Barack Obama et Shimon Peres, le 23 juillet 2008, à Jérusalem © TF1/LCI
"Je suis ici pour réaffirmer la relation spéciale entre Israël et les Etats-Unis, mon attachement indéfectible à sa sécurité, et mon espoir que je pourrais être un partenaire efficace, que ce soit en tant que sénateur ou en tant que président, pour qu'advienne une paix plus durable dans la région".
En visite mercredi en Israël, nouvelle étape de sa tournée internationale pour asseoir sa stature diplomatique, Barack Obama a été clair : s'il s'installe à la Maison-Blanche en janvier prochain, il poursuivra peu ou prou la même relation que les présidents américains entretiennent avec Israël depuis 1948.
"Miracle durable"
Objectif du candidat démocrate : balayer les craintes qu'il inspire à l'électorat juif américain -même s'il vote généralement pour le représentant du parti de l'âne (74% pour Kerry face à Bush en 2004), il est néanmoins plutôt volatile. Dans cette optique, Barack Obama a multiplié les louanges lors cette visite éclair de quinze heures. Reçu dans la matinée par le président Shimon Peres, il a par exemple parlé d'Israël comme d'un "miracle durable".
Il s'est ensuite rendu au mémorial de la Shoah à Yad Vashem, qu'il a visité coiffé d'une kippa. Sur le livre d'or, il a notamment écrit : "Que nos enfants viennent ici pour connaître cette histoire afin qu'ils puissent à leur tour proclamer 'plus jamais cela'". Il est également allé à Sdérot, la ville du sud d'Israël qui était la cible régulière d'attaques de roquettes palestiniennes jusqu'à l'entrée en vigueur d'une trêve le 19 juin entre Tsahal et le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza. Lors d'une conférence de presse donnée aux côtés de Tzipi Livni, la ministre israélienne des Affaires étrangères, il a alors également abordé le problème iranien, affirmant que "le monde devait empêcher" Téhéran d'acquérir l'arme nucléaire.
Plus que McCain avec les Palestiniens
Barack Obama s'est aussi livré à un exercice de haute voltige diplomatique en rendant visite à Mahmoud Abbas, le président palestinien. Le mois dernier, il avait en effet consterné les Palestiniens en estimant que Jérusalem devait rester la capitale "indivisible" d'Israël -face au tollé, il avait depuis assuré s'être "mal exprimé".
En rejoignant le palais présidentiel de Ramallah par la route, le sénateur de l'Illinois a pu constater de visu l'impressionnant "mur" de béton érigé par Israël pour se protéger des attentats palestiniens ainsi que la poursuite de la construction de logements dans les colonies juives, considérées comme illégales par Washington, autour de Jérusalem. Selon Saëb Erakat, l'un des principaux négociateurs palestiniens, il a affirmé qu'il soutenait une solution pacifique pour le conflit israélo-palestinien et qu'il en serait un "acteur important" s'il est élu.
Afin d'éviter de donner trop d'éclat à ce déplacement pour ne pas froisser les Juifs américains, Barack Obama s'est abstenu de toute déclaration publique en compagnie de Mahmoud Abbas, se contentant d'une simple poignée de mains devant les caméras. Une poignée de mains que n'avait néanmoins pas pu avoir Mahmoud Abbas avec John McCain. En mars, lors d'une tournée identique, le candidat républicain avait tout simplement séché l'étape dans les Territoires palestiniens.
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