Le candidat républicain devait se rendre dans le Mississippi avec sa colistière Sarah Palin © DRBranle-bas de combat politique à l'approche de l'ouragan Gustav (lire notre article : les habitants de la Nouvelle-Orléans fuient), dont les premiers vents sont attendus lundi soir. Pour ne pas réitérer la mauvaise gestion de l'ouragan Katrina, il y a trois ans, la Maison-Blanche a annoncé dimanche que le président George W. Bush serait absent de la convention républicaine qui censée débuter lundi à St Paul en raison de l'ouragan.
"A la lumière de ces événements (...) Je me rendrai au Texas demain (lundi) pour visiter un centre d'opérations de secours à Austin", où sont coordonnées les opérations de secours pour l'ouragan Gustav, et "à San Antonio", où du matériel de secours d'urgence est stocké, a précisé à la presse le président Bush à l'issue d'une réunion avec l'Agence fédérale de gestion des situations d'urgence (FEMA).
McCain dans le Mississippi
La convention républicaine elle-même sera chamboulée : John McCain a annoncé dimanche soir que la plupart des travaux de lundi à la convention seraient suspendus à cause de Gustav. "J'espère et je prie pour que nous puissions reprendre la plupart de nos activités aussi vite que possible, à part celles qui sont absolument nécessaires", a dit M. McCain au cours d'une conférence de presse retransmise par vidéo depuis St Louis. Le candidat républicain à la présidentielle a en outre modifié son programme de campagne et était attendu dans la journée, avec sa colistière Sarah Palin, dans le Mississippi dont les côtes sont menacées par l'ouragan. Tous deux devaient visiter un centre de commandement des opérations à Jackson, pour se rendre compte des préparatifs avant l'arrivée de Gustav.
"Il ne serait pas convenable d'avoir un événement festif alors qu'une tragédie ou un défi terrible sous la forme d'un désastre national se déroule près de nous", avait déjà prévenu samedi le candidat. Samedi soir, à l'occasion d'une réunion publique à Washington, en Pennsylvanie, John McCain a demandé à ses partisans de prier pour que l'ouragan épargne les habitants du sud des Etats-Unis. La convention républicaine qui doit désigner formellement John McCain comme candidat est prévue de lundi à jeudi à St Paul.
Obama prêt à activer son réseau
De son côté, Barack Obama, qui dit avoir discuté avec de nombreux responsables locaux sur ce sujet, a indiqué qu'il était prêt à "activer une liste de deux millions de personnes" par courrier électronique pour trouver des volontaires afin d'aider les populations menacées par Gustav. Interrogé par la presse lors de sa campagne dans l'Ohio (nord), Obama a en revanche expliqué sa réticence à se rendre lui-même sur place par le fait que cela risquait de mobiliser des moyens plus utiles ailleurs. Interrogé sur la décision de son adversaire républicain de se rendre dans le Mississippi, il a estimé que "le fait que John (McCain) veuille se rendre compte de ce qui se passe est une bonne chose". Mais, a-t-il ajouté, "ce qui me préoccupe toujours lorsqu'il y a une tempête, c'est de savoir si nous ne détournons pas certains moyens" sur place.
Barack Obama a précisé que lui-même resterait vraisemblablement en-dehors de la zone d'impact de l'ouragan pendant le plus fort de la crise et verrait ensuite "comment être le plus utile possible". "C'est une situation très grave", a-t-il dit. "Tout indique que la tempête pourrait toucher les côtes de Louisiane et c'est potentiellement un ouragan très puissant." Le colistier du candidat démocrate Joe Biden, dont la fille fréquente l'université Tulane à La Nouvelle-Orléans, a exhorté les habitants à évacuer la grande ville du sud de la Louisiane.
L'ouragan devrait atteindre lundi la côte sud des Etats-Unis où l'état d'urgence a été décrété dans quatre Etats (Texas, Louisiane, Mississipi et Alabama). Le maire de la Nouvelle-Orléans, Ray Nagin, a ordonné l'évacuation de la ville, qualifiant Gustav de "tempête du siècle" (voir la vidéo). Cet ouragan survient trois ans après, pratiquement jour pour jour, Katrina qui avait ravagé les côtes sud des Etats-Unis, provoquant la mort de quelque 1.800 personnes. A l'époque, les autorités fédérales avaient mis plusieurs jours avant de réagir et plusieurs responsables politiques avaient dénoncé l'incurie de l'administration Bush. John McCain lui-même avait jugé "honteuse" la réaction de l'Etat fédéral. Dimanche, il restait 65 jours avant l'élection présidentielle américaine, prévue le 4 novembre.
(D'après agence)
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