Alvaro Uribe et Bernard Kouchner en Colombie, le 29 avril 2008 © LCILa tournée en Amérique du Sud du chef de la diplomatie française Bernard Kouchner pour obtenir la libération des otages de la guérilla des Farc, dont Ingrid Betancourt, a commencé lundi à Bogota par l'étape la plus délicate, compte tenu de la forte défiance des autorités colombiennes. Bernard Kouchner a été reçu lundi après-midi par son homologue colombien, puis dans la soirée par le président Alvaro Uribe, pour tenter de renouer le dialogue avec ses voisins et plaider pour un retour à la médiation d'Hugo Chavez, le président vénézuélien, dans le cadre des négociations avec les Farc.
Auparavant, le ministre des Affaires étrangères a rencontré Yolanda Pulecio, la mère d'Ingrid Betancourt, détenue par les Forces armées révolutionnaires depuis plus de six ans, ainsi que des familles d'autres otages. A l'issue de la rencontre, la mère d'Ingrid Betancourt a déclaré que les engagements des présidents Hugo Chavez et Rafael Correa (Equateur) étaient nécessaires pour faire avancer un échange humanitaire, mais qu'il faut "maintenant que le président Uribe fasse un geste". De son coté, la sénatrice de gauche colombienne Piedad Cordoba, qui assistait également a cette réunion, a estimé que la libération des 39 otages des Farc "est dans les limbes" et que seul Hugo Chavez peut la désentraver.
Médiations autorisées : l'Eglise et les délégués européens
Un responsable de la présidence colombienne précise pourtant que "tout est déjà verrouillé" et qu'un retour à une médiation du président du Venezuela Hugo Chavez dans l'affaire des otages est totalement exclu. Le président colombien a été clair dans les consignes qu'il a données à son Haut commissaire pour la paix concernant la visite de Bernard Kouchner. "Dites-lui que nous lui parlerons volontiers, mais que je ne peux rien lui dire de plus que lui répéter que les seules médiations autorisées sont celles de l'Eglise et des délégués européens", a indiqué Alvaro Uribe.
Or, les Farc récusent toute médiation de l'Eglise qu'elles accusent d'être partiale, et refusent de discuter avec les médiateurs européens, qu'elles soupçonnent d'être à l'origine de la localisation d'un campement des Farc par l'armée colombienne qui a permis le 1er mars l'élimination en Equateur de leur numéro deux, Raul Reyes.
D'après agence
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