L'ode d'Obama à la "promesse américaine"

Par Franck LEFEBVRE-BILLIEZ, le 29 août 2008 à 06h22 , mis à jour le 29 août 2008 à 10h57

Dans un discours de 45 minutes prononcé à Denver devant 75.000 partisans en délire, Barack Obama a accepté et endossé le rôle de candidat démocrate à la Maison Blanche.

[Expiré] [Expiré] Barack Obama saluant les délégués avant son discours d'acceptation de la candidature démocrate (28 août 2008) © AFP / C. Kennedy

picto papier election americain 140Retrouvez les principaux extraits du discours,
traduits en français
,

"J'ai fait un rêve", lançait, il y a 45 ans tout juste, dans un discours devenu historique, le champion de la cause des droits civiques que devait couronner le prix Nobel de la Paix, Martin Luther King. Si Barack Obama, dans son discours d'acceptation de la candidature démocrate à la Maison Blanche, n'a pas repris la rhétorique du pasteur noir devenu emblématique pour tous les Afro-américains des Etats-Unis, la référence à Martin Luther King était bien présente, ce jeudi, dans le stade de Denver. Les spectateurs ont pu, tout d'abord, entendre de longs extraits du discours du pasteur baptiste. Son fils, Martin Luther King III, a aussi affirmé que son père serait "fier" d'Obama. Et c'est devant un public chauffé à blanc et tout pétri de références au rêve américain que le jeune sénateur de l'Illinois a fait son show.

Un grand spectacle organisé à la façon d'un concert rock (cliquez ici pour le témoignage de notre envoyé spécial), où ne manquaient ni le public en délire (75.000 personnes réunies dans le grand stade), ni les invités prestigieux comme Stevie Wonder ou Sheryl Crow, ni les grands écrans, ni le pupitre escamotable, ni les feux d'artifice, mais qui n'a en rien nui à l'émotion se dégageant du discours d'Obama. "Avec une profonde gratitude et une grande humilité, j'accepte votre nomination pour la présidence des Etats-Unis", a-t-il lancé dès son arrivée, salué par un grand cri de la foule, avant de se lancer, pendant trois quarts d'heure, dans un discours d'appel à l'unité du peuple américain, et de défense et d'illustration de "la promesse américaine : l'idée que nous sommes responsables de nous-mêmes mais aussi que nous tombons et nous relevons comme un seul pays".

"Chacun d'entre nous peut atteindre son rêve"

S'il avait annoncé avant son discours qu'il ne comptait pas se "lancer dans un flot de rhétorique", Barack Obama a pourtant une nouvelle fois laissé libre cours à son éloquence. "C'est cette promesse qui a toujours fait de ce pays un pays pas comme les autres", a-t-il notamment lancé. "Si on travaille dur et que l'on fait des sacrifices, chacun d'entre nous peut atteindre son rêve et au-delà se rassembler dans la grande famille américaine pour s'assurer que la prochaine génération pourra à son tour poursuivre ce rêve. C'est pourquoi je suis là ce soir. Parce que depuis 232 ans (depuis l'indépendance américaine) à chaque fois que ce rêve a été menacé, des hommes et des femmes ordinaires, des étudiants et des soldats, des paysans et des enseignants, des infirmières et des balayeurs ont trouvé le courage de maintenir ce rêve en vie".

Mais derrière le show, c'est toujours la dureté de la campagne présidentielle qui se profile. Barack Obama a donc rendu hommage aux anciens adversaires du camp Clinton : tout d'abord à Hillary, "championne de la cause des travailleurs et inspiration pour mes filles et les vôtres", puis à son mari. Il a aussi salué le sénateur vétéran Ted Kennedy. Et il n'a pas oublié les nécessaires piques à l'adversaire présent, John McCain.

"Plus de moyens et plus de militaires" pour l'Afghanistan

Il a ainsi tenu à se démarquer sur le plan de la politique internationale, un thème sur lequel la stature de McCain fait incontestablement de l'ombre au candidat démocrate : "Quand John McCain défend le statu quo en Afghanistan, je propose d'envoyer plus de moyens et plus de militaires pour finir le combat contre les terroristes qui nous ont attaqués le 11 septembre", a lancé Obama (cliquez ici pour voir cet extrait). Mais il a aussi mêlé référence à l'engagement américain à l'étranger et politique sociale : "En tant que commandant en chef, je n'hésiterai jamais à défendre ce pays, mais j'enverrai nos soldats risquer leur vie seulement pour une mission claire  et avec l'engagement sacré qu'ils auront tout l'équipement nécessaire pour combattre et qu'ils bénéficieront des soins et des aides qu'ils méritent quand ils rentreront". 

Le discours social n'était pas absent : "Notre gouvernement devrait travailler pour nous, pas contre nous. Il devrait nous aider, pas nous faire du mal. Il devrait ouvrir des opportunités, non pas seulement à ceux qui ont argent et influence, mais à tous ceux qui sont prêts à travailler". Avec, en prime, le nécessaire rappel à certaines maladresses du candidat républicain : "Je ne pense pas que le sénateur McCain se moque de ce qui se passe dans la vie des Américains. Je pense simplement qu'il ne le sait pas. Autrement, pourquoi définirait-il la classe moyenne comme ceux qui gagneraient moins de 5 millions de dollars par an ?"

La réponse de l'intéressé n'a pas tardé. Si McCain est apparu dans un spot où, beau joueur, il félicitait son adversaire nouvellement investi (cliquez ici pour voir ce clip), son porte-parole, dans un communiqué diffusé à la fin du discours d'Obama à Denver, a contre-attaqué : "Ce soir, les Américains ont assisté à un discours trompeur qui était en contradiction fondamentale avec le maigre bilan de Barack Obama. Barack Obama n'est toujours pas prêt à devenir président, cela n'a pas changé". 



