Raul Reyes, n°2 des FARC, tué par l'armée colombienne le 1er mars 2008 © TF1-LCIIngrid Betancourt et 14 autres otages des Farc ont été libérés mercredi dernier au cours d'une opération sans effusion de sang conduite par l'armée colombienne. Voilà pour le dénouement heureux d'une triste histoire qui a duré plus de six ans. Mais depuis, des révélations sur le côté obscur de l'affaire éclosent de part et d'autre de l'océan Atlantique.
Ainsi, selon la chaîne colombienne RCN, un courrier retrouvé dans l'ordinateur de l'ancien numéro 2 des Farc, Raul Reyes, tué en mars dans une opération de l'armée colombienne, indique que les Français ont été dupés alors qu'ils cherchaient à obtenir la libération de Mme Betancourt en 2003. Paris aurait ainsi versé une rançon, d'un montant non précisé, à des personnes dont l'appartenance aux Farc n'est pas établie . Une manœuvre qui, à l'évidence, a échoué.
Un avion français au Brésil
Dans ce courrier électronique cité par RCN, Reyes s'adresse à Noël Saez, l'un des deux émissaires chargés par la France, la Suisse et l'Espagne d'établir des contacts avec les Farc en vue de la libération des otages en Colombie. Reyes envoie aussi une copie du contenu de son courrier électronique au chef historique de la guérilla Manuel Marulanda, aujourd'hui décédé. Son message témoigne de sa perplexité : "Les raisons que vous aviez de remettre de l'argent pour la libération de Madame Ingrid Betancourt sans vous assurer auparavant des identités (des geôliers) et des garanties (...) demeurent inexpliquées", écrit Reyes à Saez, dans le courrier électronique cité.
La chaîne colombienne rappelle par ailleurs qu'en juillet 2003, 15 jours avant la date du courrier de Reyes, un avion militaire français avait atterri au Brésil près de la frontière colombienne dans l'espoir de récupérer Ingrid Betancourt.
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