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le deuxième débat McCain-Obama,
en français, mercredi à 9h,
La semaine dernière, face à l'envolée de Barack Obama dans les sondages -entre cinq et dix points d'écart-, les stratèges du parti républicain avaient exhorté John McCain à se montrer plus vindicatif envers son adversaire. Selon la presse américaine, les conseillers du sénateur de l'Arizona le trouvaient trop mou, aussi bien sur le fond que sur la forme.
Le mot d'ordre semble avoir été entendu. A désormais moins de trente jours du scrutin, l'offensive a été lancée ce week-end. Comme c'est souvent le cas, la première salve a été lancée par le colistier, dont l'un des rôles traditionnels consiste à "taper" sur le rival. Alors que John McCain prépare le débat de mardi soir, Sarah Palin a accusé Barack Obama de "copiner avec les terroristes". Elle faisait référence à un article du New York Times sur Bill Ayers. Cet ancien militant contre la guerre du Vietnam, qui avait lancé une campagne d'attentats aux Etats-Unis dans les années 60, a croisé la route de Barack Obama dans les années 80, lorsqu'il est devenu professeur à Chicago (cliquez ici pour lire notre article).
"Sans idées"
Sans surprise, l'attaque a été qualifiée de "ridicule", "désespérée", "malhonnête" et "immorale" par le camp démocrate. "Le sénateur McCain et son équipe misent sur le fait qu'ils peuvent vous distraire avec des propos diffamatoires plutôt que de vous parler de l'essentiel", a répondu Barack Obama lui-même. Il a également dit s'attendre à des attaques du style "Swift-boat" -référence à l'association qui avait mis en doute, avec succès, le passé militaire de John Kerry, le candidat démocrate, en 2004. "Ils préfèrent démolir notre campagne que de remettre ce pays debout. C'est ce que vous faites quand vous êtes déconnecté, sans idées, et que vous manquez de temps", a affirmé le sénateur de l'Illinois.
Le camp McCain a répliqué de manière encore plus vive que sa première attaque : "les quatre dernières semaines de cette élection montreront si les Américains veulent confier notre économie et notre sécurité nationale à Barack Obama, un homme au bilan maigre, au jugement discutable, et possédant des liens avec un terroriste impénitent William Ayers", a lancé un porte-parole de John McCain.
Nouveau spot
Par ailleurs, le parti républicain a annoncé qu'il allait déposer une plainte demandant à la Commission électorale d'examiner le financement de la campagne de Barack Obama. Selon la formation à l'éléphant, le candidat démocrate aurait accepté des contributions indues au terme de la loi électorale, en provenance de l'étranger. Le camp Obama a immédiatement réagi en affirmant être allé "au delà des exigences de transparence".De son côté, l'équipe du sénateur de l'Illinois s'est aussi lancée dans des attaques directes. Un nouveau spot de campagne met ainsi en cause les capacités de John McCain en matière économique. Le clip souligne combien le candidat républicain a eu des positions changeantes ces deux dernières semaines sur la crise financière. Un manque d'assurance qui, interprètent certains, serait dû à son âge - 72 ans.
Les "Keating five", la tâche sur le parcours de McCain
Ce clip revient surtout sur un scandale resté accolé au candidat républicain. Au début des années 90, une commission du Sénat avait déploré "l'erreur de jugement" de John McCain, qui était intervenu de façon "déplacée" avec d'autres sénateurs dans l'affaire du groupe californien Lincoln Savings and Loan. La faillite de cette institution avait alors coûté plus de deux milliards de dollars aux contribuables américains et son patron Charles Keating, un ami personnel du sénateur de l'Arizona, avait été reconnu coupable de fraude. John McCain avait notamment rencontré, au nom de la société californienne, les régulateurs fédéraux chargés du dossier.
Le clip démocrate estime que le candidat républicain a ainsi démontré qu'il ne se souciait guère de réglementer les marchés financiers. Il renvoie vers un documentaire plus long de 13 minutes, mis en ligne sur un site spécialement conçu pour l'occasion. Même s'il a toujours vivement repoussé toute compromission, cette affaire, dite des "Keating Five" ("Les cinq de Keating"), est l'une des taches sur le parcours de John McCain, qui se présente comme le "M. Propre" de Washington.
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