© AFP/E. Dunand
Selon le programme, le premier des trois débats télévisés entre John McCain et Barack Obama devait être consacré à la politique étrangère et à la sécurité nationale. Mais comme on pouvait s'y attendre, la crise économique, qui avait déjà entraîné un suspense sur la présence ou non du candidat républicain -il avait finalement confirmé sa participation dans la matinée-, a occupé une grande place, voire la plus grande, du duel.
A peine avait-il pris la parole que Barack Obama, qui profite de la crise dans les sondages, attaquait l'administration Bush sur le sujet. "La crise est le verdict final après huit ans d'une politique économique inefficace encouragée par George W. Bush et soutenue par le sénateur McCain", a fait valoir le candidat démocrate (cliquez ici pour voir l'extrait). Le sénateur de l'Arizona a répliqué en présentant son rival comme l'un des plus ardents partisans de l'intervention publique, incapable, selon lui, de rapprocher républicains et démocrates. "Le sénateur Obama a l'historique de votes le plus à gauche du Sénat. Il est difficile de rassembler lorsqu'on est aussi loin à gauche", a-t-il souligné, laissant également sous-entendre que la politique de Barack Obama conduirait à un accroissement des dépenses publiques.
McCain joue la fibre du "franc-tireur"
Toujours au chapitre économique, Barack Obama, dans l'effort d'associer une nouvelle fois son adversaire au président sortant, a souligné que John McCain voulait réduire les impôts des plus favorisés et la fiscalité des entreprises. Avant d'indiquer, que selon lui, "le plan de sauvetage des banques américaines ne lui permettrait pas d'appliquer la politique qu'il envisage". "L'une des principales raisons pour lesquelles nous sommes en difficulté aujourd'hui, c'est que les dépenses ont échappé à tout contrôle", a rétorqué John McCain. "John, c'est votre président, que vous disiez approuver 90% du temps, qui a supervisé cette progression des dépenses", a conclu le sénateur de l'Illinois sur le sujet.
John McCain a alors été contraint de tenter de se démarquer du président sortant. "Je me suis opposé au président Bush sur les dépenses, le changement climatique, la torture de prisonniers, Guantanamo, la façon dont a été menée la guerre en Irak... J'ai un long bilan et les Américains le connaissent bien. Je suis un franc-tireur", a-t-il lancé (cliquez ici pour voir l'extrait).
L'Irak toujours au coeur des divergences
La politique étrangère et la sécurité nationale, des terrains favorables à John McCain, ont, comme prévu, occupé le reste du débat. C'est là que sont apparues les divergences les plus manifestes. Fort de sa longue expérience, John McCain, âgé de 72 ans, a douté des capacités de son adversaire à gouverner. "Honnêtement, je ne crois pas que le sénateur Obama ait les connaissances ou l'expérience et il a fait de mauvais jugements dans divers domaines", a-t-il asséné. "Le prochain président doit faire preuve d'une vision stratégique plus large au sujet de tous les défis qui se présentent à nous", a répondu l'intéressé.
Barack Obama a ensuite reproché à McCain et à Bush de s'être focalisés sur l'Irak au détriment d'autres dossiers. "Vous avez eu tort, vous avez eu tort. La guerre en Irak n'était pas justifiée", a-t-il affirmé (cliquez ici pour voir l'extrait). "Nous gagnons en Irak", a contredit John McCain. Le candidat démocrate, prenant un ton martial pour se donner de la stature, a alors estimé que les Etats-Unis devaient se concentrer sur l'Afghanistan pour progresser dans la guerre contre le terrorisme, et non sur l'Irak d'où les troupes américaines doivent, selon lui, se retirer. "Nous avons perdu de vue l'essentiel", a-t-il martelé, indiquant une nouvelle fois être prêt à des frappes militaires ciblées au Pakistan contre des terroristes avec ou sans l'autorisation d'Islamabad.
L'Iran a constitué l'autre principal point de divergence. Barack Obama a plaidé pour une "diplomatie ferme et directe" avec Téhéran. Il a indiqué, à l'instar de John McCain, que les Etats-Unis ne pouvaient tolérer un Iran doté de l'arme nucléaire et il a appelé à des sanctions plus dures pour forcer Mahmoud Adhmadinejad à abandonner son programme nucléaire. John McCain a raillé la "naïveté" de son cadet, affirmant qu'être prêt à rencontrer le président d'un Etat comme l'Iran, c'était donner une légitimité à ses propos (cliquez ici pour voir l'extrait).
Premiers sondages favorables à Obama
A la fin du débat, la plupart des observateurs politiques estimaient que la joute s'était soldée par un match nul, avec néanmoins un léger avantage pour Barack Obama. Ils pointaient notamment la bonne tenue de chacun des deux participants sur son point faible -économie pour John McCain, diplomatie pour Barack Obama (cliquez ici pour voir l'analyse de Gilles Bouleau, le correspondant de TF1/LCI à Washington)
En revanche, un premier sondage réalisé par CBS dans la foulée de l'émission auprès d'électeurs indécis indiquait que 40% pensaient que Barack Obama avait gagné la confrontation tandis que 22% pensaient que c'était John McCain. Pour 38% des personnes interrogées, le débat s'est effectivement soldé par un match nul. Une enquête CNN confirmait cette tendance : pour 51% des sondés, le sénateur de l'Illinois a fait la "meilleure impression", contre 38% pour le sénateur de l'Arizona (cliquez ici pour lire notre article).
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