Florence Cassez/image d'archives © DR"C'est une véritable erreur judiciaire, une grave erreur judiciaire (...) C'est hallucinant, je ne comprends pas comment on peut condamner quelqu'un sur la base d'accusations fantaisistes, grotesques et pas sérieuses. Il n'y a rien dans ce dossier". L'avocat français de Florence Cassez, Frank Berton, ne décolère pas après avoir eu accès au dossier. Celui qui a défendu certains des acquittés d'Outreau plaide aujourd'hui pour un procès en appel pour la jeune femme.
Florence Cassez, 33 ans, originaire de Béthune, a été condamnée par la justice mexicaine en avril à 96 ans de prison, après avoir été reconnue coupable d'enlèvements, association de malfaiteurs, possession d'armes et de munitions. Elle avait été arrêtée avec son ex-compagnon, Israël Vallarta, soupçonné d'être le cerveau d'un gang de preneur d'otages, à la sortie d'un ranch où trois personnes séquestrées avaient été retrouvées par la police. La jeune femme clame son innocence, dénonce une injustice et affirme n'avoir jamais été au courant que des otages se trouvaient dans le ranch où elle a séjourné pendant plusieurs semaines. Le 9 juin, un juge examinera les arguments de la défense et de l'accusation et décidera s'il y a lieu de reprendre l'instruction.
"Une interpellation viciée" et "des vices de procédure"
Les parents de la jeune femme ont été reçus début mai à l'Elysée par le président français Nicolas Sarkozy. Ils ont repris espoir après avoir été assommés par la condamnation qui obligerait leur fille à passer au moins 20 ans en prison au Mexique. Quant à Me Berton, qui ne peut pas plaider au Mexique, il a longuement examiné le dossier, vendredi à Mexico, en compagnie de l'avocat mexicain. Et il énumère les anomalies. "Jusqu'ici je n'avais eu que des extraits des dépositions, raconte-t-il. J'ai découvert plein de choses. Le dossier repose sur une interpellation viciée" et "des vices de procédure".
L'interpellation, affirme-t-il, a eu lieu le 8 décembre 2005 mais elle n'a été présentée au représentant du ministère public que 24 heures plus tard, ce qui est "une violation de l'article 16 de la constitution mexicaine", le temps de monter un show pour les télévisions, ce qu'a reconnu la police. Me Berton doute ensuite des témoignages des trois personnes séquestrées qui accusent Florence Cassez dont certains la décrivent comme "blonde", alors qu'elle est rousse, et souligne le laxisme de la justice mexicaine qui n'a pas enquêté sur un second lieu de détention décrit par les témoins. Les trois témoins l'identifient par sa voix, notamment grâce à son accent français lorsqu'elle parle espagnol. "On a un nouveau juge en appel. Je n'imagine pas que le juge ne voit pas ce que j'ai vu", conclut l'avocat.
D'après agence
Retour MYTF1
Chargement en cours...




