Obama glisse à droite

Par , le 17 juillet 2008 à 17h20 , mis à jour le 18 juillet 2008 à 09h42

Depuis son investiture, le candidat démocrate a infléchi plusieurs de ses positions afin de séduire l'électorat centriste.

obama discours caroline du nord 6 maiBarack Obama, le 6 mai 2008 © TF1/LCI

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"Les primaires se gagnent aux extrêmes, l'élection générale se gagne au centre". Tous les quatre ans, le credo revient comme un leitmotiv. Malgré sa volonté de changement et de rompre les pratiques anciennes, Barack Obama semble ne pas y échapper. Depuis qu'il a obtenu l'investiture démocrate, le sénateur de l'Illinois a en effet infléchi sa position sur plusieurs sujets et s'est montré prudent sur plusieurs autres (voir ci-dessous).
 
Les raisons de ce "recentrage" et de ce retour à la "real-politik" sont évidentes : pour espérer battre John McCain, il lui faut rassurer à la fois les électeurs indépendants, qui apprécient beaucoup le prétendant républicain, et ceux de l'Amérique profonde, qui lui ont déjà fait défaut lors des primaires démocrates face à Hillary Clinton. Son autre cible : les républicains déçus de la candidature de John McCain, trop centriste à leurs yeux. Certains ironisent sur ce virage en feignant de se demander si le héraut du changement que se veut Obama n'était pas devenu un simple conservateur comme le parti démocrate sait également en produire, notamment dans le Sud du pays.
 
En fait, comme tout politicien ordinaire, Barack Obama se retrouve coincé entre son idéal et la pratique. C'est notamment le cas en matière de politique étrangère où même si sa diplomatie serait forcément plus souple sur la forme que celle de George W. Bush, elle ne serait pas si fondamentalement différente sur le fond. Au risque de décevoir une bonne partie de ses supporters étrangers.

  • IRAK

Barack Obama s'est toujours opposé à la guerre -même s'il n'a pas eu à voter contre en 2003, puisqu'il ne siégeait pas encore au Sénat. C'est d'ailleurs l'un des arguments majeurs de sa campagne face à John McCain. C'est sur la gestion du conflit à partir du 20 janvier 2009, date de l'entrée en fonctions du futur président, que le sénateur de l'Illinois hésite. Pendant longtemps, il s'était prononcé pour un retrait quasi-immédiat des troupes américaines et contre le maintien de toute présence militaire sur place.

Petit à petit, face aux remarques de l'état-major, il a infléchi sa position et envisage un retrait étape par étape qui prendrait fin à l'été 2010 et le maintien d'"une force résiduelle qui aurait des missions limitées : poursuivre les restes d'al-Qaïda en Mésopotamie, protéger les services américains et, tant que les Irakiens feront des progrès politiques, entraîner les forces de sécurité irakiennes".

  • CONFLIT ISRAELO-PALESTINIEN

Le 4 juin, au lendemain de la fin des batailles démocrates et avant le retrait officiel d'Hillary Clinton, Barack Obama prononçait un discours devant le principal lobby juif aux Etats-Unis. Un moment important dans l'optique de gagner le vote de la communauté. Même s'il est dans l'ensemble plutôt acquis aux démocrates -74% pour Kerry en 2004 face à Bush-, c'est aussi l'un des plus versatiles. Les derniers sondages montrent ainsi que les Juifs américains ont tendance à devenir plus conservateurs. Autre donnée importante : pendant les primaires, il s'était lourdement incliné face à Hillary Clinton.

Résultat : lors de son discours, le sénateur de l'Illinois s'était posé sur une ligne ouvertement favorable à Israël. Pour la première fois, il avait ainsi affirmé que Jérusalem devait "rester la capitale d'Israël" et "demeurer indivisible". Se basant sur une position classique et très proche de l'administration Bush, il estimait donc de fait qu'Israël ne devrait pas revenir dans ses frontières de 1967 avant la guerre des Six Jours et que le futur Etat palestinien ne devrait pas avoir Jérusalem comme capitale -ces deux conditions sont considérées comme indispensables par les Palestiniens. Il s'était également félicité des "liens indestructibles" entre les Etats-Unis et Israël. "Ceux qui menacent Israël nous menacent", avait-t-il asséné, dans une référence implicite à l'Iran, ajoutant souhaiter "isoler" le Hamas jusqu'à ce que l'organisation renonce au terrorisme, reconnaisse à Israël le droit d'exister et se soumette aux accords passés.

  • PEINE DE MORT

Sur ce thème de société qui ne fait pas débat aux Etats-Unis, Barack Obama ne s'est jamais démarqué de la pensée américaine : il est pour (un candidat qui annoncerait aujourd'hui qu'il ferait voter l'abolition signerait là son acte de défaite). Néanmoins, une récente décision de la Cour suprême aurait pu lui permettre de se montrer plus flexible. La plus haute instance judiciaire a en effet interdit la peine capitale pour les violeurs d'enfants qui n'ont tué personne.

Réponse de Barack Obama : "Je pense que le viol d'un petit enfant, de 6 ou 8 ans, est un crime hideux et si un Etat décide que dans des circonstances réduites, limitées, et bien définies, la peine de mort est au moins potentiellement applicable, ça, ça ne viole pas notre Constitution". 

