Jeremiah Wright © TF1/LCI
Début mars, Barack Obama s'était retrouvé au cœur d'une vive polémique impliquant Jeremiah Wright, le pasteur de son église protestante fréquentée par la communauté noire à Chicago. Les chaînes de télévision avaient diffusé en boucle d'anciens sermons dans lesquels Jeremiah Wright disait notamment "que Dieu maudisse l'Amérique !" en raison du racisme aux Etats-Unis. Il estimait également que le "terrorisme" américain était responsable des attentats du 11-Septembre.
Sans rompre avec lui, le sénateur de l'Illinois avait alors pris ses distances avec le pasteur. "Je suis en profond désaccord et je dénonce catégoriquement ces déclarations incendiaires et épouvantables", avait-il affirmé. Il avait ensuite prononcé un discours très remarqué sur les questions de race et du racisme aux Etats-Unis. Il y expliquait qu'il ne pouvait "pas plus renier le pasteur Wright qu'il ne pouvait renier la communauté noire" comme il ne pouvait pas renier sa grand-mère blanche du Kansas "qui avait peur de croiser un Noir dans la rue".
"Déclarations scandaleuses et atterrantes"
La polémique s'était alors calmée. Mais elle a repris de plus belle ces derniers jours. Jeremiah Wright a en effet effectué une tournée médiatique, en multipliant les interventions incendiaires à la télévision. Lundi, lors d'une conférence de presse, il a ainsi une nouvelle fois dénoncé le racisme à l'oeuvre selon lui dans le gouvernement américain et dénoncé les critiques le visant comme des "attaques contre l'Eglise noire". Dans sa ligne de mire : Barack Obama lui-même, dont il a évoqué à plusieurs reprises le comportement "politicien" pour expliquer sa prise de distance.
Face à la situation -et alors que les primaires de Caroline du Nord et surtout d'Indiana se profilent pour le 6 mai-, Barack Obama a été obligé de monter au créneau. Cette fois, plus question pour le candidat démocrate de faire dans la demi-mesure. Il a été contraint de rompre définitivement, avec "tristesse et colère", avec Jeremiah Wright. "Il n'y a pas d'excuse pour ces déclarations scandaleuses et atterrantes", a-t-il asséné lors d'un meeting en Caroline du Nord. "Elles me blessent, elles blessent tous les Américains et doivent être dénoncées", a-t-il souligné, estimant qu'elles sont "l'anti-thèse" de ce qu'il représente et de l'appel au rassemblement au-delà de tous les clivages qu'il préconise.
"Non seulement elles divisent et sont destructrices, mais je crois qu'elles finissent par justifier ceux qui prospèrent sur la haine, je crois qu'elles ne reflètent pas de façon exacte le point de vue de l'Eglise noire. Elles ne reflètent certainement pas ce que sont mes valeurs et mes convictions. Et si le révérend Wright croit qu'il s'agit (de ma part) d'un positionnement politicien, comme il le dit, alors il ne me connaît pas bien", note le sénateur. "Vu ses déclarations d'hier, peut-être que je ne le connais pas non plus aussi bien que je le croyais", conclut-t-il.
Sondage serré en Indiana
Reste maintenant à savoir comment sera perçue cette nouvelle polémique par les électeurs blancs -notamment les ouvriers et les personnes âgées, toujours réticents à voter pour un Noir- et surtout comment elle sera exploitée par le camp Clinton avant le 6 mai. Si la Caroline du Nord semble acquise à Barack Obama en raison de sa composition sociologique, la bataille s'annonce très serrée dans l'Indiana. Les derniers sondages donnent une très légère avance au sénateur de l'Illinois. Pour rester en course, Hillary Clinton se doit de l'emporter dans cet Etat.
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