© AFP / C. SimonFace à la fin de non-recevoir jusque-là adressée par les Farc, la France n'entend pas renoncer. Samedi soir, sur France 2, le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner a en effet affirmé que la mission humanitaire française, envoyée en Colombie pour secourir Ingrid Betancourt, restera sur place jusqu'à ce qu'elle ait des nouvelles des guérilleros qui détiennent la Franco-Colombienne. "Nous sommes sur place et nous sommes déterminés à continuer", a-t-il dit en se félicitant que la France ait "remis dans la boucle le président Uribe de Colombie et le président Chavez du Venezuela". "Nous avions reçu des nouvelles très inquiétantes d'Ingrid Betancourt, (...) il fallait agir, nous sommes là en alerte, ce n'est pas fini", a assuré Bernard Kouchner.
Arrivée jeudi en Colombie, la mission française est depuis immobilisée sur la base de Catam, près de Bogota, après le rejet par les rebelles d'appels en faveur d'une libération immédiate des otages et notamment d'Ingrid Betancourt. Selon un haut dirigeant des Forces armées révolutionnaires de Colombie, il n'y aura pas de libération sans échange avec des guérilleros emprisonnés. De son côté, le président colombien Alvaro Uribe a indiqué qu'aucune zone du pays ne sera démilitarisée en vue de négociations, comme l'exige la guérilla marxiste. Il s'agirait d'un "coup de poignard" porté à sa politique de sécurité démocratique, assure-t-il.
Des contreparties
Mais selon la sœur d'Ingrid Betancourt, la France doit surtout expliquer "les contreparties positives" que la guérilla des Farc peut attendre d'une libération d'Ingrid Betancourt. Selon elle, les Farc doivent en effet comprendre que la libération de l'ex-candidate à la présidentielle colombienne "sera l'élément déclencheur d'un processus qui va apporter des contreparties positives aux Farc comme l'a dit le président Nicolas Sarkozy". Ce dernier avait notamment laissé entendre que la France pourrait aider les Farc, classées organisations terroristes dans l'Union européenne, à obtenir un statut plus respectable si elle libérait les otages.
De son côté, la sénatrice colombienne Piedad Cordoba, qui, avec le président vénézuélien Hugo Chavez, avait servi de médiateur dans les récentes opérations de libération de six otages des Farc, dit ne pas croire à la possibilité de nouvelles libérations car "nous avons perdu tout contact avec les Farc" après la mort du numéro deux de la guérilla, Raul Reyes, tué lors de l'attaque de l'armée colombienne contre un camp des Farc en territoire équatorien. Sur la radio Caracol, elle a ajouté ne rien savoir sur l'état de santé d'Ingrid Betancourt.
(D'après agence)
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