Ingrid Betancourt et Dominique de Villepin, le 6 juillet 2008 © TF1-LCIPour le moment, elle veut voir la France, "toute la France" et être avec ses enfants mais dans quelques jours, Ingrid Betancourt rentrera en Colombie. La Franco-Colombienne l'annonce dans le Journal du Dimanche. "Je vais rentrer en Colombie dans quelques jours. En attendant (...), je veux consacrer ce temps à ma famille, au père de mes enfants que j'adore, qui a mené pour moi un combat extraordinaire", déclare-t-elle.
On ne connaît pas encore la date exacte de ce retour en Colombie, mais Ingrid Betancourt pourrait bien rester jusqu'au 14 juillet au moins. Selon une source informée à l'Elysée, Nicolas Sarkozy l'a en effet conviée à assister au défilé et a décidé de mettre Ingrid Betancourt dans la promotion du 14 juillet de la Légion d'Honneur. On ignore si la décoration serait remise par le président lui-même et l'ex-otage n'a toutefois pas encore confirmé sa présence.
La présidente chilienne Michelle Bachelet a pour sa part annoncé, dans un entretien publié dimanche par le quotidien La Nacion, qu'elle soutiendrait "avec détermination" la candidature d'Ingrid Betancourt pour le Prix Nobel de la Paix.
Encore une journée chargée
Rassurée sur son état de santé par les médecins à Paris, Ingrid Betancourt a pu consacrer dimanche du temps à ses amis et à sa famille, s'écartant un peu du tourbillon médiatique déclenché par sa libération en dépit d'un programme qui s'annonce encore chargé. Dimanche midi, avec sa mère et sa soeur, elle a déjeuné au restaurant avec son ancien professeur à Sciences-Po devenu son "ami", Dominique de Villepin.
"Cette joie, si je voulais la partager avec quelqu'un, c'était évidemment avec lui", a déclaré Ingrid Betancourt, tandis que Dominique de Villepin, qui s'était personnellement investi pour la libération de son amie, disait qu'"il n'y (avait) pas de mot" pour décrire ce qu'il ressentait. Ils se sont ensuite rendus à pied à l'église Saint-Sulpice (VIe), suivis d'une vingtaine de photographes et caméramans. Là, Ingrid Betancourt a prié, assise à côté de Dominique de Villepin. Ce dernier avait fait partie de ceux qu'elle avait remercié lors de sa première déclaration sur le tarmac de l'aéroport de Bogota, le jour de sa libération. Depuis lors, l'ancien Premier ministre n'est apparu dans aucune réception officielle donnée à Paris en l'honneur de l'ex-otage. L'ex-otage a assisté, plus tard dans la journée, à la messe au Sacré-Coeur de Montmartre.
Aux otages : "Je sais que la liberté est pour très bientôt"
Dans la matinée, Ingrid Betancourt s'était adressée en direct, sur la radio colombienne Caracol, celle là-même sur laquelle sa mère et ses enfants lui parlaient chaque matin à 5h pendant sa détention, aux "otages qui sont encore dans la jungle" pour leur dire que le président Nicolas Sarkozy s'était "engagé à poursuivre ses efforts pour leur libération", selon Astrid Betancourt, sa sœur.
"A ceux qui sont dans la jungle, qui restent là-bas, regardez, vous savez que lorsque je m'engage à quelque chose, je le fais vraiment : pas une seconde, je ne vais cesser de plaider pour votre liberté et d'établir des canaux de communication avec les Farc et avec les pays que nous pouvons mobiliser afin que vous puissiez revenir rapidement. Je le fais déjà, et je continuerai à le faire". "Je sais que la liberté est pour très bientôt", a-t-elle déclaré aux 24 otages dits "politiques" et plus de 700 autres aux mains de la guérilla colombienne.
"Une nuit parfaite, sans rêve ni cauchemar"
Et ensuite ? Interrogée par le JDD sur l'éventualité d'un livre racontant son expérience, elle répond : "Je ferai une pièce de théâtre". "Il faudra une mise en scène pour que les gens comprennent ces choses qui tiennent plutôt à la condition humaine, à ce que nous sommes au fond de nous. Nous pouvons être des anges mais nous pouvons aussi être des démons pour l'autre", explique-t-elle.
Rassurée sur son état de santé après son passage à l'hôpital du Val-de-Grâce samedi (Lire notre article), elle confie que "pour l'hépatite, le foie fonctionne parfaitement". "On attend maintenant une seconde étape de résultats qui nous diront s'il y a un virus et, si oui, s'il y est encore", précise-t-elle. "A part ça, des petites choses sans importance: vraiment, tout est bon", ajoute-t-elle.
Elle raconte aussi au JDD une anecdote sur sa nuit de vendredi soir: "J'ai réussi à dormir pour la première fois une nuit parfaite mais sans rêve ni cauchemar, je ne me souviens de rien de cette nuit (...) avec seulement une mauvaise surprise au réveil : je ne pouvais pas me lever du lit tellement j'avais mal au dos !" "Moi qui ai dormi par terre et dans des conditions atroces, j'avais mal au dos en me levant d'un lit extraordinaire. Il faut vraiment que je me réhabitue", raconte-t-elle, quatre jours après sa libération.
Une libération qui profite au président Uribe. Sa cote de popularité est passée de 7% à 91 %, depuis ces événements. 79% des Colombiens sont prêts à le réélire.
(D'après agence)
| "Il n'y a pas eu d'argent français" |
Dans une interview au Journal du Dimanche, Bernard Kouchner dément à nouveau tout versement de rançon par la France pour la libération d'Ingrid Betancourt. "Moi, je n'ai jamais entendu parler d'argent. Le président (colombien) Uribe ne fait pas mention du moindre argent. Et très clairement, il n'y a pas eu d'argent français. Cette opération commando était seulement une opération d'infiltration, habilement et longuement préparée", assure le chef de la diplomatie française en réaction à des allégations de la Radio suisse romande selon lesquelles des membres des Farc auraient touché une rançon. |
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Légion d'honneur : qui a été décoré cette année ?
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