John McCain, le 4 mars 2008 © TF1/LCIInterrogé par le Times sur la solidité de l'économie américaine, Phil Gramm, haut conseiller du candidat républicain à la Maison-Blanche John McCain, a cru bien faire en assurant que la crise était d'abord dans les esprits. Mais l'expert a utilisé l'expression malheureuse de "récession mentale". Et pour tout dire, il a aussi estimé que les Etats-Unis étaient un "pays de geignards".
Certains loueront sa clairvoyance. D'autres ne lui pardonneront pas cette injure à la Nation. John McCain s'est aussitôt désolidarisé des propos suicidaires de son conseiller. "Phil Gramm ne parle pas en mon nom, je parle pour moi. Et je ne suis pas du tout d'accord avec lui", s'est défendu le vieux lion, promettant à Gramm "un poste d'ambassadeur en Biélorussie". "Même si je ne suis pas sûr que les citoyens de Minsk s'en féliciteraient", a-t-il ironisé.
Trop tard. Le rival démocrate, Barack Obama, n'a pas manqué l'occasion de fustiger ce flagrant délit de surdité face aux difficultés du peuple américain, confronté à la flambée des prix. "Je pense qu'il est temps que nous ayons un président qui ne nie pas nos problèmes ou en rende responsable le peuple américain, mais prenne ses responsabilités et fasse ce qu'il faut pour les régler. C'est ce genre de président que je serai", a assuré le candidat. "Ce n'est pas que le produit de notre imagination, pas seulement dans notre tête", a-t-il ajouté.
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