Le bilan de la tournée d'Obama à la Une du Figaro (26 juillet 2008) © TF1/LCILe constat est partagé par toute la presse française : samedi matin, les principaux journaux ont souligné le "triomphe" remporté en Europe par le candidat démocrate à la présidentielle américaine... tout en observant que sa popularité sur le vieux continent ne lui assure pas la victoire sur le nouveau.
"Son triomphe européen ne fait pas automatiquement de lui le prochain président des Etats-Unis" estime Pierre Rousselin du Figaro qui rappelle qu'il "va devoir veiller à ne pas ajouter son nom à la longue liste des hommes politiques devenus, au fil du temps, plus populaires à l'étranger que dans leur propre pays : Tony Blair, Mikhaïl Gorbatchev, Lech Walesa..." Dans La Voix du Nord, Hervé Favre n'a aucun doute : "si les Européens pouvaient élire le président des Etats-Unis, il n'y aurait guère de suspense sur le nom du prochain locataire de la Maison- Blanche". Dominique Garraud (La Charente Libre) fait chorus : " Si les élections américaines se déroulaient en Europe, Barack Obama serait élu triomphalement par les électeurs de Varsovie à Londres en passant par Paris".
Obama a-t-il vraiment la fibre pro-européenne ?
Mais les éditorialistes restent pragmatiques, tel Hervé Cannet (La Nouvelle République du Centre-ouest) qui juge que "ce n'est pas l'Europe qui votera en novembre !" Roger Antech note dans Nice Matin qu'accueilli "en rock star en Allemagne, Obama a ainsi vu que son charme agissait en France". Mais il ajoute : "Al Gore puis Kerry, ce pays mise souvent sur les loosers. Le vote des Français est rarement celui des Américains."
D'aucuns observent "l'espérance" dont le démocrate est porteur en Europe. Parmi eux Rémi Godeau (L'Est Républicain) pense que "l'Obamania fait des ravages". Lui aussi observe qu'en "une étrange projection, les jeunes du Vieux Continent voient dans la réussite hors norme de ce métis la preuve que tout est possible".
Pierre Fréhel du Républicain Lorrain juge qu'on "ne peut oublier à Paris que c'est à Berlin (...) que le candidat démocrate à la Maison-Blanche a choisi de prononcer son grand discours européen", et de s'interroger : "l'équipe Obama a-t-elle simplement tiré les conclusions de la prédominance de l'Allemagne sur le Vieux continent et de l'affaiblissement relatif de la France ?" Frank De Bondt va plus loin. Dans Sud-Ouest, il affirme que "la France ferait bien de s'inquiéter de la différence de traitement accordée par l'équipe Obama à Berlin, étape privilégiée du voyage en Europe, et à Paris, où l'impressionnante caravane n'a fait que passer en route pour Londres." Enfin, dans Les Dernières Nouvelles d'Alsace, Olivier Picard doute qu'Obama, malgré son succès ici, ait la fibre pro-européenne. "Quand il parle enfin aux Européens, c'est pour leur demander leur soutien", regrette-t-il.
D'après agence
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