RENDEZ-VOUS LCI.FR

- Suivez la campagne dans notre dossier spécial

- Les anecdotes de la campagne avec le blog de nos correspondants à Washington

- McCain, Nader ou McCain : pour qui voteriez-vous ? Faites notre test !

- Connaissez-vous les Etats-Unis ? La réponse avec notre jeu de l'été 

Par Franck LEFEBVRE-BILLIEZ le 29 août 2008 à 06:22
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Monde
  

25 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Ben, le 29/08/2008 à 19h12

    Pour repondre a Jerome de Paris, qui dit qu'aux Etats-Unis les medias font de la propagande pour John McCain contre Barack Obama, on voit que vous habitez a Paris Jerome........ parceque moi, habitant en Arizona, pourtant l'etat de John McCain, je commence a faire une serieuse overdose de Barack Obama dans les medias, on entend parler que de lui en permanence (je sais pas ce que ferait CNN,etc sans Barack obama), et je pense que les gens commencent a en avoir un peu raz-le-bol de cette overdose mediatique.... (vivement que les republicains fassent leur convention aussi qu'on entende parler enfin de "l'autre" candidat!) Il est vrai qu'Obama donne une impression de renouveau, et peut etre d'espoir pour certains, cependant, lui qui voulait montrer l'exemple et ce degager des vieux de washington en a choisi un comme VP, alors que McCain vient de choisir une femme, gouverneur de l'alaska... Pour finir, ca me fait halluciner de voir que les francais en sont encore a "les americains sont racistes, ils voteront pas pour Obama", ce qui pensent ca sont completement a cote de la plaque! si ils etaient pas pres a voter pour lui, il en serait pas la! faut arreter avec ca... a ce moment la, ca veut dire qu'on est un peuple de mysogine parcequ'on a pas choisi Sego comme presidente....dieu merci non, c'est juste qu'elle etait pas competente (comment aurait elle gerer les conflits internationaux? ah oui, elle aurait demander aux francais ce qu'elle doit faire...pfff on aurait eu l'air fin...et peut importe ce que vous pensez de Sarkozy, au point de vue international, les francais on regagner le respect des USA grace a lui, ils l'adorent, et franchement c'est genial d'etre un frenchy aux states!)

  • Benjamin, le 29/08/2008 à 16h33

    A ceux qui sont mécontents du fait que les médias ne mentionnent qu'Obama en ce moment, c'est tout simplement parce que la Convention Démocrate est cette semaine. Quand la Convention Républicaine battra son plein, on n'entendra parler que de McCain. Vous remarquerez d'ailleurs que le camp McCain s'est plutôt tu cette semaine, pour laisser les médias aux Démocrates. Le temps venu, les Démocrates feront la même chose.

  • Pierrelorrainedu57, le 29/08/2008 à 15h34

    Comment y s'appelle l'adversaire d'Obama ? Y en a bien un au moins ? Franchement ca bientôt être une overdose barackienne ... ce qui va profiter à Mc Cain....

  • Zag, le 29/08/2008 à 14h29

    Pourqoi presentez vous BARAK obama comme un NOIR VOUS LES JORNALISTES.Sa maman était blanche et il a été élevé par ses grands parents blancs.Heureusement que les vrais journalistes du MONDE le raconte en toute honneté.Bien sur la grand mère KEYNIENNE CELA FAIT PLUS EXOTIQUE

  • Jérôme, le 29/08/2008 à 14h05

    Il est évident, que nous européens sommes pro-Obama ; et c'est logique, puisque nous savons que, lui seul, peut tenter de retourner une situation catastophique, créée par l'équipe Bush, durant 8 ans. Et les gens oublient que, ce qui se décide là-bas a de fatales répercussions chez nous. Le problème est que, si les médias européens ne parlent que d'Obama, aux USA, les médias, font la propagande de Mc Cain, et sont en train de manipuler l' opinion publique. Oui Obama ferait un excellent président, et figurerait parmi les plus grands hommes de l'histoire. Mais dans ce monde cynique, arrogant, vénal, et plus que jamais agressif, il n'a malheureusement pas sa place. Au secours !

  • Olivier, le 29/08/2008 à 13h37

    Les critiques contre Obama sont digne de celle de Mc Cain, Obama est l'homme qu'il faut à la "maison blanche", Mc Caib est un vieux croulant de 72 ans et il est pire que bush!!! Obama président, "yes, we can"

  • Laurent, le 29/08/2008 à 13h30

    Oui il y a aussi le candidat d'en face, malheureusement...

  • Benjamin, le 29/08/2008 à 12h59

    @Sophie, Bruxelles.Avez-vous suivie son discours cette nuit ou vous vous contenter de lire les autres? Il a fait un abstract(=resumé) de son programme, alors que Mccain est le nominé du GOP depuis mars2008 et on constate qu'il prefère parler d'Obama que de son plan pour les USA et le monde.

  • Arno, le 29/08/2008 à 12h42

    Est-ce de façon délibérée que les journalistes ignorent systématiquement McCain ? On a l'impression qu'il n'y a qu'un seul candidat... Je me demande si les journalistes ne se préparent pas un coup éditorial en jouant avec la surprise de l'élection de McCain (qui, contrairement à ce que laisse penser le traitement qu'on lui accorde, a toutes ses chances d'être élu...).

  • Bob, le 29/08/2008 à 12h07

    Antoine, vous parlez du "cirque" américain, mais vous oubliez le cirque Sarkozyen, cf. les millions dépensés pour sa seule intronisation à la tête de l'UMP, entre autres dépenses somptuaires dont on pourrait se passer en période de vaches maigres et de caisses vides...

Lire tous les commentaires

      logAudience