Pétrole-Immigration : le chantage de Chavez à l'UE

le 20 juin 2008 à 10h42 , mis à jour le 20 juin 2008 à 11h45

Le président vénézuélien menace de ne plus fournir de pétrole aux pays européens qui appliqueraient la nouvelle loi sur l'expulsion des clandestins.

hugo chavezHugo Chavez, le 19 juin 2008 © TF1/LCI

Mercredi, le Parlement européen a adopté la "directive retour", portant sur l'expulsion des immigrants illégaux vers leur pays d'origine (cliquez ici pour lire notre article). S'ils refusent de partir volontairement, les clandestins peuvent désormais être placés en rétention jusqu'à 18 mois avant d'être expulsés et n'ont plus le droit de rentrer l'UE pendant cinq ans. Il s'agit d'un progrès pour sept pays dans lesquels n'existait pas de durée maximale. Mais pas pour d'autres comme la France, où cette durée est nettement inférieure -Brice Hortefeux, le ministre de l'Intérieur, a néanmoins fait savoir que la France continuerait à appliquer ses propres dispositions, à savoir une durée maximum de 32 jours.
 
Cette directive, critiquée par la gauche et les ONG, a également choqué en Amérique Latine, qui a reçu pendant des siècles des vagues d'immigrés venus du Vieux continent. Le président équatorien Rafael Correa, l'un des nouveaux dirigeants incarnant le virage à gauche pris dans la région, a aussitôt prôné un front commun pour protester contre "la directive de la honte". Son allié bolivien, Evo Morales, a proposé à l'Afrique de se joindre à ce combat pour obtenir le retrait d'une loi qui "porte atteinte à la vie et aux droits des personnes".

"Pas besoin des investissements européens"
 
Mais c'est Hugo Chavez qui s'est montré le plus direct et le plus menaçant. Le bouillant président vénézuélien  a en effet menacé de ne plus fournir de pétrole aux pays européens et riposter par le "retour de leurs investissements". "Nous n'en aurons pas besoin ici", affirme-t-il.

Mais sa menace semble plus médiatique que pratique : selon les derniers chiffres disponibles de la Commission européenne, la part du pétrole vénézuélien dans la totalité des importations de pétrole de l'UE ne représentait que 0,9% en 2005. Quoi qu'il en soit, le diplomate en chef de l'UE, Javier Solana, l'estime "absolument disproportionnée".

D'après agence

le 20 juin 2008 à 10:42
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6 Commentaires

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  • Afric, le 23/06/2008 à 11h51

    Je pense qu'il est temps que les pays africains se mobilisent et imposent aussi aux européens aux ressortissants des autres pays des visas avant de fouler le sol africain et puis cela fera gagner de l'argent aux pays africains. Il faut que nos autorités se réveillent pour les générations futures car cé inacceptable comment l'on traite les autres. Merci

  • Maxime, le 21/06/2008 à 15h39

    Et nous n'avons plus a aider les pays comme celui de Chavez

  • Rajwiya, le 20/06/2008 à 20h23

    Pourquoi ce titre tendancieux: "Le chantage..."? Quand Bush et les Occidentaux décrètent un embargo ou un blocus contre un pays du tiers monde, cette expression n'est jamais usité comme si, de source, elle était légitime.

  • Jules de Lens, le 20/06/2008 à 20h13

    Entièrement d'accord avec Chavez, esperant que les états Africains producteurs de petrole réagisseront de la même façon. Bonne soirée Jules

  • Gib, le 20/06/2008 à 19h20

    Mr Solana a raison : cette menace est plus symbolique que proportionnée , mais j' approuve complètement mr Chavez et sa réaction d' homme de coeur

  • Regis, le 20/06/2008 à 17h27

    Oulala j'ai peur, mort de rire :-))))))

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