Face aux Farc, Bogota veut faire cavalier seul

Par , le 07 juillet 2008 à 21h15 , mis à jour le 07 juillet 2008 à 22h40

Cinq jours après le sauvetage de 15 otages dont Ingrid Betancourt, Bogota a annoncé lundi vouloir se passer des médiateurs européens pour développer des discussions directes avec les Farc.

président colombien Alvaro UribeLe président colombien Alvaro Uribe, à son arrivée en France, le 20 janvier 2008 © TF1-LCI

C'est la conséquence politique de l'opération d'infiltration à succès de l'armée colombienne, par laquelle 15 otages dont Ingrid Betancourt et trois Américains ont pu être libérés, mercredi dernier. Bogota, par la voix de son Haut commissaire pour la paix Luis Carlos Restrepo, a annoncé lundi qu'elle chercherait désormais à ouvrir des discussions directes sur les otages avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie.

  • Colombie : les plus anciens otages des Farc enfin libres

    Les derniers policiers et militaires séquestrés par les Farc, qui étaient détenus depuis plus d'une décennie, ont retrouvé lundi la liberté. Un geste jugé toutefois insuffisant par le gouvernement pour ouvrir un dialogue avec la principale guérilla du pays.

    Publié le 03/04/2012 Colombie : les plus anciens otages des Farc enfin libres
  • Les Farc n'enlèveront plus de civils en Colombie

    Les guerilleros ont annoncé, dimanche, qu'ils abandonnaient le recours aux enlèvements au sein de la population civile colombienne. Tous les otages issus des forces de l'ordre seront libérés. Un tournant important pour l'organisation fondée il y a près de 50 ans qui ne convainc pas tout à fait le gouvernement colombien.

    Publié le 26/02/2012 Les Farc n'enlèveront plus de civils en Colombie
  • Le chef des Farc abattu en Colombie

    Alfonso Cano dirigeait les Forces armées révolutionnaires de Colombie depuis 2008. Il a été tué vendredi lors de combats ayant suivi le bombardement d'un campement où ses effets personnels ont été trouvés.

    Publié le 05/11/2011 Le chef des Farc abattu en Colombie
  • L'un des plus anciens otages des Farc libéré

    Pablo Emilio Moncayo, 32 ans, l'un des deux plus anciens otages de la guérilla colombienne des Farc a été libéré mardi dans le sud de la Colombie.

    Publié le 31/03/2010 L'un des plus anciens otages des Farc libéré
Plus d'infos

 
Tandis qu'Ingrid Betancourt, qui pourrait encore rester quelques temps en France, sa famille craignant un attentat, s'est dite prête à jouer les médiateurs entre les présidents colombien et vénézuélien Uribe et Chavez (lire notre article), les autorités colombiennes pourraient même suspendre le rôle des pays européens qui ont tenté de négocier un accord. Car, a tout simplement expliqué Luis Carlos Restrepo : "Nous pensons que nous devons procéder à une réévaluation. Il y a des problèmes avec certains des facilitateurs actuels (...) Le président (colombien Alvaro Uribe) a dit clairement à M. Jean-Pierre Gontard et à M. Noël Saez (les médiateurs suisse et français pour un accord avec la guérilla), qui se trouvaient à Bogota, que le gouvernement colombien n'a pas confiance dans leur travail". Ces derniers, a poursuivi Restrepo, "sont apparus en de nombreuses occasions plus comme des conseillers politiques des Farc que comme des facilitateurs".

"Aucun résultat"
 
"Je crois que le travail pendant de nombreuses années des deux facilitateurs n'a, au delà de leur bonne volonté, produit aucun résultat, et en plus ces derniers ont été manipulés par les Farc", a ajouté le Haut commissaire pour la paix. Le gouvernement colombien affirme en effet que le médiateur suisse Jean-Pierre Gontard était mentionné dans l'ordinateur découvert dans le camp de Raul Reyes, n°2 des Farc tué en mars par l'armée colombienne lors d'un raid en Equateur. Selon la Colombie, les documents montrent que Gontard a pu être impliqué dans des activités illicites liées à la guérilla. Bogota accuse en outre Gontard d'avoir remis de l'argent (500.000 dollars) aux Farc au Costa Rica, "semble-t-il dans le cadre d'une prise d'otage". Or "transporter et donner de l'argent à une organisation en marge de la loi n'a rien à voir avec une médiation", a estimé Restrepo.
 
Dans le cas de la France, "le délégué français a offert aux Farc de faire lever le qualificatif d'organisation terroriste, des négociations directes ainsi qu'un bureau à Paris en février", a-t-il affirmé. La France, l'Espagne et la Suisse ont tenté d'obtenir des Farc un accord pour la libération de 25 des otages les plus connus, dont certains sont retenus dans la jungle depuis plus de dix ans. Les Farc détiennent en outre plusieurs centaines d'otages dont elles espèrent obtenir une rançon.
 
Les Farc poursuivent depuis 44 ans une guérilla financée en grande partie depuis les années 1980 par le trafic de cocaïne. Le président Alvaro Uribe a dépensé des milliards de dollars d'aide militaire américaine pour pousser la guérilla dans ses retranchements. Depuis le début de l'année, 1.600 rebelles ont déserté et leurs dirigeants ont de plus en plus de difficultés à contrôler le mouvement en raison des efforts déployés par l'armée pour perturber leurs communications.

Par Diane Heurtaut le 07 juillet 2008 à 21:15
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Monde
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience