L'image d'Ingrid Betancourt, qui daterait du 24 octobre 2007 © LCI 
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La course contre la montre a commencé. L'Elysée a annoncé mercredi soir qu'une "mission humanitaire des trois pays facilitateurs, l'Espagne, la France et la Suisse" en vue de la libération d'Ingrid Betancourt avait "débuté en liaison avec les autorités concernées". Une mission très restreinte destinée à "prendre contact" avec les Farc, qui retiennent la Franco-Colombienne depuis plus de six ans, et "obtenir accès" à l'otage.
On en sait peu sur les détails de la mission. L'avion a décollé de l'aéroport militaire de Villacoublay, près de Paris. Outre un médecin, deux diplomates seraient à bord de l'avion. Selon une source proche du dossier, il s'agit de Noël Saez, ancien consul de France à Bogota, et du diplomate Daniel Parfait, directeur des Amériques et des Caraïbes au Quai d'Orsay, ex-ambassadeur en Colombie et beau-frère de l'otage. Information qu'Astrid Betancourt, sa femme, a démentie. "A moins qu'il n'ait le don d'ubiquité, Daniel Parfait n'a pas pris l'avion pour Bogota puisqu'il est avec moi à Paris", a-t-elle affirmé. L'appareil, médicalisé, devait faire escale aux Antilles. Mais on ignore la destination finale de l'appareil.
Pas de nouvelles des Farc
Les membres de la mission "partent à l'aventure", a estimé une source proche du dossier. "Le problème, c'est qu'on n'a pas de réponse des Farc". "On ne sait pas du tout si le contact pourra être établi", a indiqué une autre source. Même discours de la part de la soeur de l'otage et épouse de Daniel Parfait, Astrid Betancourt. Selon elle, il existe des "échanges de communications mais pas d'engagement concret" des Farc sur la mission humanitaire.
D'autant que les négociations ont été compromises par la mort du n°2 des Farc, Raul Reyes, interlocuteur clef du dossier, tué en mars dans un raid de l'armée colombienne. Ce qu'affirmait le nouveau n°2 de la guérilla, Ivan Marquez, dans une lettre datée du 20 mars. La mission aura donc très certainement beaucoup de mal à renouer le contact, même si le président colombien a promis, mardi, à Nicolas Sarkozy de cesser les combats dans le sud-est du pays, dès que la mission aurait communiqué la zone concernée, afin de la laisser œuvrer.
Les trois pays facilitateurs
On attendait le départ de la mission humanitaire depuis mardi soir. Après en avoir appelé directement au n°1 des Farc, Manuel Marulanda, Nicolas Sarkozy avait en effet appelé son homologue colombien pour lui signifier le départ d'une telle mission, alors que l'otage est en "danger de mort imminente".
Tout s'est précipité depuis qu'on a appris de plusieurs sources, sans que l'information puisse toutefois être formellement confirmée, qu'Ingrid Betancourt aurait entamé une grève de la faim le 23 février dernier, soit la date anniversaire de sa prise en otage il y a plus de six ans. Sa soeur Astrid ne croit pas à cette nouvelle, estimant qu'"Ingrid ne va pas se laisser mourir". et qu'il y a une grosse différence entre refuser de manger et ne pas pouvoir ingérer les aliments à cause de la maladie. Une chose est sûre, l'otage est très mal en point et il y a urgence. D'où l'appel de Nicolas Sarkozy aux Farc (lire notre article) et la rapidité de l'organisation de cette mission.
L'Espagne, la France et la Suisse mènent depuis plusieurs années une médiation avec les guérilleros pour parvenir à un "accord humanitaire" visant à échanger des otages dits "politiques" -il y en aurait 39, dont Ingrid Betancourt- contre quelques 500 rebelles emprisonnés. Leur mission avait été suspendue en 2007 par Bogota avant de l'autoriser à nouveau début 2008.
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