La mission française va quitter la Colombie

le 08 avril 2008 à 20h08 , mis à jour le 09 avril 2008 à 10h38

Bernard Kouchner se rendra "prochainement dans la région", suite au rejet par les Farc de la mission humanitaire française.

Ingrid Betancourt, en octobre 2007Ingrid Betancourt, en octobre 2007 © LCI

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Une mission humanitaire "irrecevable" selon les Farc
 

C'est un aveu d'échec pour la mission française : dans la nuit de mardi à mercredi, le ministère des Affaires étrangères a fait savoir que l'équipe envoyée la semaine dernière en Colombie pour secourir Ingrid Betancourt allait quitter le pays. Sans avoir pu atteindre son objectif. Elle était, depuis jeudi dernier, immobilisée sur la base aérienne de Catam, près de Bogota. L'Elysée a ensuite annoncé que le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner se rendra "prochainement dans la région" pour discuter de la situation des otages.

Dans un communiqué, l'Elysée présice que le président Nicolas Sarkozy a accueilli "avec une profonde déception" le rejet par les Farc de la mission médicale envoyée sur place pour secourir Ingrid Betancourt. "Face à cette nouvelle épreuve, ajoute l'Elysée, il (M. Sarkozy) tient à
assurer la famille de notre compatriote comme celles de tous les otages que sa détermination à obtenir leur libération reste entière". "La France demeure pleinemement mobilisée pour rendre les otages à la vie et à leurs proches
", ajoute le communiqué.

Démilitarisation

Quelques heures avant cette annonce du Quai d'Orsay, les Farc avaient qualifié "d'irrecevable" cette mission humanitaire, excluant d'agir sous "la pression médiatique". Selon la guérilla, la mort de son numéro deux, Raul Reyes, abattu lors d'un raid de l'armée colombienne le 1er mars en Equateur, a démontré que le président colombien est "l'obstacle principal et l'ennemi numéro un de l'échange". Et les Farc ont jugé que la mission française n'était "pas le résultat d'une concertation mais de la mauvaise foi d'Uribe à l'encontre du gouvernement français". Les rebelles marxistes ont réclamé à nouveau la démilitarisation par le président Alvaro Uribe d'une zone grande comme la ville de New York dans la jungle, afin de faciliter un  éventuel échange d'otages contre des militants détenus dans les prisons colombiennes. Le président colombien a repoussé à plusieurs reprises cette idée, affirmant ne pas vouloir offrir aux rebelles l'occasion de regrouper leurs forces.
 
Ce dernier communiqué des guérilleros reprenait en fait les principaux thèmes des annonces des derniers jours publiées par des sites internet proches des rebelles, qui opposaient une fin de non recevoir brutale à la mission française. Mardi déjà, la sénatrice de gauche Piedad Cordoba avait estimé, lors d'une déclaration à la chaîne de télévision privée Caracol, que le rétablissement de la confiance avec les guérilleros est un "travail complexe".

L'espoir d'Astrid Bétancourt

Ce refus des Farc, le ministère des Affaires étrangères en a pris acte en le déplorant : "Comme l'avait dit le président (Nicolas) Sarkozy (...), ce rejet est une faute politique grave en plus d'une tragédie humanitaire", a indiqué le communiqué du Quai d'Orsay au nom des trois pays, la France, l'Espagne et la Suisse, participant à la mission partie mercredi de Paris. "Les trois pays facilitateurs prennent acte de la décision du secrétariat de l'Etat-major central des Farc de rejeter la mission médicale qui était destinée à venir en aide à Ingrid Betancourt et aux autres otages les plus affaiblis".

La soeur d'Ingrid Betancourt, Astrid Betancourt, veut pourtant garder espoir. Elle l'a fait savoir mardi soir dès l'annonce du rejet de la mission par les rebelles, et avant le communiqué du Quai d'Orsay annonçant son départ de Colombie. "Les Farc refusent la mission humanitaire car elle présente les risques d'être repéré mais laissent la porte ouverte à des négociations plus globales", a-t-elle estimé. "En effet, lors d'une opération de libération, les Farc font marcher les otages jusqu'à une zone banalisée et déjà connue des autorités. Dans le cas de ma soeur, ne s'agissant pas d'une libération mais de porter des soins médicaux, cela donnerait la localisation des camps où sont les otages", a-t-elle expliqué. Selon Astrid Betancourt, il est "urgent" de "créer un climat de confiance propice à la négociation", en arrêtant notamment les bombardements de l'armée colombienne sur "la zone où se trouvent les campements des otages".

