Offensif, Obama reste encore flou

Par , le 29 août 2008 à 15h16 , mis à jour le 29 août 2008 à 17h19

S'il a vivement attaqué John McCain sur le terrain de "commandant en chef", le candidat démocrate est resté évasif sur la mise en oeuvre concrète de ses propositions.

obama discours investitureBarack Obama, lors de son discours d'investiture à la convention démocrate, le 25 août 2008 © TF1/LCI

picto papier election americain 140Retrouvez les principaux extraits du discours,
traduits en français
,

Pour son discours d'investiture, le plus important depuis le début de sa carrière politique, Barack Obama devait relever plusieurs challenges. En moins de 45 minutes, il devait à la fois se présenter aux Américains, qui le connaissent mal malgré le déferlement médiatique qui l'entoure depuis un an, séduire les électeurs modestes d'Hillary Clinton (25% entendent voter pour John McCain), apparaître comme un vrai leader et se montrer précis sur son programme. Tout ceci en évitant la rhétorique sur laquelle il a fondé son succès aux primaires pour aborder le concret.
 
Lors de son intervention, bien reçue par les observateurs politiques, il a plutôt bien rempli ses trois premières missions. Après avoir remercié le couple Clinton dès ses premières phrases, il a, à plusieurs reprises, placé son discours sous le signe de la compassion et de la redistribution des richesses. Associant John McCain à la politique du gouvernement Bush, il a par exemple promis de stopper les baisses d'impôts pour les plus riches et les grandes entreprises, pour les concentrer sur les petites entreprises -avant son discours, une patronne de PME était montée à la tribune pour expliquer ses difficultés- et les ménages aux faibles revenus. Objectif de ce "virage" à gauche : gagner la confiance des "cols bleus" proches d'Hillary Clinton, qui lui ont fait défaut lors des primaires.

Prêt à en découvre avec McCain
 
Toujours dans cette optique, alors que le camp républicain le présente comme un élitiste déconnecté des classes populaires, il a abordé son propre parcours, rappelant ses origines modestes, père immigré et mère célibataire. "John McCain considère lui qu'avec cinq millions de dollars par an, on est dans la classe moyenne", a-t-il lancé. Bref, un moyen de dire à la classe ouvrière : "je suis l'un des vôtres, pas John McCain".

Plus étonnant, pour mettre en avant ses qualités de commandant en chef, il a aussi vivement attaqué John McCain sur son propre terrain : la sécurité nationale. Montant au front alors qu'on lui a souvent reproché d'être trop "tendre" et de ne pas répondre aux invectives adverses, il a ainsi dressé la liste des erreurs commises, selon lui, par son rival, notamment le soutien à la guerre en Irak et le déni de l'enlisement en Afghanistan -où il a encore promis d'envoyer des renforts s'il est élu. Plus globalement, il a, là encore, lié McCain à Bush. "Si John McCain veut débattre sur la question de savoir qui a le tempérament et le discernement pour devenir le prochain commandant en chef, c'est un débat que je suis prêt à avoir", a-t-il lancé, dans la perspective des trois débats télévisés qui vont les opposer à partir de fin septembre.

"Pas de priorités claires" pour le New York Times

Restait la précision du programme. "Laissez-moi vous dire exactement ce que signifiera le changement si je suis élu", a-t-il entamé. Là, il ne fallait plus se contenter de parler du changement dans de belles envolées lyriques, mais quel est, dans les faits et concrètement, le changement qu'il propose à ses compatriotes. C'est sur ce point que le bât de son discours blesse.

Sans aucun doute, "La promesse américaine" est belle. Outre les questions d'impôts, Barack Obama a ainsi présenté une longue liste de propositions (se débarrasser de la dépendance énergétique extérieure dans les 10 ans grâce aux énergies renouvelables et propres, fournir une assurance-maladie adéquate à tous les Américains, améliorer l'éducation en augmentant les professeurs...). Mais n'a rien dit sur le financement de ces mesures ni sur leurs détails précis. Les quelques mots rapides sur les questions de société (immigration, droits des homosexuels, port d'armes, avortement) étaient également teintés du consensus actuellement en vigueur dans le camp démocrate. "Le discours n'a pas permis d'établir des priorités claires. Pas sûr que cela soit le cas dans les 60 jours à venir", estimait vendredi matin le Washington Times dans son éditorial. 



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Par Fabrice Aubert le 29 août 2008 à 15:16
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11 Commentaires

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  • Desgans, le 02/09/2008 à 13h10

    Wouaw!!!!!!!!!! vite il faut donner un calmant à Charlotte la pauvre elle me fait pitié, j'ai de la famille et des amis aux US et je peux vous dire que Obama a de grandes chances d'être victime de l'effet Bradley, la preuve c'est que certains d'entre eux m'ont avoué avoir été sondés et dit qu'il voteraient Obama alors qu'en fait ils voteront MCCAIN ou s'abstiendront !!

  • Desgans, le 02/09/2008 à 13h05

    C'est marrant j'ai fait votre test, et j'ai eu Obama, pourtant au grand jamais je n'aurai voté pour pour ce " flip floping" à méditer!!!

  • Yves, le 30/08/2008 à 19h54

    En politique comme ailleurs ,ce qui compte c'est la difference. Je suis ces elections tous les jours via plusieurs media , je n'ai pas encore lu ,vu ,entendu MacCain evoquer 10% des sujets qu' Obama a couvert ... les 90% restant sont du "Bush" "big time". Je ne hurle pas avec les loups , je vous dit ce dont vous n'avez pas parle ...et qui est vrai!

  • Mandiangu-yeka/christian/, le 30/08/2008 à 07h33

    I wish you Good Luck to work of USA,and Good Job 42 ! God bless you with all family always!Thanks!Christ!!!

  • Collins, le 30/08/2008 à 01h28

    Je crois que J. McCain est parti pour gagner les prochaines elections usa. je trouve Obama encore très tendre pour diriger la prémière puissance du monde

  • Claire, le 29/08/2008 à 22h20

    Cela n'a rien d'étonnant, Obama ce sont de belles paroles, beaucoup de vent et rien de concret dans son programme. Il me rappelle beaucoup Segolene lors de la campagne présidentielle française.

  • Jim, le 29/08/2008 à 22h14

    Pas de suprise! ça fait depuis janvier que le monde entier attend des précisions concrètes sur la politique et les programmes d'Obama. On risque d'attendre encore car la vérité c'est que Obama ne sait pas non plus! The show must go on.

  • Nobservateur, le 29/08/2008 à 20h40

    Il fallait vraiment aller chercher la petite phrase, le petit mot, la petite précision qui manquait au discours d'hier. Vous devez vraiment être seuls à voir que Obama n'avait pas été convaincant hier. Unanimement, les analystes politiques américains ont loué la talent, la justesse, le ton, la précision , la dimension présidentitelle de ce discours, un vrai discours programme. Sur le financement, il a bien dit qu'il analyserait ligne par par ligne les programmes unitiles du Bush. Relisez le discours et vous aurez une impression différente de celle que vous affichez en gros titre.

  • Pipitch, le 29/08/2008 à 19h52

    Citez moi un homme politique qui a parler de son programme en étant clair et précis sur tous les points!!

  • J-Luc, le 29/08/2008 à 17h50

    Faut pas sortir de St Cyr.. Les impots vont augmenter pour les riches... Payback time...

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