© AFP / C. Kennedy
Retrouvez les principaux extraits du discours,
traduits en français,
"J'ai fait un rêve", lançait, il y a 45 ans tout juste, dans un discours devenu historique, le champion de la cause des droits civiques que devait couronner le prix Nobel de la Paix, Martin Luther King. Si Barack Obama, dans son discours d'acceptation de la candidature démocrate à la Maison Blanche, n'a pas repris la rhétorique du pasteur noir devenu emblématique pour tous les Afro-américains des Etats-Unis, la référence à Martin Luther King était bien présente, ce jeudi, dans le stade de Denver. Les spectateurs ont pu, tout d'abord, entendre de longs extraits du discours du pasteur baptiste. Son fils, Martin Luther King III, a aussi affirmé que son père serait "fier" d'Obama. Et c'est devant un public chauffé à blanc et tout pétri de références au rêve américain que le jeune sénateur de l'Illinois a fait son show.
Un grand spectacle organisé à la façon d'un concert rock (cliquez ici pour le témoignage de notre envoyé spécial), où ne manquaient ni le public en délire (75.000 personnes réunies dans le grand stade), ni les invités prestigieux comme Stevie Wonder ou Sheryl Crow, ni les grands écrans, ni le pupitre escamotable, ni les feux d'artifice, mais qui n'a en rien nui à l'émotion se dégageant du discours d'Obama. "Avec une profonde gratitude et une grande humilité, j'accepte votre nomination pour la présidence des Etats-Unis", a-t-il lancé dès son arrivée, salué par un grand cri de la foule, avant de se lancer, pendant trois quarts d'heure, dans un discours d'appel à l'unité du peuple américain, et de défense et d'illustration de "la promesse américaine : l'idée que nous sommes responsables de nous-mêmes mais aussi que nous tombons et nous relevons comme un seul pays".
"Chacun d'entre nous peut atteindre son rêve"
S'il avait annoncé avant son discours qu'il ne comptait pas se "lancer dans un flot de rhétorique", Barack Obama a pourtant une nouvelle fois laissé libre cours à son éloquence. "C'est cette promesse qui a toujours fait de ce pays un pays pas comme les autres", a-t-il notamment lancé. "Si on travaille dur et que l'on fait des sacrifices, chacun d'entre nous peut atteindre son rêve et au-delà se rassembler dans la grande famille américaine pour s'assurer que la prochaine génération pourra à son tour poursuivre ce rêve. C'est pourquoi je suis là ce soir. Parce que depuis 232 ans (depuis l'indépendance américaine) à chaque fois que ce rêve a été menacé, des hommes et des femmes ordinaires, des étudiants et des soldats, des paysans et des enseignants, des infirmières et des balayeurs ont trouvé le courage de maintenir ce rêve en vie".
Mais derrière le show, c'est toujours la dureté de la campagne présidentielle qui se profile. Barack Obama a donc rendu hommage aux anciens adversaires du camp Clinton : tout d'abord à Hillary, "championne de la cause des travailleurs et inspiration pour mes filles et les vôtres", puis à son mari. Il a aussi salué le sénateur vétéran Ted Kennedy. Et il n'a pas oublié les nécessaires piques à l'adversaire présent, John McCain.
"Plus de moyens et plus de militaires" pour l'Afghanistan
Il a ainsi tenu à se démarquer sur le plan de la politique internationale, un thème sur lequel la stature de McCain fait incontestablement de l'ombre au candidat démocrate : "Quand John McCain défend le statu quo en Afghanistan, je propose d'envoyer plus de moyens et plus de militaires pour finir le combat contre les terroristes qui nous ont attaqués le 11 septembre", a lancé Obama (cliquez ici pour voir cet extrait). Mais il a aussi mêlé référence à l'engagement américain à l'étranger et politique sociale : "En tant que commandant en chef, je n'hésiterai jamais à défendre ce pays, mais j'enverrai nos soldats risquer leur vie seulement pour une mission claire et avec l'engagement sacré qu'ils auront tout l'équipement nécessaire pour combattre et qu'ils bénéficieront des soins et des aides qu'ils méritent quand ils rentreront".
Le discours social n'était pas absent : "Notre gouvernement devrait travailler pour nous, pas contre nous. Il devrait nous aider, pas nous faire du mal. Il devrait ouvrir des opportunités, non pas seulement à ceux qui ont argent et influence, mais à tous ceux qui sont prêts à travailler". Avec, en prime, le nécessaire rappel à certaines maladresses du candidat républicain : "Je ne pense pas que le sénateur McCain se moque de ce qui se passe dans la vie des Américains. Je pense simplement qu'il ne le sait pas. Autrement, pourquoi définirait-il la classe moyenne comme ceux qui gagneraient moins de 5 millions de dollars par an ?"
La réponse de l'intéressé n'a pas tardé. Si McCain est apparu dans un spot où, beau joueur, il félicitait son adversaire nouvellement investi (cliquez ici pour voir ce clip), son porte-parole, dans un communiqué diffusé à la fin du discours d'Obama à Denver, a contre-attaqué : "Ce soir, les Américains ont assisté à un discours trompeur qui était en contradiction fondamentale avec le maigre bilan de Barack Obama. Barack Obama n'est toujours pas prêt à devenir président, cela n'a pas changé".
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