 

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Par Fabrice Aubert le 17 juillet 2008 à 17:20
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11 Commentaires

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  • DOMIE94, le 25/07/2008 à 13h38

    Concernant la madanture de 8 ans de Bush cela à été plus que nul, une catastrophe pour les états unis, et pour le reste du monde, il est grand que cela change, et cela n'est pas d'un sondage des parlementaire, mais bien mon opinion personnelle. Avec B OBAMA, nous allons vers de nouveaux espoirs, mais espérons qu'il ne finissent pas comme JFK. Car malrgré sa popularité grandissante, il en dérange plus d'un. Entre un N SARKOZY et un B OBAMA, il va falloir ouvrir les yeux et être près à se bouger les fesses. Car le monde va bouger mais ils ne peuvent pas faire tout tous seul, il faut que les peuples les suivent, je fais confiance aux Américains, mais les Français me laissent septiques , ils réclament à cors et à cris le changement, mais quand il est là, ils ferment portes et fenêtre. Allons compatriotes un peu de courage.

  • MoÎse MALEMOUSSA, le 20/07/2008 à 10h16

    L'élection américaine se joue avec les forces en présence. Elle est fragile et oblige les candidats à infléchir leur position pour rallier le plus de monde. En matière de politique étrangère l'amérique reste unie et ne parle que d'une seule voix. Il n'y aura pas de changement spectaculaire en matière de polititique intérieure car les etats unis aiment bien creuser les fossées entrent les riches et les pauvres. A suivre...

  • Lucien, le 18/07/2008 à 15h36

    Si le titre est accrocheur, la fameuse dialectique Droite/Gauche est une clé de décodage franco française usée qui ne s'applique absolument pas aux USA (et sans doute pas plus à la France du 21ème siècle, d'ailleurs). Ceci écrit, pour corriger le post de Cyril qui s'abandonne à la mythologie anti américaine primaire ; il y a aux USA des partis de "gauche", communistes (et même nazis) aussi officiels que marginaux, conformément à la liberté de pensée inscrite dans la constitution US. Quant au parti démocrate, sait on, qu'il était, pendant la guerre de sécession, majoritairement pro esclavagiste et sudiste alors que le parti républicain, nordiste, suivait Lincoln et voulait libérer les noirs ? Enfin John McCain est beaucoup trop libéral (traduction française "à gauche") pour plaire aux néo conservateurs Bushistes. Pas simple la politique américaine vue par le petit bout de la lorgnette.

  • Val, le 18/07/2008 à 14h49

    Honnetement, comment juger la politique américaine en la comparant aux partis français. On ne peut pas parler de droite et gauche car ce n'est pas ça et c'est plutôt simpliste. Au moins utilisez les bons termes soit républicains ou démocrates!

  • Mikael, le 18/07/2008 à 13h51

    Dom Hillary clinton n'avait aucune chance contre Mc Cain.Comme le disait Jean Jacques le rivage gauche droite n'existe pas au USA .En ce qui concerne l'investiture democrate de Barrack Obama, je pense qu'il sera un tres bon president compare aux 8 ans de la presidence du president le plus nul de l'histoire des USA ce n'est pas de moi mais des parlementaires lors d'un sondage.

  • Starhunter, le 18/07/2008 à 13h11

    Obama EST de droite !!! Arrêtez SVP de sous entendre qu'il est de gauche. Il n'y a pas de gauche aux USA. Sur l'echiquier politique, le parti démocratique américain et son programme sont à la droite de l'UMP.

  • P!mpim, le 18/07/2008 à 12h23

    Je pense ... et sa reste mon opinion ... que, à certains niveau comme celui de la Présidence les conflits d'intérêts sont puissants et oppressants, complexes ... il faut faire des compromis et travailler sous le principe de la démocratie, donc accepter les idées de tout le monde , les contenter ... sinon on ne peut rien faire du tout ...et a terme on fait bouger le système ... il n'est pas possible d'agir radicalement ... le citoyen de base se méprend ... la bêtise est de dire par exemple ... je vais retirer les forces en Irak ... OK ... mais c'est un objectif qui prend du temps, l'électeur veut que sa agisse de suite et comme il pense ... quel égoïsme et surtout quel manque de réalisme !!! que l'électeur balaie devant sa porte ... lorsqu'une tierce personne lui demande d'exécuter quelque chose et qu'il ne peut le faire immédiatement avec un résultat optimum, est il aussi regardant dans ce cas et critique quand cela s'applique à lui ... un peu d'honnêteté messieurs les démagogues, ou alors ... prenez sa place si vous êtes si "compétents" que cela ... c'est marrant sa me rappelle un peu ce que demande les Français à leur Président ... "on veut tout tout de suite", vous faites toujours ce qu'on vous demande sur le champ ???!! a bon entendeur ^^

  • Cyril, le 18/07/2008 à 10h33

    C'est quoi ce titre ? Aux USA il n'y a que la droite, une un peu plus dure que l'autre et encore, c'est quasi du parti unique. Ce titre sous entends qu'il y aurait une gauche aux USA, une gauche comme on l'entends ici, c'est un mensonge. Eisenhower doit se retourner dans sa tombe, sa prédiction s'est réalisé, sa mise en garde n'a pas été entendue, et maintenant, la politique US est aux mains des marchands de canon et de pétrole.

  • Louis, le 18/07/2008 à 09h23

    Un démagogue de plus, il va là ou le vent tourne.

  • Dom 92, le 18/07/2008 à 09h17

    Quoi de surprenant. Il est comme beaucoup, un arriviste. Finalement les électeurs démocrates pourront regretter leur choix, Hilary Clinton aurait eu plus de chance face à Mc Cain.

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