Macabre empressement au tribunal : la juge blanchie

le 10 octobre 2008 à 15h54 , mis à jour le 10 octobre 2008 à 16h05

La juge texane avait refusé de laisser son tribunal ouvert 20 minutes de plus pour enregistrer le recours d'un condamné à mort, qui a été exécuté.

[Expiré] etats-unis usa cour supreme © sxc.hu

L'histoire fait froid dans le dos : une juge texane qui avait refusé de laisser son tribunal ouvert vingt minutes supplémentaires pour enregistrer le recours d'un condamné à mort, qui a été du coup exécuté, a été blanchie par ses pairs. La juge Sharon Keller, dont le respect des horaires confine à une inflexibilité macabre, a ainsi gagné sa bataille judiciaire contre la veuve du condamné.
 
Le matin du 25 septembre 2007, la Cour suprême annonce qu'elle se saisit d'un recours contestant la validité de l'injection mortelle. L'exécution de Michael Richard, condamné pour le viol et le meurtre d'une femme il y a plus de 20 ans, était prévue le soir même.
 
"Nous fermons à 17 heures"
 
Les avocats du condamné entament alors une course contre la montre pour rédiger un ultime recours. Ils doivent d'abord saisir la plus haute cour criminelle du Texas, qui ferme à 17 heures. A 16h50, retardés par une panne informatique, ils appellent la cour pour lui demander de rester ouverte 20 minutes de plus. "Nous fermons à 17 heures", répond le greffier, cité par toute la presse locale. Les avocats saisissent alors la Cour suprême, qui maintient toujours une veille les soirs d'exécution, mais, comme le condamné n'a pas eu le temps de déposer ses arguments devant un juge local, ils ne sont pas recevables à Washington. Michael Richard a été exécuté et la méthode de l'injection mortelle validée sept mois plus tard par la plus haute juridiction du pays.
 
Pour sa veuve, Marsha Richards, le juge Keller "a violé en connaissance de cause une loi tacite de longue date" selon laquelle le juge assigné au dossier d'un condamné à mort, en l'occurrence la juge Cheryl Johnson, "accepte les recours après 17 heures les jours d'exécution". Citée par la presse locale, Mme Johnson s'était dite "estomaquée" par le décision unilatérale de Mme Keller alors même que trois juges étaient encore présents dans l'enceinte du tribunal.

(D'après agence)

le 10 octobre 2008 à 15:54
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