Hillary Clinton et Barack Obama © TF1/LCI
L'argent reste le nerf de la guerre dans ces primaires. Et ce même si la campagne d'Hillary que personne n'a officiellement déclarée morte l'est bel et bien. Bien sûr, un scandale impliquant Barack Obama reste toujours possible mais mathématiquement elle ne peut plus le rattraper.
Le rôle de l'ancienne Première dame n'est donc déjà plus dans le présent de cette campagne, mais dans l'avenir du parti démocrate. Ce qui signifie d'abord aider le sénateur de l'Illinois à gagner la présidentielle du 4 novembre. En le soutenant, au moins en quittant prochainement la campagne pour ne plus compartimenter, désolidariser, opposer l'électorat démocrate.
21 millions de dollars dépensés
Et tout ça à un prix. Obama pourrait faire contribuer ses donateurs à hauteur de 11,4 millions de dollars pour rembourser une partie de la dette de campagne de Hillary. Ce qui même pour l'homme le plus riche de l'histoire des primaires n'a rien d'une broutille, surtout quand on prépare une campagne présidentielle aux Etats-Unis.
Pour rester dans la course, Hillary s'est en effet endettée de plus de 21 millions de dollars (13,5 millions d'euros) : 11 millions puisés dans ses ressources personnelles plus 10 millions de frais encore impayés. Une option pour la sénatrice de New York serait de reporter cette dette sur sa campagne de réélection au Sénat en 2012 et de la rembourser avec les sommes qu'elle recueillera pour garder son siège.
Aide au "loser"
Une autre solution, beaucoup plus rapide, serait de quitter la campagne maintenant, précisément parce que tout ou partie de sa dette serait épongée par... Barack Obama. Non, ce n'est pas une hallucination. C'est ce qui se trame dans la capitale américaine. C'est aussi ce que rapportent des journaux sérieux comme le Time ou le Huffington Post. Non, ce n'est pas hallucinant. C'est presque une coutume dans la politique américaine : le vainqueur aide grâcieusement le ‘loser' au nom de l'unité du parti, et plus encore s'il y a un intérêt décisif. C'est le cas de Barack Obama cette année. Ces primaires ont d'ailleurs déjà fourni deux exemples de cette pratique. McCain a ainsi aidé l'ex-candidat Sam Brownback à payer ses dettes. En février 2007, l'éphémère candidat Tom Vilsack profitait quant à lui de l'aide des donateurs de...Hillary.
Voilà donc peut-être venu le tour de Barack Obama. A une différence près : dans les cas de Brownback et Vilsack, on parle "d'un passif de quelques milliers de dollars". L'aide d'Obama à Hillary pourrait, elle, s'élever à 11, 4 millions de dollars pour couvrir l'ensemble des fonds qu'elle a puisé dans sa fortune personnelle. Evidemment, on voit mal comment Hillary pourrait accepter d'être autant dépendante de son adversaire, surtout si on se rappelle que les Clinton ont déclaré 109 millions de dollars de revenus entre 2000 et 2007. Mais c'est bien connu : "la politique a ses raisons que la raison n'explique pas".
Enterrer la campagne Clinton
Légalement, Barack Obama ne peut pas reverser directement à sa rivale une grosse somme provenant de ses fonds de campagne. En revanche, comme l'argent de ses sympathisants continue de couler à flots, il pourrait convaincre gros et petits donateurs de faire un geste pour Hillary Clinton au nom de l'unité du parti. Dit moins prosaïquement, s'il le fait, ce serait pour sortir rapidement la pelle et la pioche afin d'enterrer au plus vite la campagne d'Hillary, et clore leur combat fratricide qui a déjà beaucoup endommagé son image et celle du parti démocrate.
RENDEZ-VOUS LCI.FR
- Toute l'actualité des primaires dans notre dossier spécial
- Les anecdotes de la campagne avec le blog de nos correspondants à Washington
Retour MYTF1
Chargement en cours...




