George W. Bush. © TF1/LCI"Nous sommes au milieu d'une crise financière grave". Le ton est donné. L'urgence est bien là et l'heure est à l'action. Le président américain George W. Bush a tenu mercredi soir, dans une de ses rares allocutions télévisées consacrées à la crise financière, à présenter les faits de la manière la plus honnête possible, assurant que "toute l'économie était en danger" et qu'il était temps d'agir.
Et, dans ce contexte de crise, l'heure semble être à l'union sacrée. George Bush a appelé les élus du Congrès à adopter le plan de sauvetage du système financier proposé par son administration. Pour ce faire, le président américain a annoncé avoir invité, jeudi à la Maison Blanche, les candidats à la présidentielle Barack Obama et John McCain à "se joindre aux responsables parlementaires des deux partis (...) afin d'aider à accélérer nos discussions vers une loi sans esprit partisan". "Il y a un esprit de coopération entre les démocrates et les républicains et entre le Congrès et cette administration", s'est-il félicité. Jeudi matin, les deux candidats à la Maison Blanche ont répondu favorablement à l'invitation du président Bush.
Communiqué commun
Avant même l'allocution présidentielle et l'invitation de George Bush, la crise financière a commencé à bouleverser l'ordonnancement de la campagne présidentielle. Mercredi, le candidat républicain John McCain a d'ores et déjà suspendu sa campagne afin de travailler avec les démocrates à une sortie de crise (lire notre article). M. McCain a également souhaité que le débat télévisé prévu vendredi et qui devait opposer pour la première fois les deux candidats soit reporté à une date ultérieure. M. Obama a sèchement rejeté cette proposition arguant du fait que "c'était précisément à ce moment-ci que le peuple américain doit entendre celui qui, dans environ 40 jours, héritera de ce gâchis". Les deux hommes se sont toutefois entendus sur la diffusion d'un communiqué commun précisant qu'il était temps "d'être ensemble, démocrates et républicains dans un esprit de coopération pour le bien des Américains" et de travailler à la mise en place d'un plan d'urgence.
"Fervent partisan de la libre entreprise"
Durant son discours, George Bush a souligné que le plan, présenté par le secrétaire au Trésor Henry Paulson, était suffisamment "ambitieux pour résoudre un problème grave", rappelant que le gouvernement fédéral verserait 700 milliards de dollars pour racheter "les actifs douteux qui encrassent le système financier". "Cet effort de sauvetage ne vise pas à préserver les sociétés ou les industries de certains individus. Il vise à préserver l'économie américaine en général", a-t-il encore déclaré. Le président américain s'est présenté comme "un fervent partisan de la libre entreprise". "Donc mon instinct naturel est de m'opposer à une intervention du gouvernement", a-t-il dit, "je crois qu'on devrait laisser les entreprises qui prennent de mauvaises décisions s'éteindre". Mais, face à l'ampleur de la crise, George Bush, chef d'un Etat champion de l'ultra-libéralisme doit se résoudre à des solutions plus interventionnistes. "Dans des circonstances normales, j'aurais suivi cette inclinaison. Mais nous ne sommes pas dans des circonstances normales", a-t-il martelé. "Le marché ne fonctionne pas bien, il y a une importante perte de confiance et des secteurs majeurs du système financier américain risquent de tomber", a-t-il poursuivi.
"Scénario douloureux"
Pour George Bush, il est donc temps d'agir. Sous peine de voir les Etats-Unis sombrer : "Sans action immédiate du Congrès, l'Amérique pourrait glisser dans une panique financière et un scénario douloureux", a ainsi prévenu George Bush, sur la foi des prévisions des experts. "Davantage de banques pourraient faire faillite, la Bourse pourrait chuter encore plus, ce qui réduirait la valeur de vos retraites", a-t-il dit aux Américains, "plus d'entreprises pourraient fermer leurs portes et des millions d'Américains perdre leurs emplois (...) et finalement, notre pays pourrait vivre une récession longue et douloureuse". "Nous ne devons pas laisser cela arriver", a-t-il scandé.
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