Obama et McCain renvoyés dans leurs 22 mètres

Par , le 30 septembre 2008 à 11h01 , mis à jour le 30 septembre 2008 à 11h46

Selon l'institut Gallup, le candidat démocrate disposait de huit points d'avance sur John McCain samedi soir, au lendemain du premier débat.

[Expiré] [Expiré] obama mccain premier débat © AFP/E. Dunand
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picto papier election americain 140Une semaine pour rien ? Mercredi dernier, John McCain suspendait sa campagne pour participer aux discussions du Congrès sur le projet de sauvetage des marchés financiers présenté par l'administration Bush. Confiant dans l'adoption du plan Paulson après les discussions du week-end, il avait repris totalement ses activités lundi avec des déplacements dans l'Ohio et l'Iowa, en affirmant néanmoins discuter deux fois par jour avec le secrétaire au Trésor.
 
Peine perdue. Lundi soir, à la surprise générale, la Chambre des représentants a donc rejeté le plan (cliquez ici pour lire notre article). Le désaveu pour John McCain est cinglant : seulement 65 députés républicains ont voté pour, 133 contre. La perspective des élections législatives, qui se dérouleront le même jour que la présidentielle, a été plus forte que l'unité du parti et le bien du candidat à la Maison-Blanche : difficile de se prononcer pour une aide de l'Etat fédéral -donc du contribuable- de 700 milliards de dollars quand son électeur de base y est férocement opposé. Plus globalement, ce rejet montre une fois de plus les divisons et la crise d'identité du parti de l'éléphant, qui, du jour au lendemain, doit accepter -comme John McCain lui-même- une régulation de l'économie à laquelle il est presque génétiquement hostile.

Critiques réciproques
 
En apprenant la nouvelle, le sénateur de l'Arizona a pris un ton grave : "J'appelle le Congrès à reprendre tout de suite, évidemment, ses travaux pour résoudre cette crise. Je vous parle à un moment de crise pour l'économie de notre pays avec des défis qui ont un immense impact sur chaque travailleur américain ou propriétaire  de petite entreprise", a-t-il déclaré. "Nous attendons de nos leaders qu'ils laissent leur esprit partisan à la porte et qu'ils viennent autour de la table pour résoudre nos problèmes", a-t-il conclu, sans oublier de lancer une pique à son adversaire démocrate qui, avec "ses alliés au Congrès", a "instillé un esprit partisan inutile au déroulement des négociations".
 
Bref, selon John McCain, le rejet du plan est à mettre au compte du camp démocrate. Sans surprise, celui-ci renvoie la pierre dans le jardin républicain. "Il s'agit d'une crise nationale et, aujourd'hui, l'inaction du Congrès de même que les communiqués enflammés et hyperpartisans de l'équipe de campagne de McCain sont exactement ce pourquoi les Américains sont dégoûtés de Washington", affirme le porte-parole du sénateur de l'Illinois. "John McCain est venu à Washington (...) pour faire avancer les choses. Eh bien, les choses se sont plutôt désagrégées en sa présence" ajoute un député démocrate.

40% des députés démocrates contre
 
Quoi qu'il en soit, Barack Obama n'a pas non plus de quoi pavoiser. Certes, il profite de la crise dans les sondages (cliquez ici pour lire notre article). Toute mauvaise nouvelle pour l'économie retombe logiquement sur le parti républicain et l'administration Bush, et donc, par ricochet sur John McCain. Mais il n'empêche qu'environ 40% des députés du parti de l'âne ont aussi voté contre le projet Paulson, qui avait pourtant été avalisé par les dirigeants démocrates dimanche soir. Comme son adversaire, il lui sera difficile de se présenter comme un leader aussi longtemps qu'il n'arrivera pas à tenir ses troupes.
 
"Démocrates, républicains, relevez le défi et réglez cela", a-t-il  lancé lundi lors d'un meeting dans le Colorado. Il s'est néanmoins montré confiant sur l'avenir d'un plan B, dont les discussions devraient durer jusqu'à jeudi. "J'ai confiance dans le fait que nous allons y arriver, même si ce sera un peu difficile", a-t-il souligné, appelant les marchés à rester "calmes".  "Pour l'instant, les dirigeants démocrates et républicains sont d'accord, mais les autres membres pas encore. Il va y avoir des tâtonnements et des hésitations, des hauts et des bas, avant que ce plan de sauvetage soit adopté", a-t-il pronostiqué.

Bref, comme la semaine dernière, et au-delà des querelles, John McCain et Barack Obama se retrouvent devant le défi de trouver une solution bipartisane à la crise.



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Par Fabrice Aubert le 30 septembre 2008 à 11:01
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7 Commentaires

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  • VeroUSA, le 01/10/2008 à 03h06

    Depuis le temps que je le dis et le repete qu'Obama n'est pas le messie annonce... Il fait partie du systeme avec tout le parti democrate et tout le parti republicain. Ils sont tous dans les mains des lobbies. Vous voulez un veritable changement? Il faut voter pour un autre parti que les democrates ou les republicains. Il y aura beaucoup de decus le jour ou Obama sera president. (Veuillez excuser l'absence des accents).

  • Richard, le 30/09/2008 à 19h09

    Frank, c pas la faute de Mc Cain, directement, mais il fait parti du camp republicain qui a vote contre ce project de renflouage des instituts financiers. En plus il n'a pas etait capable de mobiliser ses troupes republicaines qui penssent plus a leur reelection au congres en meme temps que la presidentielle. Il vient juste de montrer que si il devenait president ses troupes ne le suiveraient pas forcement. Comme deja dit Obama et les democrates ne voulaient pas soutenir seul ce plan de secour republicain. C'est comme si la droite en france demandait un vote pour une loi (suite a une grosse connerie de la droite bien sur) et que seule la majorite de la gauche etait en mesure de soutenir et de faire passer.

  • Frank, le 30/09/2008 à 17h58

    Il est marrant Obama, son parti détient quand-même la majorité au congrès, alors comment ça peut être la faute de McCain?

  • Richard, le 30/09/2008 à 17h07

    Une petite note pour le journaliste... les 700 m de renflouage des problemes financiers, sont une demande de l'administration Bush! Pour ce qui est du vote 2/3 des democrates on vote pour et 2/3 des republicains contre (malgres la mediatique intervention de Mc Cain). Les democrates ne doivent pas a eux seul soutenir cette facture (c le point de vu de la pluspart des democrates) que le ultra liberalisme de Bush (republicain) et son administration a cause. Obama n'est pas renvoye dans c 22 bien au contraire. Salut a tous

  • Bob, le 30/09/2008 à 16h00

    En même temps, que sont 700 Milliards de dollars par rapport aux quelque 3000 Milliards dépensés en pure perte en Irak ?

  • Norton, le 30/09/2008 à 15h09

    Un effort messieurs les republicains car en gagnant les elections n oubliez pas la richesse du sous sol de L ' Alaska

  • Aigle Hurlant, le 30/09/2008 à 12h48

    Cela ne peut être que bénéfique dans la mesure où ce plan de sauvetage de 0 milliards de dollars fera l'objet de modifications substantielles qui iront dans le bon sens. Je comprends par ailleurs la réticence des députés à le cautionner sans même avoir la certitude qu'il produira les effets escomptés. Il est injuste de vouloir léguer aux générations futures une dette aussi abyssale...Le marché doit s'autoréguler et seuls les établissements bancaires et financiers dont le management a été irréprochable s'en sortiront la tête haute. C'est la juste loi naturelle !

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