. Si aucun des deux prétendants ne jettent l'éponge, ce sont donc de fait les "super-délégués" qui feront la décision. Barack Obama souhaite qu'ils se rallient au vote populaire, Hillary Clinton milite pour qu'ils choisissent leur champion selon leur propre conviction.


RENDEZ-VOUS

- Toute l'actu des primaires dans notre dossier spécial

- Les anecdotes de la campagne avec le blog de nos correspondants à Washington

- "Questions d'actu", spéciale primaires, sur LCI, mercredi à 11h10 et 17h10

 

Par Fabrice Aubert le 22 avril 2008 à 05:45
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1 Commentaires

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  • Edward Bernays, le 22/04/2008 à 10h49

    La primaire démocrate a assez duré, tous les participants en conviennent à part peut-être Hillary Clinton. La campagne a trop tourné au vinaigre pour que l'un ou l'autre des prétendants n'y laisse de plumes. Les superdélégués (ces élus de tous poils, du Gouverneur au Sénateur, du Congressman à l'ancien Président) représentants quelques 800 âmes, s'apprêtent à substituer leur jugement à celui des 25 millions d'américains qui se sont rendus aux urnes. C?est un secret de polichinelle et le score d?Hillary en Pennsylvanie influera sur la suite du feuilleton. Sauf cataclysme qui entraînerait son retrait certain et immédiat, elle va ?emporter. Mais à quel niveau de la vague surfera-t-elle pour négocier la suite des opérations? Les modalités du choix restent à définir. On peut faire confiance aux équipes de campagnes et les hordes d'avocats qui les entourent pour en débattre. On a déjà tout entendu dans les possibles critères de désignation du candidat final: nombre de délégués, de superdélégués, de votes populaires, d'Etats remportés. Tous ces options sont respectables. Mais on a encore peu entendu parler du véritable enjeu des campagnes présidentielles américaines : les Swing States autour desquels se portent la plus grande attention à l'heure du vote de Novembre. Si une grosse quarantaine d'états vote invariablement pour le même parti depuis des décennies, il n'en va pas de même pour ces « états changeants » qui tanguent au gré des conjonctures économiques, des promesses ou des simples aptitudes politiciennes des candidats. Parmi les Swing States les plus richement dotés en Grands Electeurs on retrouve le Colorado, leMissouri, l'Arkansas, l'Iowa, le Wisconsin, l'Ohio et la Floride. L'étude démographique de ces états et, il y a fort à parier, des sondages d?opinions, seront les clés de l?investiture, c'est la seule question décisive de la campagne. Et comme la grande orgie médiatique de bleu blanc rouge, de ballons et de paillettes s?impatiente, il faut faire vite.

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