Les indépendantistes québécois jouent les trouble-fête

le 15 octobre 2008 à 13h07 , mis à jour le 15 octobre 2008 à 14h35

Le Bloc québécois a réussi, à l'occasion des législatives canadiennes, son pari de priver les conservateurs de la majorité au Parlement.

TF1/LCI : Un électeur mettant son bulletin dans l'urneLa participation, un "enjeu majeur" pour Moscovici. © TF1/LCI

Stephen Harper, le Premier ministre conservateur canadien, a remporté mardi les élections législatives au Canada avec un mandat légèrement renforcé. Selon des résultats officiels presque définitifs, les conservateurs remportent 143 des 308 circonscriptions, un score pourtant insuffisant pour atteindre la majorité. Les libéraux de Stéphane Dion, principale formation d'opposition, ont subi leur pire défaite depuis plus de vingt ans, avec 76 députés contre 95 dans la précédente législature.

Ces élections étaient les premières organisées dans un grand pays industrialisé depuis le début de la crise financière et les conservateurs sont apparus aux yeux des électeurs comme plus à mêmes de répondre aux enjeux économiques de taille. Dans ce contexte, le Premier ministre avait mis l'accent durant la campagne sur sa capacité à gérer l'économie en promettant notamment une maîtrise de l'inflation et des équilibres budgétaires. Face à lui, Dion, leader francophone des libéraux depuis 2006, a mené une campagne jugée peu efficace, handicapée par ses difficultés à communiquer en anglais et plombée par un projet d'instauration d'une taxe sur les émissions de carbone.

"Nous avons atteint notre objectif"

En revanche, les indépendantistes du Bloc québécois ont réussi leur pari de priver les conservateurs d'une majorité. Les conservateurs, qui avaient 127 députés à la dissolution de la chambre, début septembre, tablaient sur d'importants gains au Québec pour atteindre le seuil de la majorité qui se situe à 155 députés à la Chambre des Communes. Mais le Bloc québécois, représentant des indépendantistes au parlement fédéral, a relégué au deuxième plan son projet sécessionniste et a fait campagne sur les dangers d'élire un gouvernement majoritaire conservateur sur l'ensemble du Canada. Le Bloc a ainsi obtenu 50 des 75 sièges que le Québec occupe au parlement d'Ottawa, avec 38,2% des votes québécois contre 21,7% pour les conservateurs.

"Nous avons atteint notre objectif. Sans le Bloc québécois, Stephen Harper formerait un gouvernement majoritaire", s'est félicité le chef bloquiste, Gilles Duceppe, devant des supporters en liesse à Montréal. Si les conservateurs ont augmenté leurs appuis partout au Canada, leurs appuis ont légèrement baissé au Québec. Le Bloc québécois a capitalisé sur l'abolition de programmes culturels par les conservateurs peu avant les élections, la promesse conservatrice de renforcer les peines de prison pour les criminels âgés de 14 ans et les coupures dans des programmes de développement économique régionaux. Il a ainsi obtenu le soutien de personnalités au Canada anglophone, dont la romancière Margaret Atwood, qui voyaient dans les troupes de Gilles Duceppe le seul rempart contre les conservateurs, étant donné la faiblesse des libéraux.

D'après agence

le 15 octobre 2008 à 13:07
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