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"Joe le Plombier", invité surprise du débat McCain-Obama


le 16 octobre 2008 à 06h21
Temps de lecture
5min
obama mccain 3e débat

Barack Obama et John McCain, lors de leur 3e débat, le 15 octobre 2008 / Crédits : TF1/LCI

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AmériquesLe candidat républicain, très offensif, s'est fait l'avocat des petits entrepreneurs représentés par "Joe le plombier" lors du 3e et dernier duel télévisé.

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Distancé dans les sondages -une enquête publiée dans la matinée donnait quatorze points d'avance à Barack Obama (cliquez ici pour lire notre article)-, John McCain jouait gros mercredi soir à New York lors du 3e et débat dernier télévisé entre les deux candidats à la Maison-Blanche. Et c'est peu dire si le candidat républicain a joué à fond ce que tous les analystes présentaient comme sa dernière chance d'inverser la tendance.
 
Dans une nouvelle configuration sur la forme -pour la première fois de leurs trois duels, les deux hommes, assis autour de la même table, se parlaient directement en face-à-face, le sénateur de l'Arizona s'est en effet montré très offensif lors d'une joute verbale beaucoup plus acharnée que les précédentes (cliquez ici pour écouter l'analyse de notre correspondant).

La bataille des impôts

D'emblée, John McCain, peu à l'aise en général face à la crise financière, a attaqué son adversaire sur l'économie. Alors que chacun revendique un plan qui permettra de faire baisser les impôts, il a affirmé que Barack Obama ne disait "pas la vérité aux Américains" sur le sujet. Il a notamment souligné que la "distribution des richesses", prônée selon lui par son rival, revenait à allumer "une guerre des classes".

Pour appuyer ses propos, John McCain a appelé à la rescousse "Joe", un simple plombier américain. Il faisait référence à  Joe Wurzelbacher, un plombier anonyme devenu célèbre dimanche dernier après s'être opposé à Barack Obama sur les projets fiscaux du candidat démocrate lors d'un meeting dans l'Ohio.

"Joe", symbole des petits entrepreneurs
 
A une vingtaine de reprises, le représentant du parti de l'éléphant a évoqué le cas de Joe, symbole selon lui de l'ensemble des petits entrepreneurs et de la classe moyenne. "Joe travaille 10 ou 12 heures par jour et il souhaite racheter l'affaire dans laquelle il travaille depuis des années", a expliqué John McCain. "Mais il a vu votre programme fiscal et a constaté qu'il va payer beaucoup plus d'impôts", a-t-il martelé. Puis il s'est ensuite adressé directement à "Joe", en le regardant droit dans les yeux dans la caméra : "Avec Obama, Joe, c'est ta richesse qui sera redistribuée", lui a-t-il lancé.
 
Barack Obama a répliqué en expliquant que les hausses d'impôts qu'il propose ne concerneraient que les revenus annuels supérieurs à 250.000 dollars et que 98% des petites entreprises américaines sont sous ce seuil. "Ce que j'ai dit à Joe, c'est qu'il aurait eu besoin d'une baisse d'impôts il y a cinq ans quand il était en mesure de racheter l'entreprise", a-t-il indiqué. "Je veux faire en sorte que le plombier, l'infirmière, le pompier, l'enseignant, le jeune entrepreneur qui n'a pas encore assez d'argent obtiennent une baisse d'impôt dès maintenant", a-t-il ajouté.  "Nous voulons tous deux diminuer les impôts", a conclu le sénateur de l'Illinois sur ce thème. "La différence est au profit de qui nous voulons diminuer les impôts". 

Obama et l'ex-terroriste Bill Ayers
 
Autre angle d'attaque pour John McCain : le passé de Barack Obama et notamment ses liens éventuels avec Bill Ayers, un ancien militant d'extrême gauche des années 1960 responsable de plusieurs attentats, devenu depuis professeur à Chicago.  Leurs chemins se sont croisés au milieu des années 1990, lorsque Barack Obama présidait une fondation de soutien scolaire, dont Bill Ayers était cofondateur. "Je ne me soucie pas d'un vieux terroriste du passé, mais comme la sénatrice Clinton l'a dit au cours de débats avec vous, nous devons connaître l'étendue de sa relation avec vous", a demandé le candidat républicain.
 
Réponse cinglante :   "Mettons les choses au clair. Bill Ayers est professeur à Chicago. Il y a quarante ans, quand j'avais huit ans, il a commis des actes méprisables avec un groupe radical. J'ai condamné ces actes. Mais M. Ayers n'est pas impliqué dans ma campagne, il n'a jamais été impliqué dans ma campagne, et ne sera pas à la Maison-Blanche", a insisté le candidat démocrate.

Bush, président bien présent
 
La dernière grande passe d'armes s'est déroulée autour de George W. Bush. John McCain a reproché à Barack Obama de l'assimiler trop souvent dans ses critiques au président sortant. "Sénateur Obama, je ne suis pas le président Bush. Si vous vouliez vous opposer au président Bush, il fallait vous présenter il y a quatre ans", a-t-il ironisé (cliquez ici pour voir l'extrait). "Si je confonds par erreur votre politique et celle de George Bush, c'est parce que sur les problèmes économiques essentiels qui intéressent le peuple américain, sur la politique fiscale, la politique énergétique, les priorités de dépenses, vous avez été un fervent partisan du président Bush", a rétorqué le sénateur de l'Illinois (cliquez ici pour voir l'extrait).



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Commenter cet article

  • J-Luc : Joe le plombier n'est en fait qu'un gars qui ne fait que 280K de chiffre d'affaire. Ne faisant pas 280K de benefice, il est tres loin en dessous de la barre des 250K d'Obama.. S'il ne sait pas la difference entre chiffres d'affaires et benefice, c'est soit qu'il ne merite pas de devenier dirigeant d'une boite, soit a cause se son affiliation du parti qui pense que sauter sur un tapis va reduire la crise, la secte de la loi naturelle... Lea vrai lecon de l'histoire ? Comme quoi.. Mc Cain sait verifier ses faits...

    Le 16/10/2008 à 17h34
  • Ombret : Je pense qu'il est temps pour les républicains de prendre un peu de recul et de panser les maux causés non seulement aux américains mais aussi au monde entier (expansion du terrorisme, crise financiére actuelle, affaire des prisons sécrétes, pollution à grande echelle de l'environnement, ...). Je pense que les dés sont lançés et s'ils ne sont pas truqués alors ils devraient montrer le coté Obama. Mais bon attendons de voir à quoi ressemblent les dés américains dans un jeu d'élections présidentielles. Nous européens notre choix est bien Obama, mais faut-il encore que les grands electeurs en decident autrement. Merci

    Le 16/10/2008 à 16h36
  • Franky : Attendons pour voir. L'habit ne fait pas le moine. Les belles paroles ne font pas de bons payeurs.

    Le 16/10/2008 à 13h55
  • Florent : A lire certains commentaires, vous croyez encore au père-noël. A chaque election c'est la même mascarade, on vous offre du rêve, un sauveur... et le lendemain de son élection... rien ne change.

    Le 16/10/2008 à 13h31
  • Lorientais : Votez cedric !!! elle est trés pertinente ra reaction !!! allez barack aussi !!!

    Le 16/10/2008 à 13h15
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      Entre Morano et Philippot, ça clashe, ça clashe...

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