Les geôliers d'Ingrid Betancourt © LCIRançon, mise en scène, participations extérieures à l'armée colombienne... Les versions et les sources s'accumulent ces dernières heures à propos des circonstances de la libération d'Ingrid Betancourt, mercredi dernier. Dernière en date, celle d'un des guérilleros des FARC capturé au cours de l'opération. "Il a dit que dans l'hélicoptère qui le transportait avec les otages, il y avait des personnes étrangères", a déclaré l'avocat de ce guérillero, Gerardo Aguilar, alias "César". L'avocat a également déclaré qu'un "des étrangers qui se trouvait dans l'hélicoptère, dont il ignore s'il est américain ou bien d'une autre nationalité, l'a frappé".
Ce "César", qui porte un hématome sur la pommette droite, a expliqué, selon son avocat, qu'il a été "trompé" et qu'il pensait qu'il s'agissait d'une "mission humanitaire à caractère international". Il a également nié être le commandant des Forces armées révolutionnaires colombiennes (FARC). Vendredi, le ministre de la Défense, Juan Manuel Santos a démenti toute participation étrangère à l'opération bien qu'il ait reconnu que les Etats-Unis en aient été informés préalablement et ont prêté pendant l'opération un avion espion.
La Colombie diffuse les images de la libération
Il a également démenti la version de la Radio suisse romande, qui avance une tout autre hypothèse que le guérillero. Selon ce média, des membres des Forces armées révolutionnaires de Colombie ont touché 20 millions de dollars pour libérer les otages. "Les quinze otages ont en réalité été achetés au prix fort, après quoi toute l'opération a été mise en scène", a déclaré la radio publique, citant "une source proche des événements".
Pour le ministre de la Défense colombien, cette version "n'a aucun fondement". Et pour prouver que la Radio suisse se trompe, la Colombie a diffusé quelques images de l'opération démontrant selon elles la véracité de sa version. (Document exceptionnel que pouvez voir en cliquant ici). Ces images se rapprochent des déclarations d'Ingrid Betancourt vendredi soir dans le 20 heures de TF1 (Pour voir la vidéo, cliquez ici).
"Ni un dollar, ni un peso, ni un euro"
La France et les Etats-Unis doutent également de la version de la Radio suisse romande. "Combien avons-nous donné pour la libération des trois citoyens nord-américains ? Zéro... zéro, rien. Ni un dollar, ni un peso, ni un euro. Absolument zéro", a assuré vendredi l'ambassadeur américain à Bogota. Même réponse de Paris. "N'ayant pas été associés à cette opération, nous n'avons pas été associés à ses modalités de financement, si tant est qu'il y ait eu des modalités de financement", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères.
A Paris, Ingrid Betancourt, qui a été interrogée sur ces affirmations, s'est montrée sceptique sur la possibilité d'une mise en scène. "Avec ce que j'ai vu pendant l'opération - et franchement, honnêtement, je ne pense pas que l'on puisse me duper facilement -, je ne pense pas que ce j'ai vu soit une mise en scène", a déclaré l'ex-otage franco-colombienne. "Il y avait des degrés de tension, c'était tellement stressant que nos camarades ont résisté, ils ne voulaient pas monter dans l'hélicoptère", a-t-elle expliqué. "Ils avaient la sensation qu'on était pris dans un piège".
D'après agence
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