Barack Obama, le 20 mai 2008 © TF1/LCI
Comme prévu, Hillary Clinton et Barack Obama ont chacun remporté -assez facilement- une primaire ce mardi dans la course à l'investiture démocrate. La première s'est imposée dans le Kentucky avec 65% des voix, le second dans l'Oregon avec 58% (cliquez ici pour voir les résultats complets).
Mais c'est tout sauf un match nul. Grâce à son succès, le sénateur de l'Illinois a en effet obtenu la majorité des "délégués ordinaires" -issus des primaires, ils sont obligés de voter pour le candidat auquel ils sont affiliés lors de la convention qui désignera formellement le représentant du parti de l'âne fin août.
"Une étape majeure"
"Il est clair que nous avons franchi une étape majeure. Nous avons conquis la majorité absolue de tous les délégués choisis par les électeurs dans ce processus des primaires démocrates," a tout d'abord affirmé Barack Obama dans un mail envoyé aux abonnés de sa newsletter. "Vous nous avez placés à portée de main de l'investiture pour la présidence des Etats-Unis", a-t-il ensuite lancé lors de son discours, tenu non pas dans l'Oregon, mais à Des Moines, la capitale de l'Iowa.
Cet Etat, qui lui avait offert la victoire au début du processus des primaires le 3 janvier dernier, s'annonce aussi très indécis en novembre face à John McCain. Le message de Barack Obama est donc clair : même s'il n'a pas encore obtenu la majorité globale des délégués démocrates et s'il a rendu un hommage appuyé à sa rivale dans son intervention (cliquez ici pour voir un extrait), il se considère désormais bel et bien comme le candidat virtuel du parti.
Les détails du vote dans le Kentucky confirment en revanche que le vote de la classe ouvrière blanche lui fait toujours défaut. Il lui faudra absolument conquérir cette partie de l'électorat, traditionnellement acquise aux démocrates, pour l'emporter face à John McCain. Mais il devra pour cela ressouder un parti divisé par la longue bataille des primaires (cliquez ici pour écouter l'analyse de notre correspondant à Washington).
Les "super-délégués" indécis vers Obama ?
De son côté, Hillary Clinton, forte de son joli succès dans le Kentucky- entend continuer le combat jusqu'au bout -il reste désormais seulement trois primaires jusqu'au 3 juin (cliquez ici pour voir le calendrier). "Vous ne m'avez jamais abandonnée parce que vous saviez que je ne vous abandonnerai jamais", a-t-elle affirmé devant ses partisans (cliquez ici pour voir un extrait).
L'ancienne Première dame, qui ne pourra donc refaire son retard sur les "délégués ordinaires", a désormais deux objectifs : tout d'abord, obtenir la tenue d'un nouveau scrutin en Floride et dans le Michigan -ces deux Etats n'ont pas été pris en compte en raison d'un différend sur les dates de scrutin entre les instances fédérales et locales du parti-. La décision doit avoir lieu le 31 mai, la veille du prochain scrutin à Porto Rico -cette île des Caraïbes, rattachée aux Etats-Unis, a la particularité de voter lors des primaires, mais pas lors de l'élection générale.
Ensuite, Hillary Clinton espère convaincre les "super-délégués" encore indécis -ils sont environ 200 sur 796- de se rallier à elle. Ces cadres du parti, délégués de droit, peuvent choisir qui ils désirent lors de la convention, indépendamment du vote populaire. Elle a longtemps été en tête dans cette catégorie. Mais Barack Obama l'a récemment dépassée et continue d'engendrer les soutiens depuis deux semaines. Les résultats de mardi devraient d'ailleurs confirmer la tendance. Hillary Clinton se retrouve donc de fait devant une situation désespérée.
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Au lendemain des primaires dans l'Oregon et le Kentucky, François Durpaire, auteur de L'Amérique de Barack Obama, a répondu aux questions des internautes sur LCI.fr. Vous pouvez retrouver l'intégralité de ce chat en cliquant
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