Barack Obama et John McCain © TF1/LCILes deux candidats à la Maison Blanche étaient engagés jeudi dans une course contre la montre frénétique, à cinq jours de l'élection présidentielle, profitant des derniers chiffres maussades sur la croissance pour s'attaquer mutuellement sur leur programme économique. L'économie américaine s'est contractée de 0,3% au troisième trimestre en rythme annuel, sa plus forte baisse en sept ans. Même si cette baisse du produit intérieur brut est moins forte que prévu, c'est une mauvaise nouvelle pour le camp républicain, au pouvoir depuis huit ans, et un signe que les Etats-Unis pourraient être au bord de la récession. Les dépenses de consommation ont quant à elles chuté de 3,1% au troisième trimestre, leur première baisse depuis 1991.
Ces chiffres "sont le résultat direct de la politique désastreuse de l'administration Bush, qui a fait passer les intérêts de Wall Street avant ceux des Américains moyens, une politique que John McCain a soutenu ces huit dernières années et qu'il entend poursuivre les quatre prochaines", a martelé Barack Obama à Sarasota, en Floride. "Si vous voulez savoir où John McCain conduirait cette économie, regardez dans le rétroviseur car, quand il s'agit d'économie, John McCain était au côté de George W. Bush", a insisté le candidat démocrate devant quelque 13.000 partisans. Il a accusé le gouvernement républicain d'avoir mis l'économie américaine "dans le fossé".
John McCain lâché par sa mascotte
John McCain a affirmé pour sa part que son adversaire démocrate ne ferait rien pour maîtriser les profits exorbitants des groupes pétroliers. Et le sénateur de l'Arizona a saisi l'occasion de la publication des résultats trimestriels d'Exxon Mobil pour rappeler qu'Obama avait soutenu les réductions d'impôt pour l'industrie pétrolière dans la loi sur l'énergie de 2005. "Quand je serai président, ce sont des choses que nous n'autoriserons pas", a dit McCain lors d'une réunion publique à Defiance, dans l'Ohio. "Le sénateur Obama a voté des milliards de dollars de cadeaux aux compagnies pétrolières. Moi, j'ai voté contre !", a-t-il lancé. "Si je suis élu président, nous arrêterons de dépenser 700 milliards de dollars par an pour du pétrole venant de pays qui ne nous aiment guère (...) Nous ferons des forages au large des côtes et nous n'attendrons pas".
Mais le couplet habituel du candidat républicain sur la politique fiscale de Barack Obama, avec comme mascotte "Joe le Plombier", archétype de l'Américain moyen, a fait flop. Et le plombier préféré de McCain est devenu "Joe l'Absent" au grand dam du candidat républicain qui paraissait désemparé de ne pas le trouver au premier rang. McCain était en train de rappeler à ses partisans rassemblés à Defiance comment Joe Wurzelbacher, alias "Joe le Plombier", avait questionné son rival Barack Obama sur son programme fiscal, quand il a voulu le présenter et lui a demandé de s'avancer.
"Joe est avec nous aujourd'hui. Joe, où êtes-vous ? Où est Joe ?", a lancé John McCain en le cherchant partout des yeux. "Est-ce que Joe est avec nous aujourd'hui ? Joe, je pensais que vous étiez là aujourd'hui", a-t-il répété, ne recueillant qu'un silence pesant. "Bon, a fini par dire le candidat républicain en s'adressant à la foule, vous êtes tous des Joe le Plombier. Alors, levez-vous tous !" L'équipe de campagne de McCain a tenu à préciser aussitôt après l'incident que Joe Wurzelbacher assisterait à un autre meeting dans l'Ohio, l'Etat où il vit, plus tard dans la journée.
D'après agences
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