Obama à la peine sur les "cols bleus"

le 13 avril 2008 à 07h23 , mis à jour le 13 avril 2008 à 08h54

Cible des attaques du camp Clinton et des républicains après des propos incisifs sur les classes populaires, le sénateur de l'Illinois tente de se justifier.

obama clinton débat texasBarack Obama et Hillary Clinton, lors du débat télévisé du 21 février au Texas © TF1/LCI

Primaires US 2008Voici donc Barack Obama contraint de se défendre contre les attaques de ses adversaires après avoir évoqué l'amertume des classes populaires, qu'il tente à tout prix de séduire, alors qu'elles sont plus plus enclines à voter pour Hillary Clinton, sa rivale dans la course à l'investiture démocrate. "Il y a tout un tas de gens dans les petites villes de Pennsylvanie, dans des villes dans l'Indiana (...) qui sont amers", a-t-il lancé samedi, tentant de justifier sa position, lors d'une réunion électorale. "Ils sont en colère. Ils ont l'impression qu'ils ont été abandonnés".

La polémique a éclaté lorsque le sénateur de l'Illinois a expliqué la semaine dernière que les classes populaires, désespérant d'un quelconque secours économique de Washington, avaient tendance à s'accrocher "aux armes, à la religion, à un sentiment anti-immigration ou anti-commerce pour exprimer leur frustration", selon un transcript publié par le site internet huffingtonpost.com. Hillary Clinton a immédiatement attaqué.

"Remarques avilissantes"

"J'ai été surprise par les remarques avilissantes faites par le sénateur Obama sur les habitants des petites villes américaines", a-t-elle déclaré samedi dans une réunion électorale en Indiana, Etat où des primaires démocrates se tiendront le 6 mai. "Les remarques du sénateur Obama sont élitistes et détachées de la réalité. Elle ne reflètent pas les valeurs et les convictions des Américains. Et certainement pas des Américains que je connais", a-t-elle martelé.

Du côté républicain, bien sûr, on s'en est donné à coeur joie pour attaquer de même Barack Obama : "Cela montre un élitisme et une condescendance, à vous couper le souffle envers les Américains qui travaillent dur", avait déclaré avant Hillary Clinton un conseiller de John McCain, le candidat du parti républicain, au New York Times.

Le débat est d'autant plus vif que les "cols bleus" représentent une partie importante de l'électorat en Pennsylvanie, prochain grand rendez-vous des primaires démocrates, le 22 avril. Hillary Clinton mène encore pour l'instant dans les sondages mais l'écart avec Barack Obama s'est resserré à moins de 10 points ces dernières semaines. Aussi, face aux attaques virulentes subies par le sénateur de l'Illinois, David Axelrod, responsable de la stratégie de la campagne d'Obama, a organisé une conférence de presse téléphonique. "Je pense qu'Obama a très clairement dit qu'il regrettait la manière dont il avait formulé ses remarques mais qu'il reste totalement convaincu de la justesse du fond", a déclaré Axelrod. "Sur le fond, (ces propos) sont exacts. Et si la sénatrice Clinton et le sénateur McCain pensent que les gens sont enthousiastes sur l'économie, il faudrait qu'ils passent beaucoup plus de temps" sur le terrain, a-t-il ajouté.

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