Hillary Clinton, le 7 janvier 2008 © TF1-LCI
Un air de déjà vu. Depuis janvier, la bataille pour l'investiture démocrate ressemble étrangement à un "Retour vers le futur" pour Hillary Clinton. Trois fois déjà, avant le New Hampshire en janvier, le Texas et l'Ohio en mars et la Pennsylvanie en avril, elle s'est retrouvée dans l'obligation de gagner face à Barack Obama, sous peine de voir ses chances s'envoler. Les trois fois, elle s'est imposée, gagnant le surnom "Comeback girl" et démontrant ainsi ses qualités de battante (cliquez ici pour voir la carte des résultats).
Ce mardi, la situation entre les deux prétendants du parti de l'âne avant la Caroline du Nord et surtout l'Indiana correspond à s'y méprendre aux trois précédentes. Si Barack Obama est donné largement gagnant en Caroline du Nord où il peut compter sur une forte communauté noire, la bataille s'annonce beaucoup plus ouverte dans l'Indiana. C'est donc cet Etat ouvrier du Nord du pays qui attire tous les regards et qui servira d'étalon pour la suite de la compétition.
Pour qui pencheront les "super-délégués" ?
Pour l'instant, la situation est la suivante : le retard d'Hillary Clinton en nombre de "délégués ordinaires" -issus des primaires, ils sont obligés de choisir le candidat auquel ils sont affiliés- est insurmontable d'un strict point de vue mathématique. Pour obtenir l'investiture, il lui faut donc obtenir un large soutien des 796 "super-délégués", ces cadres du parti libres de choisir qui ils désirent lors de la convention, qui désignera formellement le représentant démocrate fin août.
Grâce à sa longue expérience politique et à celle de son mari Bill, elle a réussi à en convaincre 265 contre 243 à son rival selon le décompte de CNN.com. Trois cents sont toujours indécis. "Ils n'ont pas intérêt à se rallier trop tôt à l'un ou à l'autre et préfèrent le faire quand cela sera devenu un fait accompli", explique à LCI.fr Frank Baumgartner, professeur de sciences politiques à l'Université Penn State, en Pennsylvanie. La mission d'Hillary Clinton ce mardi est donc simple : elle doit absolument gagner dans l'Indiana, avec le plus grand écart possible, pour espérer convaincre ces "super-délégués" d'attendre avant de faire leur choix.
Même si elle affirme qu'elle ira au bout du processus quoi qu'il arrive -il restera encore sept primaires jusqu'au 3 juin (cliquez ici pour voir le calendrier)-, une défaite serait rédhibitoire, tout comme une victoire étriquée. Il se murmure en effet que la plupart des "super-délégués" indécis annonceraient alors un ralliement collectif au sénateur de l'Illinois. "Ils pensent que les deux candidats sont bons. Mais ils veulent un candidat qui gagne la Maison-Blanche. Or avec ces primaires à rallonge, cela dessert l'intérêt du parti pour l'élection de novembre. Ils doivent donc dire 'stop" avant la convention, et même avant le 3 juin", note Frank Baumgartner.
Sondages favorables pour Clinton
Depuis la primaire de Pennsylvanie il y a deux semaines, Barack Obama et Hillary Clinton ont surtout tenté de séduire les classes populaires, notamment la sénatrice de New York, dont il s'agit du cœur de cible électoral. Une grande partie du débat s'est ainsi focalisée sur la suppression ou non pendant l'été de la taxe fédérale sur les carburants afin de faire baisser le prix de l'essence : Hillary Clinton est pour, Barack Obama contre. Il estime que la suppression de cette taxe ne rapporterait au total que 30 dollars au consommateur et ne faisait qu'éclipser la question de la dépendance énergétique des Etats-Unis (cliquez ici pour plus d'informations).
Le sénateur de l'Illinois a également dû faire face à la reprise de la polémique sur les propos "anti-américains", voire racistes, de son ancien pasteur, Jeremiah Wright. Après que ce dernier a clamé qu'il ne regrettait absolument rien, Barack Obama a décidé de rompre avec lui (cliquez ici pour lire notre article). Reste à savoir si cela lui aurait porté préjudice.
La semaine dernière, les deux rivaux étaient au coude-à-coude dans l'Indiana. Lundi, les derniers sondages donnaient Hillary Clinton gagnante de plusieurs points. Pour la première fois depuis trois mois, elle est également repassée en tête dans les intentions de vote au niveau national.
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