Oussama Ben Laden © LCILa "guerre contre le terrorisme" a-t-elle vécu ? Une étude de la RAND Corporation, groupe de réflexion travaillant souvent pour l'armée américaine, se montre en tout cas très critique sur l'efficacité du concept dont le président George W. Bush a fait un usage immodéré dans ses discours appelant à la lutte contre Al-Qaïda.
"Les terroristes doivent être perçus et considérés comme des criminels (...) et notre analyse montre qu'il n'y a pas de solution au terrorisme sur le champ de bataille," souligne Seth Jones, principal auteur de l'étude. A l'appui de cette thèse, la RAND a étudié comment divers groupes terroristes avaient disparu depuis 1968 et déterminé que seuls 7% d'entre eux avaient été défaits militairement. Beaucoup ont été neutralisés par des accords politiques (43%), ou le recours aux forces de police et de renseignements (40%) pour capturer ou tuer leurs chefs.
La stratégie militaire n'a pas marché
Ce qui suggère qu'il faut "repenser fondamentalement la stratégie antiterroriste post 11-Septembre", note l'étude. Car pour l'heure, dans le cas d'Al-Qaïda, la stratégie militaire n'a pas marché, relève le rapport qui pointe du doigt la résurgence du groupe créé par Oussama ben Laden à la frontière pakistano-afghane sept ans après le 11-Septembre.
Police et renseignements "devraient constituer la colonne vertébrale des efforts américains", ces services étant mieux armés pour pénétrer les organisations terroristes et traquer leurs chefs, souligne l'étude. Par ailleurs, estime le rapport, "les forces militaires locales ont souvent plus de légitimité pour agir que les Etats-Unis, et une meilleure connaissance de l'environnement opérationnel". Et si l'armée américaine peut jouer un rôle décisif pour améliorer les capacités locales de lutte contre les insurgés, son intrusion dans des sociétés musulmanes risque au contraire de susciter des vocations terroristes.
D'après agence
Retour MYTF1
Chargement en cours...