Un rejet "très cynique", selon le fils d'Ingrid Bétancourt

"Les Farc ont donné une réponse très dure et très cynique" en rejetant la faute sur le président (colombien Alvaro) Uribe "alors que ce sont eux les preneurs d'otages", a déclaré Lorenzo Delloye à la chaîne de télévision M6.  "Que valent les otages aujourd'hui ?" s'est interrogé Lorenzo Delloye, s'en prenant également à Alvaro Uribe. "Est-ce que c'est à ce point dégradant pour le gouvernement colombien de mettre sa fierté de côté et d'accepter une démilitarisation d'une zone ou une zone neutre avec une force internationale de paix pour faire que cet accord soit possible?" a dit Lorenzo Delloye. "Ou est-ce que c'est trop dégradant et qu'on nous laisse enterrer les otages et que je doive enterrer ma mère ?" a-t-il poursuivi. "Maman va très mal. Son état s'est encore dégradé par rapport à la vidéo" reçue par la famille en décembre, a répété le fils de l'otage. "J'ai encore l'espoir. Je suis certain qu'on peut arriver à une solution", a-t-il ajouté, appelant Alvaro Uribe a en finir avec une "politique de guerre" et à ne pas oublier "les gens qui sont en train de pourrir dans la jungle".

D'après agences

le 08 avril 2008 à 20:08
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20 Commentaires

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  • Delcouderc, le 09/04/2008 à 12h14

    Je suis triste le president uribe ne fait aucun geste d.accord son pere a ete tuer par les farcs mais il pourrait avoir un peu d.humanite en liberant les farcs retenues dans les prisons clombienne

  • Anatole, le 09/04/2008 à 12h12

    Ce n'est pa demain, la veille, que Ingrid Betancourt sera libérée. Ceci n'est sûrement pas un scoop. Ingrid est la carte vitale des farc. S'en séparer annoncerait une mort lente, déjà prévisible pour eux. La détenir est un moyen de pression sur différents Etats dont les points de vues divergent. La divergence, c'est la division qui, de la sorte, fait mieux régner les farc.

  • Cisse, le 09/04/2008 à 11h54

    Voila un exemple meme de la politique De notre president : de l artifice Deployer des moyens pour montrer que le gouvernement agit puis rien faire de concret par la suite. Plus que 4 ans ...

  • JULIA, le 09/04/2008 à 11h46

    Une fois de plus, nos politiques ont gaspillé de l'argent public en se lançant dans une opération hasardeuse pour pouvoir claironner publiquement qu'ils font 'quelque chose'. Que les Farc soient d'immondes bandits, cela ne fait aucun doute.Que nos politiques, Kouchner en tête, soient des idiots prétentieux, cela ne fait pas de doute non plus.Ils n'ont pas encore compris et ne comprendront jamais que, dans cette sorte d'affaires, la seule tactique qui marche repose sur un travail à long terme, des contacts patients et discrets, pas sur des annonces médiatisées qui rendent plus cinglante l'humiliation de l'échec. Mais qu'on se rassure: un responsable politique ne se sent jamais humilié, habitué qu'il est à se croire infaillible. Kouchner était un type bien quand il était french doctor, maintenant qu'il a choisi la politique, il ne vaut plus un clou.

  • AB, le 09/04/2008 à 11h32

    Bien gentille Ingrid , mais ça devient OVERDOSE !!!! à toute les sauces

  • Henri, le 09/04/2008 à 11h17

    Soit ces gens sont de véritables monstres et il n'y aura rien à en espérer, soit ( j'espère bien sûr que non), ils ne peuvent donner de suite à cette demande parce que Madame Betancourt est décédée...De toutes façons, ces gens-là sont des monstres. Et l'Histoire les jugera à leur juste minable , et monstrueuse valeur. Henri.

  • Charles, le 09/04/2008 à 11h06

    Franchement ,envoyer un avion méicalisé et par la suite une mission "humanitaire" sans aucune information positive des FARC c'est minable .C'est à se demander si notre président a des actions dans une compagnie aérienne disposant de Falcon 900(son jouet préféré),mais ça nous coûte une fortune ces absurdités.

  • Meyer, le 09/04/2008 à 11h00

    Eh oui , fallait si attendre , comme je l'ai dit au précédent article.Ils ne la liberont jamais ,elle est trop précieuse à leurs yeux et qui c'est si elle n'est pas déjà morte , c'est dommage pour la famille , une bonne claque pour le gouvernement , il fallait si attendre .........!!!!

  • Daniel, le 09/04/2008 à 10h51

    Et un fiasco de plus pour le gouvernement français.Faut pas rêver,face à ces barbares il y avait peu de chances de réussite.

  • Laura, le 09/04/2008 à 10h41

    Les principaux obstacles sont le dictateur Uribe et Bush. Ce sont pourtant des amis de Sarko, ils sont du même camp politique que Sarko ! Alors, que fait Sarko ? Rien !

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