La parodie d'attaque contre Barack Obama du site "236.com" © TF1/LCIEté 2004. John Kerry est le candidat démocrate face à George W. Bush. Ancien du Vietnam, il est vivement attaqué dans des spots télévisés par une association de vétérans du conflit, "Swift boat veterans for truth". En quelques jours, son image de héros est vite transformée en image de soldat peureux et "planqué". Depuis, ces attaques de bas niveau restent le symbole du pire de ce que peut produire la politique américaine.
Voici désormais leur déclinaison satirique. Pour critiquer par avance les "boules puantes" prévisibles de l'été prochain, le site d'actualité parodique 236.com (émanation du très sérieux journal en ligne de gauche The Huffington Post) diffuse depuis fin 2007 de fausses publicités. Construites sur le même modèle que les attaques contre John Kerry -des images d'archives mixées à des témoignages, le tout sur fond de musique anxiogène-, elles mettent cette fois en scène des enfants et sont signées de l'association "Swift kids for truth". Pour l'occasion, ell possède son propre site.
La "cible" préférée de ces "témoins" : les candidats démocrates, et notamment Hillary Clinton. Dans ces parodies, les enfants l'accusent par exemple d'avoir volé des serviettes à la Maison-Blanche ou de dénigrer les cookies. John Edwards était quant à lui pointé du doigt pour sa coupe de cheveux. Afin de souligner que ces basses attaques proviennent généralement du camp républicain, les "spots" montraient en revanche Rudolph Giuliani, alors favori pour l'investiture du parti de l'éléphant, comme un grand patriote.
De plus en plus réalistes
Si les premiers spots étaient tellement "gros" et décalés qu'ils ne pouvaient pas être pris au sérieux, ce n'est pas le cas des plus récents, assez réalistes. Les enfants font par exemple désormais référence au passé de Barack Obama avec la cocaïne, en mimant le geste avec leur doigt et leur nez -le sénateur de l'Illinois a admis avoir "sniffé" à quelques reprises pendant ses études.
Où s'arrête la parodie et où commence le mauvais goût ? Toujours est-il que bon nombre d'internautes, voire des journalistes, ont été bernés par le clip. Sur un blog qui le diffusait, une lectrice, Susan, admet par exemple que sa "première réaction a été de penser que les républicains étaient revenus à leurs habituelles attaques négatives d'antan". Plus globalement, le débat fait rage entre ceux qui trouvent ces parodies hilarantes et ceux qui estiment qu'elles sont trop proches de la réalité.
Trois interprétations
Arianna Huffington, la créatrice du Huffington Post, est quant à elle plutôt satisfaite de son coup. Elle explique ainsi au Washington Post que "les gens, quels que soient leurs penchants idéologiques, les interprètent de plusieurs manières". "Certains pensent qu'il s'agit d'une attaque contre les candidats, d'autres comme une attaque contre les groupes de pression qui utilisent ce genre d'attaques ou enfin comme une attaque contre les médias qui leur permettent de prendre de l'importance en les relayant".
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