François Fillon à Washington, le 1er mai 2008 © LCICela faisait dix ans qu'un Premier ministre ne s'était pas rendu aux Etats-Unis. En visite pour deux jours à Washington, François Fillon, venu prendre le pouls de l'économie américaine et expliquer les réformes françaises, a insisté jeudi sur les "équilibres" à créer entre les économies américaine et européennes. "La crise des 'subprimes' et ses conséquences sur les banques, l'évolution désordonnée des marchés sonnent comme un avertissement", a-t-il affirmé. "Aujourd'hui, les Etats-Unis, la France et les autres grands Etats industrialisés se rejoignent sur deux idées forces : un besoin de réaction coordonnée et un effort pour améliorer la régulation et la transparence", a-t-il rappelé. "L'excessive volatilité des changes, le niveau élevé de l'euro constituent un risque pour nous tous", a-t-il dit.
Cette première journée d'une visite éclair s'est déroulée l'American Jewish Committee, qui l'avait convié à son dîner de gala en qualité d'invité d'honneur. S'inscrivant dans le sillage de Nicolas Sarkozy, qui avait effectué une visite officielle aux Etats-Unis en novembre, François Fillon s'est employé à son tour à réchauffer les relations entre Paris et Washington en relevant un défi qu'avait éludé le chef de l'Etat : s'exprimer en anglais. S'armant d'un accent à la Maurice Chevalier, le Premier ministre a parlé durant près d'une demi-heure devant plus d'un millier de personnes, une gageure saluée à plusieurs reprises par les applaudissements et rires de l'auditoire. "Bien que mon épouse soit britannique, mon anglais reste encore...très français", a-t-il plaisanté. "Je ne vais pas seulement parler anglais pour vous être agréable, mais aussi parce que j'espère que vous serez séduits par mon accent français", a-t-il lancé.
Thématiques présidentielles
François Fillon a narré ses expériences de jeunesse dans la patrie de Lincoln et Jefferson, se souvenant d'"un dîner émouvant chez Ted Kennedy en compagnie de sa mère Rose", ou de "cette artiste un peu 'déjantée' de Denver qui m'entraîna au vernissage d'une exposition 'underground' à une heure du matin". Passée l'anecdote, François Fillon a décliné la ligne atlantiste du nouvel exécutif français, une approche diplomatique dénoncée par l'opposition de gauche. "La France se juge et se jauge souvent par rapport aux Etats-Unis, et je crois que les Etats-Unis ne restent jamais insensibles à la voix de la France", a-t-il souligné. "Si vous et nous oscillons entre l'amitié absolue et la querelle épisodique, c'est parce que nous sommes fondamentalement attirés l'un par l'autre", a-t-il dit. "Plus que jamais, les désordres du monde réclament une alliance solide entre nos deux nations", a estimé François Fillon.
Accompagné de la ministre de l'Economie Christine Lagarde et du ministre de l'Agriculture Michel Barnier, François Fillon rencontrera ce vendredi le président de la Réserve fédérale américaine, Ben Bernanke, le secrétaire au Trésor Henry Paulson et le directeur général du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn. Stabilité financière, crise alimentaire, réchauffement climatique, conflit israélo-palestinien, nucléaire iranien, Afghanistan, Otan, défense européenne : le Premier ministre égrène des thématiques présidentielles pour son baptême du feu diplomatique sur le territoire américain.
D'après agence
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