Joe Biden et Sarah Palin. © TF1/LCI
Comme Barack Obama et John McCain, leurs colistiers respectifs Joe Biden et Sarah Palin se sont essentiellement affrontés sur le terrain économique jeudi lors de l'unique débat entre candidats à la vice-présidence américaine, qui s'est déroulé à l'Université Washington de St. Louis (Missouri).
Autre point important du débat, la républicaine Sarah Palin, blâmée pour son inexpérience, son provincialisme et ses lacunes en politique, s'en est sortie plus qu'honorablement. "Sarah Palin a dépassé les attentes, mais il faut dire qu'on attendait tellement peu d'elle", a résumé un spécialiste en communication politique à l'Université du Maryland. A l'issue de leurs échanges, les deux camps ont revendiqué la victoire. Et, si selon les sondages effectués par les chaînes de télévision CNN et CBS, c'est Biden qui a livré la prestation la plus convaincante, une large majorité des personnes interrogées par CNN a déclaré que Palin avait été meilleure qu'attendu.
Immédiatement offensif, le démocrate Biden a accusé McCain de ne pas être au point sur les questions économiques, après avoir rappelé que le candidat républicain avait loué la solidité des fondamentaux de l'économie. "Cela ne fait pas de John McCain quelqu'un de mauvais, mais il est à côté de la plaque", a souligné Biden. Palin a répondu que McCain avait fait référence à la population active américaine lors de cette déclaration. Elle a souligné qu'Obama avait l'intention d'augmenter les impôts et affecterait ainsi les travailleurs américains, au lieu de les aider. "A 94 reprises, Obama a voté en faveur des hausses d'impôts ou contre des réductions d'impôts", a-t-elle martelé. "Je respecte vos années de présence au Sénat américain, mais je pense que les Américains ont envie de quelque chose de nouveau et de différent", a-t-elle lancé à son alter ego, de 21 ans son aîné.
"Drapeau blanc de la reddition"
A la veille d'un probable vote très attendu de la Chambre des représentants sur le plan de soutien au système financier (lire notre article), tous deux sont convenu que la crise de Wall Street était due à un échec. Mais alors que Palin l'a imputée à "l'avidité et la corruption" à Wall Street, Biden a estimé qu'elle résultait de la politique menée depuis huit ans par l'administration Bush, comme l'avait fait Obama la semaine dernière. Le sénateur du Delaware a concédé que la crise obligerait probablement Obama à revenir sur sa promesse de doubler l'aide étrangère, ce à quoi Palin a rétorqué: "Je ne crois pas que John McCain ait fait une seule promesse qu'il ne tiendra pas."
Outre l'économie, thème majeur de la campagne, les deux candidats se sont notamment opposés durement sur l'Irak, Palin accusant les démocrates d'agiter "le drapeau blanc de la reddition" en promettant de procéder au retrait des troupes de combat américaines dans les 16 mois suivant leur arrivée à la Maison blanche.
(D'après agence)
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