Barack Obama persiste et signe. Mi-juin, lors d'un discours prononcé le jour de la fête des pères, le candidat démocrate avait appelé tous les hommes concernés, et surtout les Noirs, à prendre leurs responsabilités dans les familles en perdition et les quartiers difficiles (cliquez ici pour voir la vidéo). Né d'un père kenyan et d'une mère blanche, sans lien réel avec les Afro-Américains descendants d'esclave, il avait alors été vivement critiqué par les leaders de la communauté.
Le point culminant avait été atteint jeudi avec Jesse Jackson. Sans savoir que ses propos étaient enregistrés, le pasteur, figure emblématique des Noirs américains, lui-même ancien candidat aux primaires démocrates en 1984 et 1988, avait déclaré, que le sénateur de l'Illinois s'était "mal adressé aux Noirs" en employant un "ton paternaliste". "Je veux lui couper les c...", avait-il ajouté, avant de devoir s'excuser tous azimuts dans les medias (cliquez ici pour voir la vidéo).
Barack Obama avait alors accepté ces excuses. Mais il a tenu à mettre les points sur les i lundi soir devant la NAACP, la plus importante association noire américaine de défense des droits civiques. Il a tout d'abord admis que ses propos avaient peut-être été trop fermes. "Maintenant, je sais que j'ai été trop sévère envers les parents sur cette question de responsabilité". Avant d'ajouter : "Mais je ne vais pas arrêter d'aborder la question".
"En faire plus"
S'il est plus souple sur la forme, son mot d'ordre sur le fond envers les Noirs reste donc inchangé : même s'ils sont désavantagés, ils doivent "en faire plus", plutôt que de pointer du doigt ce qui ne va pas ailleurs -référence implicite au célèbre "ne vous demandez ce que peut faire votre pays pour vous, mais ce que vous pouvez faire pour votre pays" de John Kennedy. "Cela commence par apprendre à nos filles à ne jamais laisser des images à la télévision leur dire ce qu'elle valent; et à apprendre à nos fils à traiter les femmes avec respect et à réaliser que les responsabilités ne prennent pas fin avec la conception ; que ce qui les rend hommes ce n'est pas leur faculté à avoir un enfant, mais le courage de l'élever", a notamment lancé Barack Obama.
Pour étayer son discours, il a jugé que les maux économiques qui frappent la communauté noire -couverture maladie, écoles publiques et inégalités salariales- étaient des échecs de Washington et de Wall Street. "Il nous faut demander plus de responsabilités à Washington. Il nous faut écarter les intérêts particuliers et permettre aux voix du peuple américain de retentir", a-t-il expliqué. Mais en contrepartie, il a asséné qu'il "nous fallait aussi demander davantage de responsabilités pour nous-mêmes".
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