L'image d'Ingrid Betancourt, qui daterait du 24 octobre 2007 © LCI 
"Maman a engagé un rapport de force"
Le président Nicolas Sarkozy a multiplié les initiatives ces deux derniers jours pour tenter d'obtenir la libération de l'otage franco-colombienne Ingrid Betancourt, avec en particulier l'envoi imminent d'une mission humanitaire sur place.
Cette mission, destinée à "prendre contact" avec la guérilla colombienne des Farc et "obtenir accès à notre compatriote", partira mercredi ou jeudi pour la Colombie, selon une source proche du dossier, qui précise à l'AFP qu'un briefing était prévu mercredi matin à l'Elysée.
"Le plus vite possible"
De nombreuses inconnues entourent cette mission et ses chances de succès, après plus de six ans de captivité de l'otage franco-colombienne. On ignore ainsi si les Farc ont donné leur accord pour rencontrer l'équipe envoyée par la France. Cette mission comprend "deux personnes" (un médecin et l'un d'eux est ancien consul de France à Bogota qui fut à ce titre un contact entre Paris et les guérilleros, selon une autre source proche de l'Elysée). Le CICR (Comité international de la Croix-Rouge) a affirmé être "en dialogue avec le gouvernement français, mais n'a reçu à ce jour aucune demande des Farc pour participer à une mission humanitaire ou à une libération" d'Ingrid Betancourt, a annoncé mercredi le porte-parole du CICR en Colombie, de passage à Genève.
Astrid Betancourt a affirmé mercredi qu'il existait des "échanges de communications mais pas d'engagement concret" des Farc pour l'envoi d'une mission humanitaire auprès de sa soeur. A la sortie du Conseil des ministres, le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner a déclaré que la mission comprenait un médecin et partirait "le plus vite possible". "Nous en attendons beaucoup", a-t-il dit. "Tout ce que nous avons humainement pu faire, nous l'avons fait, il faut maintenant attendre que nos envoyés spéciaux, le médecin, puissent parvenir sur le terrain. C'est pas simple, c'est physiquement très difficile, et moralement également très difficile", a-t-il ajouté.
"En danger de mort imminente"
L'Elysée avait annoncé mardi l'envoi de cette "mission humanitaire sur place", après une conversation téléphonique de Nicolas Sarkozy avec son homologue colombien Alvaro Uribe 'Lire notre article). Ce dernier s'est déclaré prêt à "suspendre les opérations militaires" dans les zones où la mission dépêchée par Paris indiquera qu'elle doit aller. Nicolas Sarkozy a par ailleurs lancé mardi un appel au chef des Farc pour qu'il relâche immédiatement Ingrid Betancourt, "en danger de mort imminente", dans un message vidéo diffusé aux médias. (Voir la vidéo). Plus tard mardi, Nicolas Sarkozy a appelé le président du Venezuela Hugo Chavez -qui a obtenu la libération de six otages- pour "faire le point avec lui" sur ce dossier.
L'appel du président Sarkozy à la guérilla intervient alors que les témoignages alarmants s'accumulent sur l'état de santé de l'ex-candidate à la présidentielle colombienne, qui souffre d'une rechute d'hépatite B. Preuve de l'importance qu'accorde l'exécutif à ce dossier, le Premier ministre François Fillon a répété mardi que la France était prête à accueillir des membres des Farc libérés par Bogota en échange d'otages, dont Ingrid Betancourt, et qu'elle leur accorderait le statut de "réfugiés politiques". Ingrid Betancourt fait partie des 39 otages dits "politiques" que les Farc, en lutte depuis 1964 contre les autorités colombiennes, veulent échanger contre 500 guérilleros emprisonnés.
"Ingrid ne va pas se laisser mourir" |
Astrid Betancourt, la soeur la Franco-colombienne Ingrid Betancourt, a affirmé mardi soir ne pas croire à une grève de la faim de l'otage, détenue depuis plus de six dans la jungle par la guérilla des Farc et qui serait au plus mal selon plusieurs témoignages. "La grève de la faim ? Je n'en crois pas un mot", a affirmé Astrid Betancourt à la chaîne d'informations en continu Itélé. "C'est une interprétation qui, à mon avis, n'est pas fondée. Ingrid ne va pas se laisser mourir" a-t-elle ajouté. Astrid Betancourt a également rappelé qu'un an et demi après l'enlèvement de sa soeur le 23 février 2002, les rumeurs la donnaient "gravement malade", hospitalisée et "même enterrée". Tout était faux, a-t-elle poursuivi. En revanche, elle a jugé "très positive" l'appel à la libération immédiate de l'otage adressé par le président Nicolas Sarkozy au chef des Farc Manuel Marulanda et l'envoi d'une mission humanitaire prête à la sauver. |
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