© AFPLe président bolivien Evo Morales peut être rassuré. Il a remporté dimanche une nette victoire qui le confirme dans sa fonction, lors d'un référendum révocatoire destiné à renforcer son assise politique pour sortir la Bolivie de l'impasse. Le président socialiste Evo Morales, d'origine indienne, a été confirmé avec son vice-président par plus de 63% de "oui", a annoncé la télévision ATB. La chaîne privée, PAT, le crédite aussi de plus de 63% de votes favorables.
Par contre le principal adversaire du président, le gouverneur de Santa Cruz (est), Ruben Costas (libéral) a été aussi amplement confirmé dans sa fonction avec 69% indique la chaîne ATB.
Du balcon du palais présidentiel, Evo Morales a déclaré à la foule qui fêtait la victoire, qu'il demeurait à son poste "pour avancer dans la récupération des ressources naturelles et consolider la nationalisation". Il a aussi présenté ses "respects aux gouverneurs" confirmés, dont cinq sont des opposants. De son côté, le gouverneur de Santa Cruz Ruben Costas, principal opposant libéral, a demandé au gouvernement de ne "pas promouvoir son projet de Constitution, sinon il sera dans une impasse". Santa Cruz Ruben Costas a jugé que "l'autonomie avait gagné" en hurlant à quelques milliers de partisans brandissant le drapeau blanc et vert de Santa Cruz: "le lion a rugit: Démocratie et Liberté".
Impasse politique et division
Deux adversaires politiques du gouvernement socialiste ont perdu: Jose-Luis Paredes (social-démocrate) à La Paz et son collègue de Cochabamba (centre) Manfred Reyes, un ancien officier qui ne veut pas reconnaître le référendum et a déclaré rester à son poste, malgré sa défaite. Le gouverneur d'Oruro (sud), partisan d'Evo Morales n'a pas été confirmé, à cause notamment de sa gestion locale. Dans les capitales des régions ayant ratifié leur gouverneur, les habitants sont descendus dans les rues et ont commencé à fêter leur victoire sur les places principales, en agitant des drapeaux, en chantant et en formant des rondes.
Le ministre de l'Intérieur, Alfredo Rada, a affirmé que le scrutin s'était déroulé dans le calme, évoquant des "incidents isolés" comme la disparition de bulletins de votes dans un bureau de Yucumo dans la région du Beni (nord). Le président Morales a voté au Chapare (est de La Paz), une zone de plantation de coca qui constitue son bastion électoral, entouré de deux de ses enfants Alvaro et Evaliz, âgés d'une douzaine d'années. L'apparition d'Evo avec deux enfants a surpris les journalistes locaux, le président étant officiellement célibataire et peu enclin à évoquer sa vie privée. Le scrutin s'est déroulé calmement à La Paz, la capitale, ainsi qu'à El Alto, la banlieue populaire très favorable au président indigène. Pour sortir la Bolivie de l'impasse politique et de la division, Evo Morales, premier président indigène de ce pays andin pauvre peuplé de 10 millions d'habitants, avait organisé, 32 mois après son arrivée au pouvoir, ce référendum révocatoire pour relancer sa politique, enlisée par le manque de dialogue avec l'opposition.
(D'après agence)
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