George Bush, le 3 octobre 2008 devant la Maison Blanche © TF1-LCI 
> Après des jours de tractation, le Plan adopté
> Analyse : Henry Paulson a le pouvoir
Les Représentants ont finalement dit "oui" et tout s'est accéléré. Après plusieurs jours de longues et difficiles tractations pour convaincre les derniers résistants, le Plan Paulson -baptisé "Loi de stabilisation économique d'urgence 2008"- a été adopté vendredi par la Chambre des représentants américains, par 263 voix contre 171 contre. Et George Bush s'est dépêché de promulguer le plan historique, une heure après.
Mais, a aussitôt averti le président américain, "cela prendra du temps" avant que les effets du plan ne se fassent sentir, car l'économie se trouve encore face à d'importantes difficultés. D'ailleurs, en attendant les effets, à la Bourse de New York, alors que l'espoir de l'adoption du plan avait fait prendre au Dow Jones jusqu'à 300 points, la concrétisation du vote a provoqué une vague de ventes chez les opérateurs de marché et Wall Street a effacé ses gains, repassant dans le rouge. A la clôture, le Dow Jones a cédé 1,50% et le Nasdaq 1,48%. Lors du rejet du texte en début de semaine, le Dow Jones avait plongé de près de 800 points. Les Bourses européennes avaient clôturé en hausse, semblant anticiper une approbation du plan: Paris a pris 2,96%, Francfort est montée de 2,41% et Londres de 2,26%. La Bourse de Sao Paulo a clôturé en chute de 3,53% et Mexico en baisse de 4,32%.
Le président de la Fed, se félicitant de l'adoption du plan, a assuré que la Réserve fédérale ferait tout ce qu'elle peut face à la crise, ajoutant que ce texte était une étape très importante dans le processus de stabilisation des marchés financiers.
Paulson a désormais des pouvoirs exhorbitants
Le Plan Paulson "n'a plus qu'à" être mis en oeuvre. Rôle qui incombe désormais à celui que certains appellent désormais "King Henry". Tous les regards se portent en effet vers Henry Paulson,auteur des plan à 700 milliards de dollars (850 milliards en tout, si l'on compte le coût des amendements divers ajoutés au cours d'âpres négociations pour satisfaire les élus récalcitrants). Il dispose désormais de pouvoirs énormes, éxhorbitants. La liberté du futur président des Etats-Unis dépendra d'ailleurs de lui...
En attendant, Henry Pauslon a promis d'agir "rapidement" pour mettre en oeuvre le plan. "Je suis très reconnaissant que cette loi ait été adoptée aujourd'hui. C'est vraiment très bien", a-t-il déclaré, ajoutant que les mesures "protègent les Américains, leurs emplois et leur bien être économique, les petites entreprises et l'épargne". Les premières mises en vente d'actifs douteux dans le cadre du plan de sauvetage des banques américaines n'auront pas lieu avant au moins quatre semaines, apprenait-on vendredi de sources proches du plan.
Les deux candidats à la Maison Blanche ont d'ailleurs très vite réagi eux aussi à l'adoption du plan, pour s'en félicter et ajouter leur vision de la chose. Le candidat républicain John McCain jugeant qu'il devait "aider les classes moyennes, pas Wall Street". Le candidat démocrate Barack Obama jugeant qu'il fallait maintenant que "l'administration utilise ce pouvoir avec sagesse, s'assure que le secrétaire au Trésor Henry Paulson et les autres gèrent l'achat de ces actifs d'une manière qui protège le contribuable".
"C'est un compromis mais c'est un début", a pour sa part déclaré la présidente démocrate de la Chambre Nancy Pelosi, insistant sur la coopération des deux partis dans la préparation de la loi. Elle a surtout évité d'épingler l'héritage de la politique économique du président Bush, comme on le lui avait reproché lors de son discours le jour du rejet du plan Paulson par les représentants. Le plan de sauvetage bancaire proposé par le Trésor avait été rejeté en première lecture mais déjà adopté par le Sénat. Le Sénat avait entériné haut la main (74-25) ce projet mercredi, en l'amendant après un premier rejet spectaculaire par les Représentants lundi.
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