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DOCUMENT LCI.FR :
le discours de McCain, traduit en français
Les attaques contre Barack Obama pour le colistier, le rassemblement pour le candidat : Sarah Palin et John McCain ont joué parfaitement le rôle qu'on attendait d'eux à la convention républicaine. Après le discours pugnace de sa colistière contre Barack Obama la veille, le représentant du parti de l'éléphant à la présidentielle s'est en effet posé en rassembleur lors de son discours d'investiture, prononcé jeudi soir.
Une semaine après le grand show de Barack Obama à Denver, celui du sénateur de l'Arizona se voulait beaucoup plus modeste à Minneapolis-Saint Paul. Alors que son rival avait transféré la convention dans un stade de football pour son intronisation, John McCain est ainsi resté dans l'enceinte de la salle du XCel Energy Center. Et la présence de quelques manifestants anti-guerre qui avaient réussi à s'installer dans les tribunes, avant d'être expulsés manu militari, n'ont pas vraiment réussi à perturber le déroulement de la soirée.
"J'ai les cicatrices, pas Obama"
Comme on pouvait s'y attendre, le plus vieux candidat de l'Histoire américaine briguant un premier mandat a cherché à rassembler tous les Américains au-delà de son camp, promettant, malgré son âge, d'apporter, comme son rival, le "changement" à Washington. Un changement qu'il a symbolisé avec Sarah Palin, gouverneur de l'Alaska et totalement étrangère à la capitale fédérale. "Je suis impatient de la présenter à Washington. Et laissez-moi donner un premier avertissement au Washington usé, dépensier, qui ne fait rien, qui pense moi d'abord et le pays après : le changement arrive", a-t-il prévenu.
Afin de se poser en rassembleur, il a rappelé sa propre expérience législative. "Encore et encore, j'ai travaillé avec des membres des deux partis pour régler les problèmes qui avaient besoin d'être réglés. C'est comme cela que je travaillerai en tant que président. J'ai le bilan et les cicatrices qui prouvent que je peux travailler sans esprit partisan. Ce n'est pas le cas Obama", a-t-il dit, égratignant son adversaire démocrate de 25 ans son cadet (cliquez ici pour voir l'extrait). "Je tendrai la main à quiconque m'aidera à faire avancer de nouveau ce pays", a promis John McCain, en faisant référence aux nombreuses fois où, choisissant de s'opposer à son propre parti, il s'est allié aux démocrates au Sénat.
Une seule allusion à Bush
Avec cette image de "rebelle" et de "franc-tireur", John McCain voulait aussi se démarquer du parti républicain en général, et de George W. Bush en particulier. Alors que le camp démocrate tente de l'assimiler au président sortant avec le sobriquet de "McSame" ("Mc le même") -dans sa première réaction au discours, l'équipe Obama a d'ailleurs repris ce thème-, il a pris grand soin de ne pas citer une seule fois le locataire de la Maison-Blanche, absent, pendant les 40 minutes de son intervention.
Tout juste a-t-il consenti à le remercier. "Je suis reconnaissant au président de nous avoir dirigé au cours des jours sombres qui ont suivi la pire attaque de notre histoire sur le sol américain et de nous avoir protégé d'une autre attaque que beaucoup pensaient inévitable", a noté John McCain dans sa seule allusion aux attentats du 11-Septembre.
"Nous sommes Américains. Nous ne renonçons jamais"
Pour prouver ses capacités à diriger, John McCain n'a évidemment pas manqué de rappeler ses presque six années de captivité dans une geôle du Nord-Vietnam. "Je suis tombé amoureux de mon pays quand j'étais prisonnier dans le pays d'un autre", a-t-il lancé. "Je n'ai plus jamais été le même. Je n'étais plus le même homme. J'étais une part de mon pays", a rappelé l'ancien pilote de chasse de la Navy, dont l'appareil fut abattu en 1967.
Comme à son habitude, le sénateur a enchaîné sur cette corde patriotique pour appeler au rassemblement derrière lui. "En tant que président, je vais combattre tous les jours pour ma cause. Je vais combattre pour être sûr que chaque Américain remerciera Dieu comme je le remercie pour être un Américain, un fier citoyen du plus grand pays du monde. Battez-vous à mes côtés, battez-vous à mes côtés. Nous sommes Américains et nous ne renonçons jamais. Nous n'abandonnons jamais. Nous ne fuyons jamais l'Histoire. Nous faisons l'Histoire", a conclu John McCain dans un discours aux accents guerriers, placé sous le thème du "pays d'abord", mais beaucoup plus convenu et surtout moins convaincant que celui de Sarah Palin.
Reste maintenant à savoir comment sera perçue cette intervention, et plus globalement l'ensemble de la convention républicaine, dans l'opinion. Barack Obama et John McCain étaient quasiment à égalité dans les sondages avant les deux rassemblements. Après la grand-messe démocrate, Barack Obama avait repris quelques points d'avance dans les sondages. John McCain aura-t-il profité à son tour de son exposition médiatique pour revenir à hauteur de son adversaire ? Réponse d'ici peu.
250 manifestants arrêtés |
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