Ingrid Betancourt, en octobre 2007 © LCILa France ne baissera jamais les bras dans le dossier Betancourt et elle parlera avec tous les
interlocuteurs susceptibles de contribuer à sa libération, Hugo Chavez y compris, a assuré François Fillon vendredi à Lima. "La France, je le dis très directement, ne négligera aucune piste pour essayer de renouer les fils du dialogue avec les Farc", a déclaré le Premier ministre français lors de la conférence de presse à la fin du sommet Union européenne-Amérique latine et Caraïbes de Lima. "Nous n'abandonnerons pas Ingrid Betancourt. Toutes les pistes sont explorées, toutes les propositions qui nous sont faites sont regardées, tous les interlocuteurs pour nous sont des interlocuteurs valables. Il s'agit d'une petite flamme qui brille dans la nuit. Nous ne voulons pas que cette flamme s'éteigne".
François Fillon a souligné à Lima que la France parle avec tous "les chefs d'Etat légitimes" parmi lesquels le président vénézuélien. Pour tenter "de sauver la vie d'une femme qui est sans doute en train de mourir", il a également rencontré le président colombien Alvaro Uribe, alors que les relations Uribe/Chavez sont au plus mal après l'authentification technique par Interpol, rendue publique la veille du sommet, de documents prouvant, selon Bogota, des liens notamment financiers entre Caracas et les Farc qui détiennent Ingrid Betancourt depuis six ans.
Une absence de Sarkozy qui a beaucoup déçu
En déclarant dans l'après-midi que les conditions d'un dialogue avec son homologue colombien nétaient pas réunies, Hugo Chavez, qui a obtenu la libération de six otages depuis janvier en dialoguant directement avec les Farc, a douché les espoirs d'une libération prochaine. "C'est un sujet qui doit dépasser les querelles régionales, les querelles politiques (...) que par ailleurs nous comprenons et nous respectons", a plaidé de son côté François Fillon qui a regretté de ne pas disposer de "nouvelles" récentes de l'otage.
Le Premier ministre a également évoqué le cas de la Franco-colombienne avec les présidents mexicain Felipe Calderon et équatorien Rafael Correa, alors que la dernière tentative française pour faire libérer Ingrid Betancourt remonte à fin avril avec une tournée en Amérique latine du ministre des affaires étrangères Bernard Kouchner, qui n'avait donné aucun résultat.
Par ailleurs, l'absence du Président Nicolas Sarkozy à ce sommet de Lima de plus de 50 chefs de gouvernements et d'Etat, pour des raisons d'agenda chargé, a "beaucoup déçu" à Lima selon une source à l'ambassade de France. Mais elle illustre simplement pour François Fillon un "partage des rôles" normal sur la scène internationale. A un mois et demi de la présidence française de l'Union européene, le Premier ministre a ainsi remplacé au pied levé le chef de l'Etat qui était vendredi en banlieue parisienne.
D'après agences
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