Hugo Chavez, le 19 juin 2008 © TF1/LCIMercredi, le Parlement européen a adopté la "directive retour", portant sur l'expulsion des immigrants illégaux vers leur pays d'origine (cliquez ici pour lire notre article). S'ils refusent de partir volontairement, les clandestins peuvent désormais être placés en rétention jusqu'à 18 mois avant d'être expulsés et n'ont plus le droit de rentrer l'UE pendant cinq ans. Il s'agit d'un progrès pour sept pays dans lesquels n'existait pas de durée maximale. Mais pas pour d'autres comme la France, où cette durée est nettement inférieure -Brice Hortefeux, le ministre de l'Intérieur, a néanmoins fait savoir que la France continuerait à appliquer ses propres dispositions, à savoir une durée maximum de 32 jours.
Cette directive, critiquée par la gauche et les ONG, a également choqué en Amérique Latine, qui a reçu pendant des siècles des vagues d'immigrés venus du Vieux continent. Le président équatorien Rafael Correa, l'un des nouveaux dirigeants incarnant le virage à gauche pris dans la région, a aussitôt prôné un front commun pour protester contre "la directive de la honte". Son allié bolivien, Evo Morales, a proposé à l'Afrique de se joindre à ce combat pour obtenir le retrait d'une loi qui "porte atteinte à la vie et aux droits des personnes".
"Pas besoin des investissements européens"
Mais c'est Hugo Chavez qui s'est montré le plus direct et le plus menaçant. Le bouillant président vénézuélien a en effet menacé de ne plus fournir de pétrole aux pays européens et riposter par le "retour de leurs investissements". "Nous n'en aurons pas besoin ici", affirme-t-il.
Mais sa menace semble plus médiatique que pratique : selon les derniers chiffres disponibles de la Commission européenne, la part du pétrole vénézuélien dans la totalité des importations de pétrole de l'UE ne représentait que 0,9% en 2005. Quoi qu'il en soit, le diplomate en chef de l'UE, Javier Solana, l'estime "absolument disproportionnée".
D'après agence
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