© AFP / S. Honda
DOCUMENT LCI.FR :
le deuxième débat McCain-Obama,
traduit en français

"Une offensive musclée" :
l'analyse de Pierre Grange, notre correspondant
A la traîne dans les sondages, John McCain a tenté d'appliquer sa nouvelle tactique offensive, mise en place le week-end dernier, lors du second débat télévisé qui l'opposait à Barack Obama mardi soir. Dans un duel au style différent par rapport à celui d'il y a deux semaines -il s'agissait de répondre aux questions du public lors d'un forum où aucun thème n'était imposé ou exclu-, les deux hommes ont été sans surprise interrogés sur la crise financière et ses conséquences sur l'économie.
Le candidat républicain s'est notamment efforcé de présenter son adversaire en partisan d'une hausse des impôts. "Fixer les différentes propositions de taxes du sénateur Obama, c'est comme vouloir clouer de la gelée sur un mur", a-t-il lancé (cliquez ici pour voir l'extrait). Réplique de l'intéressé : "Le Straight Talk Express (ndlr : "L'Express du franc-parler", nom de l'autocar de campagne de John McCain) vient de perdre une roue". Le candidat démocrate a alors rappelé que son programme prévoyait en effet de réduire la fiscalité de 95% des Américains et que seuls les foyers gagnant plus de 250.000 dollars par an (un électorat généralement acquis aux républicains) seraient affectés par son augmentation des impôts.
Rachat des crédits ?
En pleine crise immobilière, John McCain a proposé une nouvelle mesure phare : racheter les prêts immobiliers que les ménages ne parviennent plus à rembourser. Mais il a dilapidé cet atout en ne se montrant pas suffisamment explicite sur ce plan spectaculaire qui pourrait permettre aux familles de garder leur maison. C'est son équipe de campagne qui a envoyé un peu plus tard des précisions aux journalistes, indiquant que ce plan aurait un coût de 300 milliards de dollars et permettrait de racheter les prêts que les foyers ne peuvent plus rembourser -les fameux "crédits subprime"- en les remplaçant par de nouveaux prêts à taux fixe. Sur ce sujet, le parti de l'éléphant semble à la traîne, puisque, depuis des mois, les démocrates, majoritaires au Congrès, réclament une loi pour aider les familles menacées de saisie.
De son côté, Barack Obama a, comme il le fait désormais quasi-quotidiennement, affirmé que la crise économique était la conséquence de la politique menée par George W. Bush depuis huit ans. Et il a poursuivi sur ce sujet en assimilant John McCain au président sortant. "Nous sommes dans la pire crise financière depuis la crise de 1929... C'est le verdict de la politique économique erronée de ces huit dernières années qu'a soutenue M. McCain", a martelé le représentant du parti de l'âne (cliquez ici pour voir l'extrait).
La politique étrangère rapidement abordée
Preuve une nouvelle fois que l'économie sera le thème décisif de l'élection -un avantage pour Barack Obama-, les questions internationales ont été peu abordées. Tout d'abord, l'Irak. "Si on fixait une date de retrait comme Obama le veut, ce serait une défaite, l'Iran prendrait du poids", a soutenu John McCain. Ensuite, le Pakistan, occasion pour le candidat républicain de lancer une nouvelle pique à son rival en l'accusant de vouloir "envahir" le pays (cliquez ici pour voir l'extrait).
Pour sa défense, Barack Obama a estimé qu'il fallait "renverser la vapeur" et se recentrer sur l'Afghanistan plutôt que sur l'Irak (cliquez ici pour voir l'extrait). Et si le Pakistan ne peut ou ne veut pas éliminer terroristes, il a réaffirmé "vouloir aller débusquer ben Laden", sans l'aval d'Islamabad. "McCain m'accuse de vouloir envahir le Pakistan. D'une part c'est faux. D'autre part, c'est tout de même lui qui proposait de bombarder l'Iran et de détruire la Corée du Nord", a-t-il enfin rappelé.
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