Barack Obama et John McCain © TF1/LCI
Jeudi dernier, le 18 septembre, 47 jours avant l'élection, le comté de Louisville, dans le Kentucky, a donné le coup d'envoi officiel du duel entre John McCain et Barack Obama. Il était en effet le premier à organiser un "vote en avance". Pour ce premier jour, 96 personnes ont au total fait leur choix entre le républicain, le démocrate et les petits candidats indépendants. Le lendemain, c'était au tour du comté de Fairfax, en Virginie, d'inviter ses citoyens à faire leur choix.
Depuis ce lundi, ce sont tous les habitants de Virginie et du Kentucky, ainsi que ceux de Géorgie, qui sont autorités à voter par anticipation, avant même que Barack Obama et John McCain ne tiennent leur premier débat télévisé, programmé ce vendredi. Petit à petit, d'autres Etats, dont certains primordiaux comme la Floride ou l'Ohio, suivront. Au total, plus d'une trentaine auront ainsi débuté, d'une manière ou d'une autre (bureaux de vote classique ou envoi par courrier principalement, avec des règles plus ou moins souples), les opérations de vote avant le 4 novembre.
Vote secret
Les experts estiment qu'entre un quart et un tiers des électeurs auront ainsi déjà voté le jour où l'Amérique fera son choix -leurs bulletins resteront au secret jusqu'au 4 novembre. Généralement, ce sont les Américains les plus sûrs de leur choix qui votent très tôt en avance. Mais beaucoup choisissent aussi cette option pour des questions d'organisation puisque le jour de l'élection -un mardi- n'est pas férié et qu'elle permet d'éviter de longues files d'attentes autour des bureaux de vote.
Si ce "vote en avance" existe depuis longtemps, il n'avait jamais autant pris d'importance que cette année. Et il implique de nouvelles stratégies. "Les candidats ne peuvent pas conserver leurs plus grosses munitions pour la fin", analyse Paul Gronke, le directeur du Centre d'information du vote par anticipation à l'Université d'Oregon. "Avec autant d'électeurs qui auront déjà voté, il est impossible d'attendre la dernière minute pour leur faire changer d'avis", ajoute-t-il. Auparavant, le calendrier était clair : une saison de primaires, puis les conventions des deux partis, puis les débats télévisés puis trois ou quatre jours intensifs fin octobre-début novembre avec un déferlement de publicités télévisés. Ce schéma est aujourd'hui totalement obsolète.
"Le programme des 720 heures"
Résultat : les staffs de campagne sont obligés de s'adapter. Ils encouragent ainsi les électeurs à se rendre aux urnes dès que possible, puisque comme le font remarquer les deux camps, "un électeur qui a déjà voté n'a plus besoin d'être courtisé". A la place, les ressources sont redéployées vers ceux qui attendent le 4 novembre. Ce calendrier est aussi l'une des raisons qui a contraint Barack Obama à ne pas faire campagne dans les 50 Etats du pays, comme il l'avait envisagé au début, pour se concentrer sur une dizaine d'Etats clés où la bataille sera serrée jusqu'au bout.
Surtout, la bataille des derniers jours est devenue la bataille du dernier mois. "Nous sommes passés d'un 'programme 72 heures' à un 'programme 720 heures", explique le parti républicain. "Nous avons un plan intensif pour les deux semaines précédant l'élection, voire le mois entier selon les Etats", note Rich Beeson, l'un de ses directeurs. Tout ceci explique la férocité des publicités télévisées, débarquées très tôt dans la campagne (cliquez ici pour voir notre page spéciale avec plusieurs clips traduits en français).
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